Be Well

Chirurgie esthétique : le boom de l'augmentation des fesses

Jadis confidentielle et même taboue, la chirurgie du fessier se décomplexe et s’affiche sur les réseaux sociaux. Liposculpture ou implants, selon la morphologie et la forme recherchée, voici un tour d’horizon de cette procédure en plein essor qui quitte doucement mais sûrement le domaine confidentiel.
Reading time 6 minutes

Fesses is the new face !

La demande de postérieurs rebondis et opulents est désormais bien installée en France. Selon un sondage Harris Interactive, 38% des femmes aimeraient modifier leurs fesses, contre 37% pour les seins, ces derniers se voyant détrônés de leur podium après des années de règne absolu. Arrivé des États-Unis via le Brésil, qui a donné ses titres de noblesse à la procédure, le "Brazilian Butt Lift" a installé ses quartiers à Paris et à Marseille, désormais capitales des fesses "instagrammables". L’année 2016 a vu fleurir pas moins de 60 000 posts Instagram représentant des fessiers sublimés par la chirurgie esthétique. Une tendance confirmée par Richard Abs, chirurgien plasticien à Marseille et président de la SOFCEP (Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens) : "Marseille est devenu le Brésil français pour cette opération dont la demande est en pleine croissance. Les selfies ont mis en lumière les défauts, et l’appareil-photo est devenu le nouveau miroir. Quant aux réseaux sociaux, les phénomènes Beyoncé ou Kardashian ont fait prendre conscience que le fessier fait partie de l’attrait sexuel. Les fesses, c’est désormais l’autre décolleté !" Si la blonde nordique élancée reste toujours attrayante, la brune au caractère bien trempé et aux rondeurs assumées du type Bellucci s’impose. "Aujourd’hui, exit la fille haricot vert, le règne de la Carmen est arrivé !" résume le chirurgien. Les motivations pour un relooking du postérieur diffèrent avec l’âge. Selon le docteur Richard Abs, "les 25-30 ans veulent accentuer leurs attraits sexuels. Influencées par les séries américaines, les vidéos, et les réseaux sociaux, elles viennent en consultation avec des photos de fesses et demandent les mêmes. La deuxième tranche d’âge concernée est les 45-55 ans, qui ont perdu leurs rondeurs avec l’âge et les grossesses. Après avoir refait les seins, elles veulent remplir leur pantalon pour paraître en forme et en formes".

Les implants fessiers

Si cette opération a longtemps été considérée avec une certaine méfiance (manque de stabilité, inconfort, et surtout une notion de garder cette démarche secrète), de grands progrès ont été faits sur les prothèses, qui font partie intégrante de l’arsenal thérapeutique, à l’instar de la chirurgie des seins. L’enveloppe est plus épaisse, le gel plus cohésif, et le choix de tailles, de formes et de masses a été élargi : rondes, anatomiques ou biconvexes, de 200 centimètres cubes pour une correction modérée jusqu’à 560 centimètres cubes. La technique d’implantation a elle aussi évolué. En fonction de l’anatomie du fessier, l’implant sera posé en haut pour souligner la chute de reins, en bas pour remonter ou remplir une fesse vieillissante, ou sur le côté pour combler un creux important, l’angle d’implantation étant capital. "La patiente est endormie sur le ventre, l’unique incision se fait par le pli fessier. Le muscle est ouvert et la prothèse est glissée dans l’épaisseur du muscle “en sandwich”, de sorte que, entourée de part et d’autre, elle reste stable. L’intervention est souvent associée à une lipoaspiration suivie ou non d’un filling. Il est souhaitable de débarrasser la fesse de la graisse parasite environnante, notamment les poignées d’amour, le haut de la fesse pour bien creuser la chute des reins, la culotte de cheval et la face interne des cuisses pour mettre pleinement en valeur le nouveau postérieur. On sculpte avec la graisse pour perfectionner la forme", détaille le docteur Richard Abs. Il est possible de restructurer un fessier uniquement avec de la graisse à condition que la quantité à prélever soit suffisante, en sachant qu’environ 30% des greffons ne prendront pas.

Le lifting fessier

Simple ou avec pose d’implants, le lifting fessier est indiqué dans le cas d’une perte de poids importante ou lorsque les fesses sont devenues tombantes. La peau en excès est retirée, la cicatrice incurvée en forme de V sera cachée par le maillot. Fine, elle s’estompe au fil des ans.

Les suites

La douleur dure cinq jours, suivie d’une gêne pendant quinze jours, la durée de l’éviction sociale. "Par précaution, je demande aux patientes de s’asseoir sur les cuisses, de rester debout ou allongées sur le ventre ou le côté pendant quinze jours pour alléger la pression sur la zone opérée", explique le docteur Richard Abs. Pour aider, une prise d’antalgiques (mais jamais d’aspirine) et l’application de packs de gel froids. Ou, à défaut, quatre paquets de petits pois surgelés, en rotation constante de deux, car ils s’adaptent parfaitement à la forme du fessier ! Pendant dix jours, une toilette au gant, pas de douche ni de bain. Une visite hebdomadaire durant trois semaines chez le chirurgien et, en option, une exposition sous panneau LED pour accélérer la cicatrisation.

Prix : implant simple à partir de 5 000 € ; à partir de 6 500 € avec lipofilling. Lifting à partir de 4500 € ; 7 500 € avec prothèse.

Tags

Articles associés

Recommandé pour vous