PHILANTHROPIE

David de Rothschild : "Il n'y aura pas de deuxième chance"

David de Rothschild a rallié Sydney depuis San Francisco sur un bateau réalisé à partir de 12 500 bouteilles en plastique, traversé la Mongolie à moto, l’Antarctique à skis, et descendu le Xingu, un affluent de l’Amazone, dans un kayak. Moins par goût de l’aventure que par souci d’attirer l’attention sur l’agonie du monde animal et végétal. Cette même volonté a présidé à la création de sa marque, The Lost Explorer.
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“Envoyé depuis un tapis volant. Pardonnez les fautes de frappe.” Ainsi s’achèvent les messages adressés par David de Rothschild. Le genre d’homme dont Jules Verne aurait fait un personnage de roman. Aujourd’hui, l’aventurier est aussi un entrepreneur à la tête de The Lost Explorer, marque qui propose aussi bien du mezcal que des crèmes hydratantes ou des vêtements – et vous organise même des vacances sur mesure. Entre deux éco-trips, il nous a répondu.

L’Officiel Hommes: Quel a été le point de départ de The Lost Explorer?

David de Rothschild: Nous pensions nous lancer en 2025, histoire de prendre le temps... L’objectif était de vérifier nos hypothèses, et d’aborder différemment ce que nous allions entreprendre. Nous préférions échouer, en empruntant un chemin ignoré jusque-là, que suivre les mêmes méthodologies qui ont conduit à ce désastre actuel.

Quel est le volet le plus délicat à gérer lorsque l’on monte un business éthique?

Garder l’équilibre entre nos objectifs: avoir un impact positif sur la nature, dépasser les attentes en termes de qualité, et faire en sorte que les clients se sentent en paix avec eux-mêmes. Ce que nous définissons comme le nouveau luxe. Les difficultés viennent du caractère imprévisible, et hors de votre contrôle, de variables inévitables lorsque l’on s’efforce de tout faire par soi même. Le paramètre plus difficile?  Que tout le monde ne soit pas prêt à partager votre vision.

Selon vous, quelles mesures devraient être prises sur-le-champ ?

Que toutes les lois donnent la priorité à la nature, au lieu des profits et de sa destruction. Il n’y aura pas de deuxième chance. Tout le monde convient qu’il y a urgence à agir contre le dérèglement climatique, mais le courage semble manquer au plus grand nombre... En effet, c’est la responsabilité de chacun d’agir. Même sur une échelle très modeste. Greta Thunberg s’est imposée comme une icône de cette lutte. C’est encourageant de la voir, elle ou sa génération, se battre. Mais aussi attristant, dans la mesure où elle ne sera pas en âge de voter avant quelques années, donc de permettre à une nouvelle génération de politiciens d’accéder au pouvoir. Ce n’est pas un problème de génération. C’est celui de tous. Nous avons la possibilité de voter et de peser sur les décisions...

De vos nombreux voyages, quelles images vous ont particulièrement marqué?

J’ai un faible pour les chiens errants. Où que j’aille, j’essaie de les nourrir, de leur prodiguer un peu d’amour, mais les voir ainsi me brise toujours le cœur. Se promener en forêt, n’importe où, nager, dans n’importe quelle mer, ou contempler la nature, ne peut que changer votre rapport au monde. C’est impossible de ne pas se sentir ivre de nature.

Qu’est-ce qui vous donne de l’espoir?

La résilience de la nature, et la capacité humaine à rendre l’impossible possible.

Votre nom a-t-il servi votre cause?

La vie ne se résume pas à votre nom, mais à ce que vous faites.

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