Joaillerie

Voici la première collection de Francesca Amfitheatrof pour Louis Vuitton

Francesca Amfitheatrof présente “Riders of the Knights”, sa toute première collection de haute joaillerie conçue pour Louis Vuitton. Un manifeste inspiré des héroïnes médiévales qui porte le sceau d’une créatrice aux multiples talents et à la personnalité bien trempée.
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Difficile de ne pas penser à Audrey Hepburn : même regard, même maintien. Même amour de la mode aussi, qui se manifestait chez l’une par une élégance Givenchy, qui s’épanouit chez l’autre par une silhouette fièrement Ghesquière. L’année dernière, Francesca Amfitheatrof a pris en charge la direction artistique de la joaillerie et de l’horlogerie Louis Vuitton. Une arrivée discrète afin de laisser le temps à la créatrice de prendre ses marques et d’apposer sa signature sur les collections.

Diplômée du Royal Col- lege of Art de Londres puis de Central Saint Martins, cette Anglaise est pourtant née au Japon – son père était reporter de guerre pour le Times. Son importante aptitude au travail, sa curiosité universelle et son extrême méticulosité lui valent une grande réputation, à la fois de talent mais aussi de discipline. À Prague, où la collection a été présentée en avant-première, la directrice artistique nous glisse sur le ton de la confidence : “Il faut avoir confiance en soi. Moi, j’y vais avec mes tripes et mon instinct.” Cette confiance en soi, c’est précisément l’essence de la première collection de haute joaillerie, baptisée “Riders of the Knights” que Francesca a conçue pour Louis Vuitton, soit une cinquantaine de créations qui rendent hommage aux héroïnes du Moyen-Âge. “C’étaient des femmes dans un monde d’hommes. Et pourtant elles ont forgé leur destin”, raconte la créatrice.

“Le Royaume”, “La Cavalière”, “La Reine” : chaque parure superpose les codes médiévaux de la chevalerie – armoiries, herses, chaînes, pont-levis – aux savoir-faire caractéristiques du joail- lier (le travail du lapidaire est exceptionnel, les sertis se caractérisent par leur grande délicatesse) mais aussi à la grammaire solidement établie par la maison en termes de pierres de cou- leur. Des couleurs intenses, des saturations franches et vibrantes. La collection est ponctuée de coups d’éclat : une résille luminescente tissée de 1 600 diamants – et au centre de laquelle irradie l’exceptionnel velouté d’un saphir bleu royal de 19,31 carats (en photo) – s’inspire du gorget, une pièce d’armure destinée à protéger le cou. Le collier “La Reine” arbore quant à lui neuf aigues-marines couleur Santa Maria de 153 carats : elles développent un bleu profond, puissant, électrisant, un bleu “qui ne triche pas” comme l’affirment les collectionneurs qui ne jurent que par cette teinte rare, caractéristique des aigues-marines tirant leur nom originel de Santa Maria de Itabira au Brésil et que l’on trouve désormais au Mozambique et à Madagascar. Le fait que ces neuf pierres proviennent du même brut renforce l’attrait hypnotique de cette pièce maîtresse. Remarquable également, ce tour de cou réunissant 70 saphirs et 100 émeraudes qui évoque irrésistiblement la magnificence symbolique et somptuaire des regalias. Ces armures éclatantes, ces médaillons au poli soyeux, ces forteresses précieuses n’ont pourtant rien de contraignantes. Leur design, renversant les perspectives, conte au contraire le récit d’une femme qui, loin d’être enfermée dans un carcan, s’épanouit pleinement. Mine de rien, en choisissant pour sa première collection majeure de mettre en lumière des héroïnes indépendantes et déterminées à imprimer leur marque, Francesca Amfitheatrof a clairement fait le choix d’une haute joaillerie de caractère, porte-étendard de l’empowerment féminin.

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