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Nour Arida : "M’engager est devenu une évidence"

Du virtuel au réel, il n’y a aucune différence quand il s’agit de Nour Arida. Cette jeune femme d’influence basée à Beyrouth vit sa meilleure vie et l’illustre avec une authenticité rare.
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Pull en laine fine, Molli. Créoles Quatre White Edition en or jaune, blanc et rose, PVD marron et diamants. Collier Quatre Classique en or jaune, blanc et rose, PVD marron et diamants, Boucheron.

L’Officiel : À quoi ressemblait votre vie avant les réseaux sociaux ? 

Nour Arida : Elle ne ressemblait pas du tout à celle d’aujourd’hui. J’étais acheteuse dans la mode, pour un des plus grands retail stores de Beyrouth. Et j’étais très timide. 

Comment vous êtes-vous finalement retrouvée sur Instagram avec 3 millions de followers ?

Mon mari a toujours été accro aux réseaux sociaux et il adore faire des photos. C’est lui qui a créé ma page Instagram il y a six ans. Le jour où nous nous sommes mariés, j’avais 400 followers, que des amis proches. Le lendemain, je me suis réveillée avec 10 000 de plus : tous les comptes dédiés au mariage avaient reposté des photos de ma robe. Puis j’ai commencé à partager des photos de moi enceinte, et enfin, quand j’ai accouché, j’ai décidé que ça deviendrait une page professionnelle. 

Qu’est-ce que ça fait d’avoir autant de monde qui vous regarde ?

C’est un peu surréaliste. Je dis toujours que c’est à nous de fixer les limites entre vie publique et vie privée, mais c’est de plus en plus difficile. Les gens veulent savoir de plus en plus de choses de ma vie, et c’est leur droit. Je ne peux pas leur reprocher. 

Quels sont les inconvénients de cette nouvelle forme de célébrité ? 

Les haters, ceux qui m’envoient des méchancetés à propos de moi ou de ma famille, mais je ne leur en veux même pas. Cela ne m’atteint pas parce que ce sont des gens qui se cachent derrière un écran : ils ne doivent pas être très bien dans leur peau pour en arriver là. Il m’arrive parfois de leur répondre, surtout quand on me dit que je surexpose ma fille, ou que je l’utilise à des fins commerciales. 

Votre influence vous permet-elle de militer ?  

Bien sûr. Au Liban, je suis la seule à avoir une communauté aussi internationale, alors m’engager est devenu une évidence. J’ai, par exemple, participé récemment à cette “révolution libanaise” car il nous manque certains droits, je dois me servir de ma voix pour faire avancer les choses, et beaucoup de jeunes me suivent. De manière générale, toutes les causes en rapport avec les enfants me touchent. Je me suis engagée avec l’Unicef en faveur des enfants défavorisés, surtout en matière d’éducation car elle est un passeport pour le futur.  

Qu’est-ce qui vous a fait garder les pieds sur terre ?

Le fait d’avoir grandi dans un environnement de mode m’a peut-être évité de faire certaines erreurs. Ma grand-mère, qui s’appelle Nour aussi, était la directrice de Dior à Beyrouth dans les années 80, et ma personne préférée au monde. Elle m’a inculqué les valeurs de la vie. Ma mère aussi, en tant qu’acheteuse, m’a donné de précieux conseils. George, mon mari, m’a poussée à être plus forte. C’est grâce à lui si je suis là aujourd’hui. 

Comment vous a-t-il demandé en mariage ? 

Je ne m’y attendais pas du tout car cela faisait seulement huit mois que nous étions ensemble. Lui, depuis le premier jour, était persuadé qu’on allait se marier. Il me le disait mais je pensais toujours que c’était une blague. Un jour, alors qu’on était dans la maison de ses parents face à la plage, sa mère a mis le son de la télé à fond pour ne pas que j’entende ce qui se passait dans le jardin : tous nos amis et notre famille étaient là pour assister à la demande. Je suis sortie sur le balcon et je les ai tous vus, tandis que lui se mettait à genoux. Cinq mois après, nous nous sommes donc mariés à Paris, puis je suis tombée enceinte dans la foulée.

Vous avez un style plutôt effortless, différent de celui d’autres célébrités du Moyen-Orient. Est-ce qu’il a été difficile à imposer ? 

C’est vrai que je n’aime pas être habillée par les grandes maisons de la tête aux pieds, et que je ne mets quasiment pas de maquillage. Je suis du genre à sortir de la douche les cheveux mouillés, à mettre juste un peu d’anticernes, enfiler un jean d’homme, des boots et un crop top. Au début, je pensais que je ne pouvais pas être celle que j’étais vraiment, car au Moyen-Orient, les stéréotypes sont assez forts. Alors je suis d’abord entrée dans le moule : toujours les cheveux impeccables, le maquillage très marqué, les vêtements “conservateurs”… J’avais peur que les femmes ne s’identifient pas à moi. Mon expérience d’acheteuse m’a appris qu’il ne faut pas penser uniquement à soi, mais aussi à ce qui peut plaire aux gens. Puis, petit à petit, j’ai commencé à imposer mon style, et c’est là que j’ai gagné en notoriété. Les gens me préféraient finalement au naturel. 

Quel est le meilleur compliment que l’on puisse vous faire ?

“Tu es exactement comme sur tes photos”. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, on peut se retoucher, faire croire que l’on est une autre… Le fossé reste énorme entre Instagram et la réalité.

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Photographie Guen Fiore

Stylisme Vanessa Bellugeon

Coiffure : Walter Armano

Maquillage : Megumi Itano

Assistant photo : Francesco Zinno

Assistante stylisme : Gabriela Cambero

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