International Watch Review

Ces héros qui ont réalisé un exploit avec une montre au poignet

Sur terre, sur mer, dans les abysses, le ciel ou l’espace, lors de nombreuses aventures humaines, c’est souvent le temps qui confère à l’auteur d’un exploit le statut de héros. Qu’il s’agisse d’une performance extrême, de rapidité ou au contraire d’une durée exceptionnelle pour réaliser l’impossible, l’histoire retient le nombre de jours, d’heures, de minutes, de secondes ou de fractions d’éternité nécessaires pour entrer dans la légende. Avec des montres pour témoins…
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Dans l’imaginaire collectif, un héros est forcément beau, grand, fort. Audacieux, persévérant, courageux. S’il ressemblait au commun des mortels, comment pourrions-nous l’admirer ? Comment serait-il capable de nous faire rêver ? 

Pourtant, si tous les aventuriers, pionniers ou auteurs d’exploits en tout genre ne répondent pas toujours à cette description idéale, les conquérants de l’impossible possèdent au moins deux caractéristiques immuables : une force de caractère hors norme ; et une montre. Oui, car si chaque prouesse historique a un début, elle a aussi une fin. Et quel meilleur juge de paix qu’une montre existe-t-il pour mesurer une durée ? Alors, que leur nom soit Neil Armstrong, Youri Gagarine, Edmund Hillary, Alberto Santos Dumont, Chuck Yeager, Robert Maloubier, Félix Baumgartner ou Mike Horn, tous ces héros ont conquis la gloire un garde-temps au poignet.

Chevaliers du ciel

Lorsque l’on parle aventure humaine, les regards se tournent immanquablement vers les cieux. Car si marcher, courir, nager, plonger, représente des gestes naturels, voler ne figure pas dans l’ADN de l’espèce humaine. Et pour tenter d’imiter les oiseaux ou suivre l’exemple d’Icare, une bonne dose de témérité s’impose, voire de folie. 

De l’audace, à l’aube du XXe siècle, un certain Alberto Santos Dumont n’en manquait assurément pas. Certes, il savait qu’il avait été précédé de plus d’un siècle dans  la bataille du ciel. Le premier vol “habité” s’était en effet déroulé le 19 octobre 1783, lorsqu’un équipage composé de Jean-François Pilâtre de Rozier, Jean-Baptiste Réveillon et Giroud de Villette s’était élevé au-dessus de Paris à bord d’un ballon captif inventé par les frères Montgolfier. Mais ce jeune dandy brésilien, à la fois riche héritier d’un industriel du café, figure incontournable des soirées élégantes de la haute société parisienne et spécialiste des vols en ballon dirigeable, voulait faire plus, bien plus : voler pour de bon à bord de ce que l’on n’appelait pas encore un avion.

A cette époque, l’heure se lisait encore communément sur de grosses montres fixées au bout d’une chaînette que les messieurs sortaient de leur poche ou de leur gousset. Le geste était distingué, mais mobilisait à la fois la main et l’œil. Ce qui ne faisait pas les affaires d’Alberto Santos Dumont, alors qu’en cette année 1901 il venait de remporter une compétition consistant à couvrir en moins de 30 minutes la distance entre Saint-Cloud et la Tour Eiffel à bord d’un dirigeable. 

Le jour même, au cours d’une fête organisée chez Maxim’s pour célébrer sa victoire, Alberto s’approcha d’un de ses invités, l’horloger-joaillier Louis Cartier. Il lui expliqua que sa montre de poche rendait difficile la lecture de l’heure en plein vol, l’empêchant de contrôler ses temps et ses performances lorsqu’il se trouvait occupé à manœuvrer son dirigeable. « N’y aurait-il pas moyen d’imaginer autre chose ? », lui demanda-t-il.  Pensif, Cartier promit de réfléchir à la question.

Du temps s’écoula. Santos-Dumont changea de discipline après avoir découvert les premières machines volantes de Clément Ader et des frères Wright. Il apprit à manœuvrer ces engins aux allures de fragiles libellules et devint le premier homme à posséder les trois brevets de pilote : ballon, dirigeable et aéroplane. 

Le 12 novembre 1906, il décolla à bord d’un avion d’une puissance de 50 ch, s’éleva à une vitesse de 40 km/h au-dessus de l’herbe sur une distance de 220 mètres, avant de retoucher le sol, 21 secondes plus tard. Un vol qui fut reconnu officiellement comme le premier record du monde d’aviation. 

Pour connaître la durée de son exploit, le pionnier brésilien n’eut pas besoin de sortir sa montre de sa poche : il portait au poignet la montre-bracelet conçue spécialement à son intention par Louis Cartier en 1904. Une année qui s’inscrivit dans les mémoires comme celle où fut conçue le premier garde-temps de l’aéronautique. La première montre des héros…

Planète Exploit

Il ne fallut qu’un demi-siècle pour que l’aventure aérienne devienne spatiale. Le 12 avril 1961, le Russe Youri Gagarine fut le premier voyageur extra-terrestre en portant une montre Sturmanskie. En 1962, l’astronaute américain Scott Carpenter choisit quant à lui un chronographe Cosmonaute de Breitling lors de son vol orbital à bord de la capsule Aurora 7. Et le 21 juillet 1969 se produisit l’exploit probablement le plus fou de toute l’histoire de l’humanité : marcher sur la Lune. Le premier à y parvenir fut Neil Armstrong et une montre Omega joua le rôle de témoin lors de cet incroyable instant.

Neil Armstrong était né en 1930. A 20 ans, obligé d’interrompre ses études pour accomplir son service militaire, il suivit une formation de pilote qui lui valut de combattre en Corée aux commandes d’un F9F Panther. En 1955, rentré en Amérique, il devint pilote d’essai et effectua près d’un millier de vols pour assurer la mise au point de chasseurs et de bombardiers. Il effectua également des vols à bord d’avions-fusées expérimentaux comme les Bell Z-1B, Belle X-5 ou North American X-15. Enfin, en 1962, point d’orgue de sa carrière, il fut sélectionné pour intégrer le corps des astronautes de l'agence spatiale américaine, la fameuse NASA. Il participa à son premier vol spatial à bord de Gemini 8 en 1966, avant de décoller en direction de la Lune trois ans plus tard et d’entrer définitivement dans la légende. Souvenez-vous de sa célèbre phrase, prononcée au moment exact où, descendant de l’échelle du LEM, il posa le pied sur une autre planète que la Terre : “Un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité”… 

Sorti sur les écrans le 17 octobre, un film biopic retrace d’ailleurs cette saga spatiale, avec dans le rôle de Neil Armstrong l’acteur Ryan Gosling, au poignet duquel trône évidemment une Omega Moonwatch. Un garde-temps possédant décidément une histoire étonnante puisqu’il n’avait absolument pas été conçu dans ce but ! Imaginée au départ pour les pilotes automobiles, la Speedmaster avait été sélectionnée par la NASA en 1965 afin de subir tout une  batteries de tests, avant de se voir désignée pour participer à des missions spatiales. 

Si cette Omega devenue l’une des montres les plus iconiques de toute l’horlogerie, (elle a été déclinée jusqu’à nos jours en près de 300 versions différentes, dont la plus récente, arbore un boîtier en céramique noire) a également été portée par des cosmonautes russes, ceux-ci se sont différenciés par la suite : depuis le début de la coopération entre la Russie et l’Europe dans le cadre de missions dans l’espace, un rituel particulier rassemble les membres d’équipage avant leur décollage. Chacun d’entre eux reçoit parmi son “paquetage” une montre Fortis. Avant d’être certifiés pour une utilisation dans l’espace, ces chronographes   automatiques doivent subir au préalable de nombreuses épreuves : passages en centrifugeuse recréant l’accélération d’une fusée au décollage, simulations de conditions extrêmes de survie, séjours en cabine à pression, rien n’est épargné aux montres candidates à l’aventure spatiale. Mais la première intégration d’un chrono Fortis dans l’équipement officiel des astronautes, en 1994, puis son utilisation à bord de la station spatiale MIR, ont prouvé sa fiabilité. 

Cap sur le temps

Si l’air et l’espace ont ainsi toujours constitué un terrain privilégié pour les pionniers et les chasseurs d’exploits, un autre univers permit également à des hommes courageux d’affronter l’inconnu et de dépasser leurs propres limites : les mers et les océans, en surface comme dans les profondeurs. 

Depuis l’Antiquité, la position du soleil dans le ciel resta longtemps le seul moyen pour les marins de connaître la position de leur navire. Pour les capitaines des vaisseaux du XVIIIe siècle, la détermination de la latitude par la position des astres s’effectuait aisément. En revanche, le calcul de la longitude se montrait infiniment plus complexe par manque d’instruments horlogers suffisamment précis. Il aurait en effet été nécessaire de conserver tout au long du voyage l'heure locale du dernier port dont le méridien était connu. En 1759, un horloger anglais, John Harrison, parvint enfin à mettre au point une montre répondant aux besoins des marins : de novembre 1761 jusqu'à janvier 1762, son chronomètre accomplit une traversée longue de 81 jours à bord d'un voilier en ne présentant à l’arrivée qu’un écart de cinq secondes seulement. Grâce à la mise au point de chronomètres de marine de ce type, l’ère des explorateurs légendaires, Bougainville, Lapérouse, Cook, put alors commencer…

Il était encore question de quête de précision extrême en 1905 lorsque l’observatoire naval de Washington DC organisa une compétition intitulée “Precision Torpedo Boat Timespieces”. Pour l’US Navy, l’objectif était d’identifier les meilleurs chronomètres de pont disponibles sur le marché afin de permettre aux torpilleurs de disposer d’une heure de référence aussi fiable qu’à bord des grands navires de surface. Ce fut la maison suisse Ulysse Nardin qui remporta ce concours et devint fournisseur officiel de la marine américaine. Cette année, une nouvelle montre Marine Torpilleur Military US Navy, produite en série limitée de 173 exemplaires, vient rappeler cet épisode historique.

Bien plus tard, en 1947, un marin choisit de renouer avec le dénuement et les premiers âges de la navigation. Cette année-là, un anthropologue norvégien, Thor Heyerdahl, décida de prouver le bien-fondé d’une de ses théories : selon lui, la Polynésie avait pu être peuplée au cours de la Préhistoire, non par des immigrants venant de l’Asie du Sud-Est, mais grâce à l’arrivée d’Amérindiens ayant dérivé à travers le Pacifique. Ce fut l’aventure du Kon-Tiki…

Thor Heyerdahl fit construire un radeau en troncs de balsa et, en compagnie de cinq équipiers scandinaves, confia sa vie aux courants. De fait, trois mois avoir quitté les côtes du Pérou, il accosta dans les îles Tuamotu, sur l’atoll de Raroia. Pour sa traversée, Thor Heyerdahl avait choisi d’emporter une montre Eterna.

Dans son sillage, d’autres hommes audacieux choisirent eux aussi des moyens parfois étranges pour franchir les océans. Le Français Guy Delage se lança par exemple dans une traversée de l’Atlantique à la nage. Le 16 décembre 1994, une montre Sector au poignet, il quitta seul les plages du Cap Vert. Après avoir franchi l’océan en nageant jusqu’à huit heures par jour et en se laissant dérivant le reste du temps sur un minuscule radeau, Guy Delage arriva à la Barbade 55 jours plus tard.

Parmi les autres défis fous, Emmanuel Coindre décida en 2005 de franchir le Pacifique à la rame. Parcourir 10 500 kilomètres à la force des bras pour relier le Japon à l’Amérique, entre Choshi, à l’est de Tokyo et San Francisco, seul sur une embarcation de 6,50 m de long et 1,5 m de large, tel était son défi. Après avoir ramé pendant 18 heures par jour, le jeune Français aborda les côtés américaines au terme de 129 jours, 17 heures, 22 minutes et 22 secondes de galère. Pour l’accompagner dans son aventure, il avait emporté une Jaeger-LeCoultre Master Compressor Extreme World Chronograph. Depuis 2014 il est entré dans la légende non pas pour avoir accroché le record de l’océan Indien (56:7:29:11) mais en devenant le premier homme à avoir traversé en solitaire les trois grands océans à la rame. Il est l’actuel détenteur des temps de référence (Atlantique nord, Pacifique nord, Indien sud, distance sur 24h - 15 titres). Sur la TransIndienne il portait également l’Extreme World Chronograph de Jaeger-LeCoultre.

L’aventure maritime étant devenue davantage sportive à partir des années 1960, nombre de skippers se sont équipés de montres performantes pour les accompagner lors des transats, tours du monde et autres courses à la voile. En quittant le port de Monaco à bord de son long monocoque en aluminium de 35 m de long, un beau jour de 2008, le Sud-Africain Mike Horn ne s’apprêtait pas à disputer une compétition : il partait pour un tour du monde aux allures d’expédition, prévu pour durer quatre ans. Pour suivre la course du temps à la surface de toutes les mers du globe, Mike Horn avait opté pour une montre Panerai Luminor 1950 Submersible Depth Gauge. Evoquer Mike Horn, spécialiste des aventures polaires, toujours accompagné par Panerai, permet d’évoquer d’autres illustres explorateurs des terres glacées. En 1911, le Norvégien Roald Amundsen fut le premier à atteindre le Pôle Sud en portant au poignet une montre Zenith. L’explorateur polaire français Nicolas Vanier, lui, ne porte jamais  de montre, préférant se fier à la hauteur du soleil dans le ciel, à la météo et la fatigue de ses chiens de traîneau pour rythmer des journées et de sa progression. De leur côté, les deux aventuriers Borge Ousland et Vincent Colliard, initiateurs du projet Ice Legacy ayant pour but de sensibiliser les esprits au changement climatique, parcourent les glaciers du monde entier en portant des montres Alpina.

Explorateur, cinéaste et ardent défenseur des océans,  le Français Jérôme Delafosse part quant à lui en guerre contre les déchets plastiques, combat dans lequel s’engage également la maison Oris dont il est ambassadeur. Après avoir participé au World Clean-Up Day 2018, mi-septembre, la marque a présenté une montre Divers Sixty-Five équipée d’un bracelet innovant en plastique recyclé.

A l’heure des abysses

Par son partenariat avec le projet de Mike Horn, Officine Panerai entendait souligner la continuité de son histoire et ranimer la grande tradition des instruments de mesure professionnels de précision. C'est en effet Panerai qui réalisa les premières montres de plongée professionnelles de l'histoire, dans la première moitié du XXe siècle, pour les troupes d'assaut de la Marine militaire italienne. C'est également cette Maison florentine qui fabriqua les profondimètres portés par ces pionniers. 

Quand la Deuxième Guerre mondiale éclata, une unité spéciale baptisée Groupe Gamma, commandée par le prince Borghèse, reçut la mission de s’attaquer aux navires ennemis jusque dans les ports où ses hommes vêtus de combinaisons de caoutchouc noir et chevauchant des torpilles, fixaient des mines sous la coque des bateaux visés. Au poignet de ces plongeurs audacieux figuraient des Panerai qui sont entrées dans l’Histoire comme les premières montres militaires de plongée. 

Le souvenir des commandos de la Marine italienne nous transporte d’un coup de palmes dans les grandes profondeurs où les héros de la conquête du Grand Bleu ont inscrit leurs noms.

Jusqu’en 1926, aucun horloger ne s’était vraiment soucié de rendre ses montres étanches à la poussière ou à l’eau. Cette année-là, Rolex joua les pionniers avec son concept de boîtier à couronne vissée baptisé Oyster (huître). L’invention entra dans l’Histoire un an plus tard, en 1927, lorsqu’une femme, Mercedes Gleitze, traversa la Manche à la nage, une Rolex au poignet.

Il fallut néanmoins attendre plusieurs décennies et le développement de la plongée sous-marine de loisir, au cours des années 1950, pour voir apparaître des montres réellement adaptées à l’élément liquide.

En 1953, le capitaine Robert Maloubier, responsable d’une nouvelle unité de nageurs de combat de la Marine française, ne songeait pas aux loisirs. Son unique préoccupation était de dénicher une montre adaptée aux missions militaires sous-marines. Aucun modèle ne trouvait grâce à ses yeux et les fabricants eux-mêmes ne s’intéressaient pas à ce marché. L’un d’eux déclara même : « Les montres de plongée n’ont aucun avenir ! ». Un visionnaire…

Robert Maloubier finit néanmoins par rencontrer le président de la marque Blancpain, Jean-Jacques Fiechter, lui-même adepte des sports sous-marins. Ce fut le déclic. Les horlogers de la manufacture suisse se mirent à l’ouvrage et dévoilèrent bientôt leur nouvelle création, la Blancpain Fifty Fathoms. Cette montre étanche à 50 brasses (“fathoms” en anglais), soit une centaine de mètres, établit aussitôt les références de ce que devait être une véritable montre de plongée : étanchéité parfaite, lisibilité optimale du cadran avec des index blancs sur fond noir, aiguilles luminescentes, lunette tournante avec dispositif de blocage, etc.

Si cette Fifty Fathoms gagna rapidement son statut de véritable mythe après avoir été choisie par le célèbre “Bob” Maloubier – récemment disparu –, on put également la voir au poignet d’une autre icône de l’aventure sous-marine, le commandant Cousteau qui porta cette montre lors du tournage du film Le Monde du silence, en 1954.

En 1958, il fut encore question de pionniers de la plongée, mais d’une façon tout à fait spéciale. Cette année-là, William R. Anderson, commandant du premier sous-marin à propulsion nucléaire, le Nautilus, reçut un ordre classé top secret : relier le Pacifique à l’Atlantique en passant par le pôle Nord. Ou plutôt sous le pôle Nord…

Le 1er août 1958, la silhouette sombre, longue de 97 m, s’enfonça dans les flots du détroit de Béring et disparut sous la calotte glacière, emportant dans ses entrailles d’acier 116 officiers et hommes d’équipage. Le sort en était jeté : si une panne ou un problème quelconque survenait à partir de ce moment, le sous-marin ne pouvait plus refaire surface. Réussir n’était pas une option, mais un impératif de survie. 

Pour l’équipage du Nautilus, la proximité du pôle magnétique, synonyme de dérèglement des montres, boussoles et instruments de navigation, constituait une difficulté majeure supplémentaire. Mais on ignorait encore que la manufacture Jaeger-LeCoultre avait justement mis au point un modèle très particulier baptisé Geophysic, à la pointe de l’innovation, comportant un boîtier résistant aux champs magnétiques.

Le 5 août 1958, l’amirauté américaine reçut un message codé : “Nautilus 90° N”. Un seul mot et un chiffre signifiant que ce jour-là, le sous-marin avait franchi le pôle Nord en plongée. Mission accomplie… Et le 11 août, un second sous-marin américain, le Skate, prolongea l’aventure en faisant surface exactement au pôle Nord après avoir percé la couche de glace à l’aide de son kiosque !

Si le temps des Maloubier, Cousteau ou Anderson est révolu, les grandes profondeurs continuent de fasciner des plongeurs d’exception. Parrainé par Blancpain, Laurent Ballesta enchaîne les expéditions, tournant des films consacrés  au cœlacanthe, poisson survivant de l’ère préhistorique que l’on a longtemps cru disparu depuis des siècles, ou aux requins. Sorti ces derniers moins, le film 700 requins dans la nuit retrace sa dernière aventure.

Autre arpenteur des profondeurs, l’apnéiste Guillaume Néry, quadruple recordman du monde et double champion du monde en poids constant, vit ses rêves sous-marins en portant sa Panerai Submersible Titanio.

Si les plongeurs de combat de la Marine française avaient sélectionné une montre baptisée “Auricoste Spirotechnique” au cours des années 1980, le célèbre réalisateur de cinéma James Cameron (auteur notamment de Titanic et d’Avatar), est revenu aux sources de la montre étanche en choisissant une Rolex lors d’une spectaculaire aventure. En 2012, il parvint à atteindre le point le plus profond de l’océan Pacifique situé dans la fosse des Mariannes. Seul, aux commandes d’un sous-marin expérimental spécialement conçu pour ce défi, Cameron descendit jusqu’à une profondeur de 10 898 m !

Pendant deux heures et 36 minutes, le petit submersible de 8 m de long en forme de torpille verticale s’était enfoncé inexorablement dans les profondeurs. Et soudain, le fond de l’océan avait surgi du néant dans la lueur des projecteurs, à près de 11 kilomètres sous la surface, une profondeur où la pression phénoménale pouvait écraser n’importe quel objet. Mais pas la Rolex Deepsea Challenge installée à l’extérieur de la coque du sous-marin, à l’extrémité de son bras articulé.

0h07 : l’instant fatal

Les aventures répétées de James Bond, film après film, nous conduisent tout droit dans l’univers du 7e art où l’on trouve profusion de héros en tout genre voyant dans leur montre bien plus qu’un simple indicateur de temps. L’agent de Sa Majesté 007, porta tout d’abord une Rolex, puis une Seiko, avant d’opter pour une Omega.

Bien évidemment, quand on reçoit régulièrement pour mission de sauver le monde, une montre ne saurait se contenter d’indiquer banalement l’heure. Ainsi, dans Bons Baisers de Russie, la montre de James Bond dissimulait une cordelette d’étranglement. Dans L’Espion qui m’aimait, on trouvait cette fois une imprimante pour télex. C’est dans le film Goldeneye, sorti en 1995, que la Seamaster Professional d’Omega fit son apparition pour la première fois au poignet du célèbre agent secret. Son boîtier comportait alors deux gadgets : un rayon laser, émis à partir de la valve à hélium, et un détonateur télécommandé. Pour rappel, James Bond utilisa la fonction laser pour transpercer une partie du plancher d’un train. Et le détonateur fut utilisé pour détruire la salle de contrôle d’un satellite espion. Un modèle vraiment grande complication !

Dans Demain ne meurt jamais (1997), la Seamaster fut à nouveau équipée d’une fonction détonateur qui fit sauter une grenade sur un bateau furtif, permettant aux radars de détecter le navire. 

Dans Le Monde ne suffit pas, la montre disposait de deux fonctions cruciales. La première, une lumière puissante émise à partir du cadran, fut employée par le héros britannique pour s’éclairer lorsque, installé dans un dinghy gonflé, il se trouva emporté par une avalanche. La seconde, un cable avec grappin positionné à l’intérieur du boîtier, fut utilisé par Bond pour s’échapper d’un bunker : le grappin miniature jaillit de la couronne à grande vitesse, faisant rapidement tournoyer la lunette de la Seamaster ; une fois le grappin fermement ancré, la lunette tourna alors lentement dans la direction inverse, remontant le fil dans le boîtier de la montre et hissant Bond en lieu sûr.

2012 fut marquée par la sortie de Skyfall, 23e épisode de la série, avec Daniel Craig dans la peau de 007. Autre événement marquant : pour célébrer les 50 ans de James Bond sur grand écran, Omega présenta une version spéciale de la Seamaster Diver 300 m James Bond, portée par l’agent secret. Une vraie montre de héros, que l’on retrouva en 2015 dans Spectre, et au poignet des admirateurs de James Bond grâce à une série spéciale de 7007 exemplaires.

D’autres “Superman”, mais des vrais cette fois, décidèrent en 2011 d’effectuer leurs périlleuses missions en portant une montre fabriquée en édition limitée. Ces hommes, c’étaient les membres du GIGN, le Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale, spécialisés dans la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme. Le GIGN souhaitait créer une montre à son emblème et exprimant ses valeurs d’efficacité et de cohésion. Ce fut Bell & Ross qui édita cette série de 200 exemplaires portant le logo du GIGN exclusivement destinés aux hommes de l’unité.

Cette année, en plus du GIGN, du RAID, des démineurs de la Sécurité Civile, de l’Armée de l’Air française et de la chasse embarquée, les groupes d’élite du GSPM (Groupe de sécurité du Premier ministre), du GSMA (Groupe de sécurité du Ministère des Armées) et du GSMI (Groupe de sécurité du Ministère de l’Intérieur), ont également choisi Bell & Ross pour réaliser des modèles arborant l’insigne de chaque corps et les couleurs du drapeau français.

L’armée américaine dispose elle aussi depuis 1943 d’une unité chargée des missions les plus difficiles, des combats les plus secrets, des défis les plus extrêmes : les Navy SEALs (pour SEa, Air, Land). Des forces spéciales qui, pour agir efficacement, bénéficient de l’équipement le plus sophistiqué devant présenter une fiabilité absolue : armement, matériaux de protection, équipements de visée, accessoires électroniques, montre, etc. C’est en partenariat avec ces soldats de l’extrême que Jaeger-LeCoultre conçut en 2011 sa Master Compressor GMT Navy SEALs.

Née en 1964, la montre française étanche ZRC Grands Fonds 300 (qui a été rééditée en 2015), fut sélectionnée quant à elle par notre Marine nationale et confiée à ces héros de l’ombre que sont les plongeurs démineurs et les nageurs de combat du Commando Hubert.

Des montres au sommet

 

Si l’exploit se joue souvent sur ou sous les mers, l’aventure atteint parfois des sommets sur d’autres terrains hostiles. Notamment lorsque des hommes s’attaquent aux pentes vertigineuses des montagnes les plus hautes de la planète.

Surnommé le “toit du monde”, l’Everest est longtemps resté inviolé. Jusqu’au 29 mai 1953. Ce jour-là, l’alpiniste néo-zélandais Edmund Hillary et le sherpa Tenzing Norgay se sont hissés jusqu’à la pointe de la montagne mythique, culminant à 8848 m. Au poignet d’Hillary figurait une Rolex Oyster. C’est pour célébrer cet exploit historique que Rolex conçut son célèbre modèle Explorer.

Autre sommet, autre montre : en novembre 2009, une cordée de trois alpinistes, Pierre Schaffter, Little Karim Balti et Apa Sherpa, parvenait tout en haut d’un pic de l’Himalaya encore vierge, à 6 589 m d’altitude. À leur poignet : trois montres appartenant à une lignée historique de garde-temps Jaeger-LeCoultre tournés vers l’aventure : le chronomètre Geophysic de 1958, la Master Compressor Extreme LAB de 2007 et le prototype de la Master Compressor Extreme LAB 2 dont les horlogers avaient voulu tester la résistance dans les pires conditions climatiques possibles.

Ayant déjà gravi treize fois l’Everest, l’alpiniste anglais Kenton Cool pousse jusqu’au bout la logique de sa passion pour la montagne en portant des montres Montblanc collection 1858, comme la Géosphère. Des pics que la championne de ski suisse Wendy Holdener, triple médaillée lors des derniers Jeux olympiques d’hiver à PyeongChang, dévale sous les couleurs de la maison horlogère Carl F. Bucherer.

Si les vainqueurs de l’Himalaya ont accédé à la gloire en gravissant lentement des parois verticales à la force des poignets, un autre héros des temps modernes a décidé d’entrer dans l’Histoire à vitesse supersonique. Le 14 octobre 2012, l’Autrichien Félix Baumgartner est devenu le premier homme à franchir le mur du son en chute libre après avoir sauté d’une capsule fixée à un ballon d’hélium à une altitude record de 39 045 m (trois fois plus haut qu'un avion de ligne), dans le ciel de Roswell, au Nouveau-Mexique.

Clin d’œil de l’Histoire, Félix Baumgartner accomplit son exploit 65 ans jour pour jour après celui signé par Chuck Yeager le 14 octobre 1947 (ce jour là, le plus mythique des pilotes d’essai avait été le premier homme à franchir le mur du son à bord du prototype Belle X-1).

Equipé d'une combinaison d'astronaute dotée d'un système de refroidissement (en raison de l’énorme augmentation de température due à la vitesse dans la stratosphère et de l’entrée dans l’atmosphère) et d’un appareil à oxygène, l’homme-fusée a franchi le mur du son et atteint une vitesse maximale de 1137 km/h lors de ses quatre minutes et vingt secondes de chute libre dans le quasi vide stratosphérique, avant d’ouvrir son parachute et de se poser au sol au terme d’une descente de neuf minutes et trois secondes.

Au cours de sa tentative, Félix Baumgartner qui avait choisi de porter une montre Zenith El Primero Stratos Flyback Striking 10th (équipée du mouvement revendiquant le titre de chronographe automatique le plus précis au monde), a également battu deux autres records du monde : celui de la plus haute altitude atteinte par un homme en ballon ; et le record du plus haut saut en chute libre.

Pole position

Horlogerie et sports mécaniques font souvent la course ensemble, partageant une même exigence en matière de performances, de légèreté et de fiabilité. Des paramètres que les pilotes connaissant bien, notamment ceux qui disputent les Grands Prix de Formule 1 (cette année, Fernando Alonso et Romain Grosjean portent des montres Richard Mille, marque par ailleurs engagée au côté de l’écurie McLaren) ou les 24 Heures du Mans (lors de ses victoires en 2015, 2016 et 2017, Porsche portait les couleurs Chopard). 

Quand on associe les mots “montres” et “courses automobiles”, impossible de ne pas évoquer deux modèles iconiques, la Rolex Daytona et la TAG Heuer Monaco.

Flash back. Nous sommes en 1962. Une nouvelle épreuve automobile d’une durée de trois heures doit se disputer aux Etats-Unis, en Floride, sur le “Daytona International Speedway“, circuit qui a établi un partenariat avec la marque horlogère Rolex. Les liens de Rolex avec les sports mécaniques ne datent pas d’hier : en 1935, lorsque le Britannique Malcom Campbell a établi son record de vitesse à 484 km/h au volant de sa voiture-fusée Bluebird, il portait une Rolex au poignet.

En 1963, c’est à l’intention des pilotes de course et des amateurs de circuits que la manufacture suisse prépare un nouveau modèle baptisé “Oyster Perpetual Cosmograph“ disposant d’un mouvement chronographe et d’une échelle tachymétrique gravée sur la lunette. Sa lisibilité a été particulièrement travaillée et les compteurs additionnels possèdent une couleur différente de celle du cadran. Dès la sortie du nouveau modèle, en 1964, il a été prévu d’ajouter l’inscription “Daytona“ sur le cadran pour le marché anglophone, afin de rappeler le partenariat de Rolex avec le circuit américain.

En 1966, l’épreuve change de physionomie pour devenir une épreuve d’endurance de 24 heures, à l’image de celle se disputant au Mans. L’histoire ne dit pas si des pilotes ont porté une Rolex en conduisant leurs bolides lors des premières 24 Heures de Daytona. En revanche, on sait qu’un as du volant a bel et bien été séduit par la Cosmograph. Cet homme, c’est l’acteur Paul Newman. Star du cinéma en ces années 1960, il est également fou de courses automobiles. En 1969, lors du tournage du film Winning consacré à l’épreuve des 500 miles d’Indianapolis, il choisit de porter une Daytona à l’écran. Newman poussera ensuite sa passion pour le sport automobile jusqu’à créer sa propre écurie. Désireux de pouvoir offrir une montre à ses pilotes ou à des sponsors, Newman s’adresse à Rolex et demande à ses responsables de bien vouloir dessiner un modèle Daytona personnalisé avec fond noir compteurs couleur crème ou fond crème compteurs noirs. 

Il n’en fallait pas plus pour lier de façon indissoluble le nom de Paul Newman à celui de la Daytona. Pour preuve, en 2017, la Rolex que l’acteur avait reçue en 1969 des mains de sa femme, a été vendue aux enchères pour la somme de 17, 8 millions de dollars. Un record absolu !

Pour les amateurs de sports mécaniques, le film Le Mans, sorti en 1971, est certainement l’œuvre cinématographique rendant le mieux hommage à la course automobile en général, et aux 24 Heures du Mans en particulier. Peu de dialogues, mais des regards, de la tension et des rugissements de moteur. Avec deux stars au générique : Steve McQueen et une Porsche 917. 

Au travers de ce film, l’acteur américain voulait exprimer son immense passion pour les sports mécaniques. Désireux d’entrer véritablement dans la peau d’un pilote, il poussa très loin le désir d’authenticité. Jack Heuer, alors président de la marque horlogère Heuer (créée en 1860 par son arrière grand-père, Edouard Heuer) se souvient fort bien de sa rencontre avec Steve McQueen. « Nos montres étaient portées par Jo Siffert, un pilote suisse qui était devenu notre premier ambassadeur officiel, raconte Jack Heuer. Voulant rester aussi fidèle que possible à l’univers des courses automobiles, Steve McQueen insista pour que le service des accessoires du film lui procure la tenue complète de Jo Siffert, qui comprenait naturellement un chronographe Heuer ». Et c’est ainsi que les spectateurs du film découvrirent une étonnante montre conçue deux ans plus tôt, en 1969. Un modèle portant un nom lié, lui aussi, au sport automobile : la “Monaco”.

Si la sortie du film Le Mans permit à la montre d’accéder à la célébrité, ce fut la réédition de la Monaco, en 1998, qui la fit définitivement accéder au rang d’icône horlogère. Il faut dire que la disparition de Steve McQueen, en 1980, l’avait fait entrer au panthéon des héros rebelles et éternels, sa montre devenant un symbole d’audace et de refus des conventions…

Clin de l’histoire, lors de l’édition 2018 des 24 Heures du Mans, un autre célèbre acteur américain, Patrick Dempsey, a vu l’une des Porsche de l’écurie qu’il a créée remporter l’épreuve en catégorie LM GTE Am. Sous les couleurs TAG Heuer…

Piste encore, mais sans moteur, cette fois : durant l’Antiquité, les athlètes vainqueurs des Jeux olympiques accédaient au rang de héros. Les temps modernes ont vu le Jamaïcain Usain Bolt intégrer le panthéon des dieux du stade en devenant le sprinter le plus titré de l’histoire des JO grâce à ses huit médailles d’or. Son surnom, “La Foudre”, a inspiré la forme de la trotteuse de sa montre Hublot Big Bang Unico conçue pour lui.

Laissons le  mot de la fin à un héros de littérature, Phileas Fogg. C’est bien grâce à sa montre que le personnage créé par Jules Verne gagna la course contre le temps dans Le Tour du monde en 80 jours. Alors qu’il pensait avoir raté son pari en revenant à son point de départ au bout de 81 jours, il se rendit compte qu’en ayant effectué son périple dans le sens ouest-est, il avait remonté les fuseaux horaires et gagné ainsi une journée sur son calendrier, sans s'en apercevoir. Et les 81 jours devinrent 80 jours… 

Finalement, le véritable héros n’était pas Phileas Fogg, mais le temps lui-même. Et sans doute s’agit-il de la morale de cette histoire, car le temps ne finit-il pas toujours par l’emporter ?

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