PHILANTHROPIE

Quand la Fondation d’entreprise Hermès encourage les savoir-faire paysans

Pour protéger les écosystèmes, la Fondation d’entreprise Hermès, créée en 2008, le sait mieux que personne : il faut d’abord préserver l’équilibre entre un environnement et les populations qui y évoluent.
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Et dans les zones fragiles, les accompagner en encourageant la transmission des savoir-faire locaux. Pour ce faire, elle a noué un partenariat avec l’Iddri (Institut de développement durable et des relations internationales), soutenant des appels à projets, dont “Dynamiques d’adaptation et hétérogénéité de savoirs locaux face aux processus de standardisation”, lancé en 2013, qui distingue plusieurs projets. Le premier, mené par l’Ira, dans le nord-ouest du Brésil, aide les populations amérindiennes du Rio Negro à valoriser un système agricole traditionnel pour l’intégrer dans la modernité. Sans perdre leur identité. Le programme ? “Nous réfléchissons à la coexistence de différentes formes de production pour le maintien de la diversité, à toutes les échelles : autant celle des plantes cultivées, que celle des systèmes qui les produisent”, explique Laure Emperaire, botaniste membre de l’équipe. Il n’y a pas que la production de farine de manioc, qui pour l’heure reste la principale activité économique des communautés. Au Rio Negro, la diversité des ressources végétales est grande et “l’équipe cherche à développer d’autres mécanismes de valorisation, dans l’interaction entre savoirs locaux et savoirs scientifiques, pour produire les connaissances utiles ensemble”. De la production et la reproduction de la diversité des plantes jusqu’à la valorisation des productions indigènes sur les marchés locaux et les cantines scolaires.

Le second projet, baptisé FloreS, est développé par l’université de Lausanne. Il valorise, en France, le savoir-faire des petits cueilleurs de plantes sauvages, pour l’inscrire dans une démarche de qualité et de respect de la nature. Des récoltes – des petits prélèvements à la main au ramassage de racines de gentiane à la pelle mécanique, de la collecte de 100 kilos de plantes sèches par an à celle de plus de dix tonnes –, jusqu’à la gestion des espaces et des ressources. “Sur certains sites, il ne faut retourner que tous les trois à cinq ans, pour assurer la régénération des plantes”, détaille Claire Julliand, coordinatrice du projet. Prendre son temps, c’est un impératif, à l’heure où la pression se fait sentir sur le marché : les industriels de la cosmétique et de la pharmacie ne jurent désormais que par les ingrédients naturels, issus de la flore française.

Le troisième projet, Resemina, est mené par Swissaid. Il accompagne, en Colombie, les communautés rurales, pour renforcer et sauvegarder, face au risque de standardisation de l’agriculture, les semences paysannes, garantes de la biodiversité agricole. Sur place, 15 maisons de semences ont été créées et 800 agriculteurs formés à des méthodes de sélection et de conservation innovantes. Ces “gardiens de semences” sont devenus experts dans la conservation d’une centaine de variétés de maïs et de haricots. “Avec les producteurs, nous allons construire des protocoles pour multiplier, conserver et diffuser des semences de bonne qualité et les inscrire dans un système communautaire de confiance”, assure Mauricio Garcia, biologiste et directeur du projet.

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