Kids-friendly

Comment parler du Coronavirus avec ses enfants ?

Face à l’épidémie Covid-19, il est important de s’adresser aux enfants à l’aide de mots adaptés, tout en les sensibilisant aux bons gestes à adopter en cette crise sanitaire. La psychologue diplômée d’état Sophie Bernard Viau et L’Officiel vous prodiguent leurs meilleurs conseils.
Reading time 7 minutes

À l’international, le contexte actuel se veut très anxiogène. Le gouvernement d’une majorité des pays se tourne vers la mise en quarantaine, et le monde semble tourner au pas. Les plus jeunes aussi sont touchés, privés d’école, de sortie avec leurs amis, et confinés à domicile auprès de leurs parents. Cette situation inédite les plonge obligatoirement dans la suspicion quant à ce qui se cache sous l’étrange terme de Coronavirus. Comment s’adresser sans trop de maladresse auprès d’eux ? Faut-il les traiter en adulte ou opter pour une explication minime ? Voici trois règles essentielles vers lesquelles se tourner en cas de panique.

 

Rester calme

Bien souvent, la situation effraie davantage les parents, qui transmettent par la même leurs craintes aux enfants. Monsérat, mère de 48 ans, admet ne pas encore oser se prononcer auprès de sa fille de 13 ans. « Je lui parle des gestes barrières mais ne vais pas de moi-même aborder le sujet du Coronavirus avec elle. Je suis suffisamment angoissée, et ne désire pas lui communiquer cette insécurité. Fort heureusement, l’école a déjà fait son travail de prévention et a ouvert le dialogue avec les jeunes. » L’angoisse étant aussi virale que le virus, il ne faut pas hésiter à soi-même se raccrocher à des messages positifs. « J’ai de la chance car mon mari relativise la situation et délivre un discours très rassurant à notre fille. Il lui soutient que l’on adopte les bons gestes et que cette pandémie faiblira rapidement grâce à nos efforts collectifs. » Une vision constructive qu’encourage Sophie Bernard Viau, psychologue D.E et master coach certifiée.  « Avant toute chose, il est nécessaire de mesurer l’impact du mental sur l’angoisse. Envoyer de bonnes pensées aidera non seulement à se protéger, mais également à protéger les autres. » En somme, il faut réussir une prise de recul auprès de soi et de la situation. Ceci encourageant par la même son enfant à verbaliser son émotion.

 

Le dialogue pour maître-mot

Il faut garder en tête que l’approche du sujet sera différent selon l’âge de chaque enfant. L’important étant de se mettre à son niveau, adoptant un langage simple et à sa portée. Si votre enfant ne s’interroge pas outre mesure, inutile de l’alarmer en amont. Évidemment, chaque jeune commencera naturellement à se demander pourquoi les écoles sont fermées, ou pourquoi on n’a plus le droit de sortir librement. Si votre enfant vous sollicite, adaptez votre discours au sien. Sophie recommande de commencer par l’interroger sur ce qu’il comprend de la situation actuelle. « Demandez lui ce qu’il ressent, comment il perçoit la chose. » Il s’agira alors de dédramatiser le contexte. La psychologue encourage chaque parent à proposer à son enfant de donner un nom au Coronavirus, à l’instar de « Coco virus » ou « Cacahuète virus ». Ensuite, n’hésitez pas à l’impliquer : prenez des figurines ou un livre, et imaginez un conte à lui narrer dont il pourrait être le héros. « Prenez la métaphore de l’ours, par exemple. Il rendait tous les jours visite à ses grands-parents jusqu’à ce que Coco Virus rôde dans son village. Pour contrer les mesquineries du virus, l’ours recourt à sa ruse pour garder le contact. Il envoie des lettres, les appelle depuis chez lui, utilise Skype, etc… » Une méthode détournée d’envoyer un message rassurant à votre enfant avec légèreté.

 

Adopter une pédagogie ludique

Inutile de dramatiser davantage qu’elle ne l’est la situation. À l’inverse, profitez de ces circonstances pour sensibiliser votre enfant à ces gestes barrières simples, qui leur seront utiles aujourd’hui comme dans le futur. S’il peut dans un premier temps se montrer réticent, lancez un challenge au sein de la famille. « Faites lui choisir une forme : coeur, étoile, rond, carré. Découpez cette forme sur un papier et mettez en place un système de bons points. À chaque geste barrière effectué son bon point. À la fin de la journée, celui qui récoltera le plus de papiers aura droit à une récompense. » Divertissant, ce système permettra à chaque jeune de ne plus rechigner à se laver les mains. Si la clé de l’effort est un bonbon, un morceau de chocolat, ou autre réjouissance de son choix, soyez certains que les règles sanitaires que vous aurez imposées seront pour sûr respectées. La clé est de savoir y insuffler un certain amusement, sans oublier de communiquer à votre enfant les conséquences positives que ce rituel aura.

 

En conclusion, n’hésitez pas à toujours miser sur le côté positif de cette situation, aussi insolite puisse-t-elle paraître. Ce confinement délivre forcément un message, il suffit de relativiser face à tout cela et d’en tirer profit. À son issue, que garderez-vous en mémoire de cette quarantaine ? Peut-être déciderez-vous de passer plus de temps avec votre enfant, de réinstaller plus de dialogue au sein de votre famille, ou encore de revoir vos habitudes sanitaires. Ce contexte particulier a une vocation : éveiller les consciences. Il peut s’agir d’une révélation, comme celle de constater à quel point vos proches vous sont essentiels. Vous pouvez également y voir là  l’opportunité de réinstaller de vraies valeurs au centre de votre quotidien. « Chaque matin, ma fille a instauré d’elle-même une session de devoirs et révisions avec ses amis via les réseaux sociaux. Elle qui peinait tant semble aujourd’hui heureuse de les retrouver par ce biais. Avec l’interdiction de sortir, elle s’est également découverte de nouvelles passions : le dessin, mais aussi la cuisine, puisqu’elle nous confectionne des recettes à raison d’un gâteau par jour ! », constate avec joie Monsérat. Nouveaux loisirs, mais aussi comportements puisque le Coronavirus nous incite à penser à autrui. Les dimensions de compassion et d’empathie sont désormais de maîtres-mots du quotidien, qu’il est primordial d’inculquer à votre enfant. Mettre la santé au premier plan, être partisan de l’instant présent ou transmettre une énergie positive au-delà de sa propre personne : voilà ce que votre progéniture retiendra de cette épidémie.

Tags

Articles associés

Recommandé pour vous