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Régis Pennel, parisien, responsable, et engagé

Alors que la mode responsable est (enfin) annoncée comme "the next big thing", et que Paris se positionne à échéance 2024 comme capitale mondiale sur le sujet, certains acteurs français du business commencent à placer leurs pions. Régis Pennel, fondateur de L’Exception, est un des premiers à monter au front.
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Connu pour être toujours dans l'action, Régis Pennel est un stratège enthousiaste

Un "pure player" avant l’heure

Au regard de son adn, et de ses réalisations, l’entreprise L’Exception a toujours eu la volonté de bien faire. Des affaires bien sûr, mais aussi de l’engagement. Ce concept-store fut l’un des premiers de la place à soutenir exclusivement la jeune création française, à une époque où il y a dix ans personne ne faisait grand chose pour la génération montante, bien avant que cela ne devienne tendance. Il faut dire que son créateur Régis Pennel, 40 ans, est un visionnaire au parcours atypique. Diplômé des Mines et de Polytechnique, un temps (deux ans lui ont largement suffi) haut-fonctionnaire au Ministère des Finances comme « chargé de mission sur les financements des exportations », toujours entre deux piles de dossiers, il bifurque en 2007 vers l’industrie de la mode et du luxe qui le passionne (et puis on venait de lui proposer l’armement, alors qu’il espérait la culture), et postule chez Céline où il restera 5 ans. Il y fait ses armes au retail avant d’assurer le lancement des lignes maroquinerie à l’arrivée de Phoebe Philo. Mais le virus de l’entrepreneuriat le guette. 

En 2011, il démissionne et monte L’Exception, un projet de e-commerce (à origine exclusivement masculin) qu’il murit depuis un moment, fasciné par la déferlante de nouvelles marques et boutiques dans le quartier du Marais, qui n’ont encore aucune structure de vente en ligne. C’est pour représenter ces jeunes marques émergentes et indépendantes qu’il crée d’abord un site en ligne, avant d’ouvrir une adresse physique en avril 2016, dans le Quartier des Halles, alors en pleine mutation. Il est à l’époque le seul dans son domaine sur le marché français. Le lieu tient plus du show-room où l’on vient « expérimenter » l’offre proposée. Bornes iPad, écrans dans les cabines d’essayages, ici l’omnicanal et le phygital sont rois. Avec la conviction qu’il s’agit avant tout de créer du trafic, d’attirer une nouvelle clientèle pour grandir vite, et ainsi faire face à la concurrence protéiforme. L’offre de L’Exception atteint aujourd’hui les 400 marques et 10.000 références, avec la possibilité de les réserver et de les faire venir en boutique pour les essayer. Toutes réunies sous la bannière du « meilleur de la jeune création française », un pitch de départ qui a fait le succès de l’entreprise. 

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L'Exception fut l'un des premiers concept-stores parisiens à proposer une nouvelle expérience physique d'achat

Un nouveau cheval de bataille

Alors que le site fêtera bientôt ses 10 ans, le label L’Exception voit toujours plus loin. La fin de l’année dernière a marqué le lancement de sa marque propre éponyme, dessinée par Rémi de Laquintane (ex Editions M.R), une cinquantaine de pièces pour commencer, bons basiques de fabrication européenne. Mais surtout Régis Pennel s’intéresse de très près à la mode responsable, son nouveau cheval de bataille. Il sent bien que le moment est venu. Le sourcing des matières premières, les méthodes de fabrication, les lieux de production, l’acheminement… Tout ce qui peut contribuer à une mode meilleure devient concrètement possible, après moult moyens et années investis en recherche-développement. Et il tient à en être l’un des premiers porte-paroles français. En lançant le programme Smart Choice, L’Exception entend encourager les marques les plus responsables sur leur façon de produire en les mettant en avant, gratuitement, sous ce label et à partir de 26 critères de garantie. « Il y a encore un an et demi, nous avions très peu de réactions positives à l’évocation de l’idée d’une mode responsable. Mais maintenant, on sent que ça bouge. Il y a une vraie prise de conscience, et ce tout au long de la chaine : créateurs, distributeurs, consommateurs. Les gens sont prêts à jouer le jeu. Au delà d’une bonne action, il y a une prise de parole dans l’acte d’achat ou de vente. On le voit bien sur notre e-shop avec Reforest’Action, programme lancé il y a un mois sur le site. A chaque paiement en ligne, les clients ont la possibilité de rajouter quelques euros pour planter un arbre, et ainsi compenser les émissions carbone entrainées par la livraison de leur achat. Et ça marche. Ce serait réducteur de dire que tout cela a un côté « trendy », mais en tout cas, si on ne le fait pas, on est aujourd’hui terriblement has been. » Un constat sans appel, qui le pousse aujourd’hui vers un nouveau projet de grande envergure, à découvrir en exclusivité dans L’Officiel Hommes daté juin. 

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