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Le style français existe-t-il vraiment ?

Entre utopie et réalité alternative, créatures sexy et militantes post-apocalyptiques, la jeune garde française cultive le mythe d’une créativité qui transforme, transporte et transcende. La preuve avec Johanna Senyk, Simon Porte Jacquemus, Bruno Sialelli, Arnaud Vaillant et Sébastien Meyer, cinq designers qui confirment la place toujours vitale de Paris sur la planète mode.
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“La mode ne sert plus à faire rêver? Mais que les gens changent de métier...”: la réplique, prononcé à la Bertrand Blier dans un décor à la Bertrand Blier – la terrasse enfumée de l’Hôtel des Arts et Métiers à Paris –, sort de la bouche de Johanna Senyk. Nous sommes dans les premiers jours du printemps, quelques semaines après la fin de la fashion week. Celle qui créa la marque Wanda Nylon y a présenté la collection automne-hiver 2019/20 de Françoise, sa nouvelle griffe. Simon Porte Jacquemus en a profité pour rejouer La Nuit américaine au Paris Event Center, avec un village provençal plus vrai que nature et les vêtements qui vont avec. Marine Serre, elle, a pénétré en mode commando les souterrains d’Issy-les-Moulineaux. Arnaud Vaillant et Sébastien Meyer ont réveillé leur marque Coperni, endormie depuis 2015. Chez Lanvin enfin, Bruno Sialelli a été convoqué pour relever le défi  “maison illustre à réveiller”.

Purs produits du système français, lauréats de l’Andam pour les uns, du Prix LVMH pour les autres, ces talents de moins de 35 ans forment une grande famille créative. On peut aussi distinguer deux tribus : les optimistes (incorrigibles utopistes) et les pessimistes (férus de dystopie). Comme en littérature il y a eu les Anciens et les Modernes, en musique Debussy et Ravel, en mode Coco Chanel et André Courrèges, le haut et le plat, le genou et la suggestion... D’ailleurs, le “style français” existe-t-il? “En France, la mode va tellement du coq à l’âne”, poursuit Johanna Senyk, “et que j’te modélise des sacs ‘architecturés’ pour montrer que je suis intelligent et que j’ai des trucs à dire ; et que j’te photographie une pomme en nature morte. Avec Instagram et les réseaux sociaux, tous ces styles se sont confondus. Au bout du compte, il n’y a pas tant de styles propres à chaque pays, il y a plutôt des groupes d’influence : tel courant cinématographique influence telle école de créateurs, etc.”

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