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Maurizio Mazzocchi - CEO Purnell: "les complications dépassent la notion de genre"

Président depuis octobre 2019 de la maison Purnell, marque horlogère confidentielle spécialisée dans le tourbillon d’exception, Maurizio Mazzochi nous explique les spécificités d’une complication qu’il compte mettre sur les poignets de plus grands collectionneurs – et collectionneuses – internationaux.
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Le tourbilon occupe une place à part dans l’olympe des complications horlogères. On comprend facilement pourquoi : ce régulateur qui permet de compenser les effets de l’attraction terrestre sur la précision chronométrique du mouvement est tout d’abord un mécanisme d’une remarquable complexité. C’est aussi un spectacle horloger superbe qui permet de métamorphoser un garde-temps en tableau hypnotique. Cette conjugaison de force technique et d’ambition esthétique a un prix : celui du temps de la conception. Abraham-Louis Breguet lui-même, qui rappelons-le, inventa ce régulateur en 1801 après 10 ans de recherche et d’expérimentations, n’aurait vendu que 35 montres à tourbillon de son vivant. Ce qui en dit long sur l’extrême complexité à réaliser ce mécanisme résolument hors-norme.

Bien évidemment, depuis sa première présentation au public en 1806, le tourbillon a fait l’objet de multiples améliorations, présentées par des maisons d’exception que ce soir le Qudruple Tourbillon de Greubel Forsey ou le Gyrotourbillon de Jeager-LeCoultre. Aucune marque cependant, n’avait fait du tourbillon et uniquement du tourbillon, le but et la justification de son existence avant 2006, année de la fondation de la maison Purnell. Cette jeune marque confidentielle ne propose que des tourbillons d’exceptions. Des tourbillons d’exception inventés par un prodige de l’horlogerie : Eric Coudray à qui on doit le Gyrotourbillon de Jaeger-Lecoultre. Pour Purnell, ce Mozart du régulateur a développé un système trois axes inédit baptisé le Sphérion – le plus rapide et le plus complexe des tourbillons - qui depuis sa présentation en 2017, affole les collectionneurs.

Cette invention, plus proche de l’œuvre d’art que de l’innovation marketing a séduit Maurizio Mazzocchi. Ce grand professionnel de l’horlogerie, qui a notamment dirigé pendant six ans la marque Jacob & Co après avoir travaillé avec chez Blancpain ou encore Omega où il collabora avec deux geants de l’industrie Nicolas G. Hayek et Jean-Claude Biver – préside la maison Purnell depuis octobre 2019. Une mission exaltante qu’il définit comme un projet passionnant. Interview.

Qu’est-ce qui vous a conquis dans l’histoire et les produits de Purnell ?

L’exceptionnalité de ses mouvements et du Spherion. Purnell est la seule marque à ne produire que des mouvements tourbillon et grâce à sa collaboration avec le genie d’Eric Coudray, un horloger de haute voltige, notamment vainqueur du Prix Gaïa en 2012, nous avons développé la collection Escape II équipée de deux Spherions. Le Spherion est une merveille mécanique à la kinétique fascinante. Il s’agit d’un tourbillon à trois axes à extrêmement grande vélocité (rotation en 8 – 16 – 30 secondes).

Quel est le crédo et la promesse de Purnell ?

« ONLY TOURBILLON » comme mentionné précédemment et également « MORE FUTURE THAN PAST ». En effet, la marque Purnell est restée confidentielle jusqu’à aujourd’hui, ne produisant que quelques pièces à destination d’une clientèle privée. Avec mon arrivée concordant avec le lancement de l’Escape II, j’ai l’ambition de mettre le nom de cette belle marque sur toutes les lèvres et aux poignets des plus grands collectionneurs et passionnées internationaux.

Pourquoi Purnell s’est spécialisé dans le tourbillon et uniquement le tourbillon ?

Le tourbillon est pour moi l’un des plus beaux ouvrages démontrant le savoir-faire horloger Suisse. Il y a dans le monde seulement quelques dizaines d’horloger capables de concevoir un tourbillon et nous avons la grande chance de les avoir presque tous en Suisse et imaginez concevoir un tourbillon trois axes comme le Spherion de la collection escape II !

Reste-t’il de la place sur le marché de la haute horlogerie ?

Reste-t-il de la place sur le marché pour une œuvre d’art ? En toute humilité, les pièces Purnell dépassent les règles rudimentaires de marketing. Il est important de préciser que nos montres sont quasiment toutes des pièces uniques et très souvent sur-mesure. De plus, bien qu’elles répondent toutes aux mêmes critères de performance et de précision, le mécanisme de chacune est ajusté un à un avec comme seuls repères l’œil, le toucher et l’ouïe de l’horloger. Les passionnés de beauté comprennent ces valeurs et sont à la recherchent d’une émotion que peut leur procurer le garde-temps à leur poignet avant tout.

La haute horlogerie au féminin : vous avez paré le double spherion de diamants. A ma connaissance c’est la première fois qu’un tourbillon est serti de pierres précieuses. Quels étaient les challenges techniques ? et qu’est ce qui vous a motivé pour mettre en place un tel exploit ?

J’ai du mal à envisager les complications horlogères comme féminine ou masculine. Et je dois dire que Purnell a la particularité de plaire autant aux femmes qu’aux hommes, c’est vraiment très intéressant. C’est comme si la collection Escape II dépassaient les notions de genre dictées culturellement. Le modèle Escape II Treasure offre, en plus du double tourbillon trois axes le plus rapide existant à ce jour, la grande première de doter ses cages extérieures de pierres précieuses. Pour cela, Il a fallu presque 2 ans de développement et test. Tout d’abord, afin de ne pas alourdir les cages, l’architecture du Spherion a dû être redessiné, il n’y a au final que 35 milligrammes de différence avec la version non sertie ! L’autre challenge a été le sertissage des pierres sur du titane le tout en gardant les options de couleur des cages. Un travail de fourmis mais un rendu spectaculaire, une danse de diamants inédite au poignet !

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