Food

Comment fêter le Nouvel An Chinois à la maison ?

Placée sous le signe du buffle, cette nouvelle année marque, le 12 février, le premier jour du calendrier lunaire chinois. L’occasion idéale pour passer en revue les restaurants à (re)découvrir.
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La Miss Malaiko du Steam Bar. Copyright Gabriel Pistre

Steam Bar

Baos, wontons, raviolis, hakaos : la cuisine du Steam Bar envoie, à toute vapeur, des merveilles.  Voyageuses (à l’image de la bombesque Princesse Pei Pei (brioche fromagère et forestière, où fromages et champignons propulsent chaque bouchée d’un monde à l’autre), voluptueuses (Black Pearl, pièce d’orfèvrerie où gambas, gingembre, basilic thaï et bouillon crémeux au sésame forment une alliance sacrée), lumineuses (éclatante Etoile Mystérieuse, aubergine, coriandre, fenouil, yuzu, maîtrisant parfaitement les contrastes, entre l’agrume pimpant, la touche anisée, le piquant herbacé et la densité de l’aubergine), ces créations – où la haute-technicité illumine l’imaginaire - font du repas une expérience rêveuse, poétique, sensible. A ne pas surtout rater (à moins d’être irréductiblement masochiste et se priver d’un plaisir unique), la Miss Malaiko, génoise vapeur, nappée d’un caramel onctueux, aux touches acidulées de fruits de la passion. Plus qu’un simple dessert, elle ramène en douceur vers notre monde, soudainement moins gris.

https://steambar.fr

La Brigade du Tigre

Le chef de l’excellent Eels et son ancien second ont retenu que les voyages, en plus de former la jeunesse, façonnent l’appétit et instruisent le geste du cuisinier. Leur Brigade du Tigre a les crocs bien aiguisés – et son approche bistrotière des partitions asiatiques  - à moins qu’il ne s’agisse de l’inverse ? En tout cas, le dialogue est fertile, produisant de superbes assiettes, tel un poireau doré par le miso ou d’exceptionnels raviolis de champignons au bouillon Tom Kha, piquant et onctueux. Son esprit nomade s’incarne gracieusement dans un cake aux crevettes – à la panure idéale donnant à la farce un glorieux moelleux - et salade bahn mi, croquante, vive. A dos de tigre, l’entrée dans l’année du Buffle se fait en fanfare.

www.brigadedutigre.fr

Dumpling Queen

Du côté de Taiwan, la street-food est reine – les shen jian bao ont une place de choix dans les marchés - et dans les cuisines de cette adresse conçue pour le take-away ou la livraison – ces dodus raviolis briochés grillés, dont la déclinaison végétarienne ici est déjà classique – généreuse, dense, juteuse. Mais Dumpling Queen défend surtout un incontournable du patrimoine taïwanais : la rice box – celle mêlant le riz Koshihikari (variété aux grains très courts, d’aspect lumineux) et un poulet mariné, sauce miel et sésame est un tube. A l’occasion du Nouvel An Chinois, une rice box spéciale avec crevettes et gingembre devrait euphoriser votre soirée – karaoké Abba-esque en option.

mamahuhuparis.com/dumpling-queen

Tiger Tiger

Comment ne pas aimer d’emblée – et oui, les préjugés prennent parfois des airs d’hypokhâgneux cuistres – un restaurant baptisé d’après un poème de William Blake ? (mais si : “Tyger Tyger, burning bright,/ In the forests of the night;/ What immortal hand or eye,/Could frame thy fearful symmetry?”) Fort heureusement, derrière cette première inclination, une belle adresse est tapie – de la même que Panda Panda (décidément, quel zoo - mais point de poème de Blake pour honorer l’ursidé) de la maison mère (poule ?). En réaction au confinement, Tiger Tiger ouvre un pop-up market, dont la carte (asie)mute au fil des semaines : canard laqué (un modèle), cocotte de tofu, riz, champignons, gingembre (délicatesse ondoyante au charme piquant) et nouilles au wonton (un genre d’édredon comestible) forment cependant l’ossature d’une carte tonique.

mamahuhuparis.com/tiger-tiger

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