Fashion Week

Le strange à la conquête des podiums

by Mathilde Berthier
09.01.2017
Avec leurs silhouettes carrément weird, ces filles révolutionnent les canons de beauté… Zoom sur les trois chefs de file de la génération strange.
Lily McMenamy, la pionnière
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C’est sous une capeline oversize que Lily McMenamy débute (officieusement) sa carrière de mannequin, sur le podium du show Saint Laurent printemps-été 2013. Ce jour-là, la brune dégingandée surprend par sa moue boudeuse et sa démarche casse-cou, qui collent à l’esthétique d'Hedi Slimane (lui-même fraîchement débarqué chez Saint Laurent). Fille de la supermodel Kristen McMenamy et de l’ex-dirigeant des Bains, Hubert Boukobza, Lily a la mode dans la peau. Elle grandit bercée par les spotlights et les baffles, sait à peine marcher quand elle pose pour DKNY en compagnie de sa mère, puis quand elle défile pour Chanel, toujours avec Madame McMenamy. Plus rebelle, plus brute de décoffrage, McMenamy Fille avance hors des sentiers battus. Sa carrière est un sans-faute, jalonné de collaborations avec des créateurs amis : “Avant que nous ne fassions connaissance, Karl était mon lointain parrain et Hedi mon lointain héros”, témoignait-elle dans Jalouse. Belle aubaine pour ses copains mégalo, Lily sait aussi danser et chanter. Pas étonnant qu'on lui réserve les créations les plus fantasques.

Molly Bair, l'ovni
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Ne cherchez plus l'anti-supermodel... vous l'avez trouvée. Beauté surréaliste sapée en Supreme, Molly Bair aime Chanel et Off-White, la junk food et le tennis et, par-dessus tout, l'humour noir. En deux ans de carrière, l'Américaine a mis tout le gotha de la mode à ses pieds : John Galliano chez Maison Margiela, Raf Simons , Miuccia Prada, Giambattista Valli, mais aussi les "Proenza Schouler", Lazaro Hernandez et Jack McCollough, qui lui ont offert son premier show en septembre 2014 à New York. Plus qu'une top, Molly est un manifeste. Après avoir soupé pendant dix ans de beautés trop classiques, la mode assume son penchant pour le bizarre. Ce qui était jadis rédhibitoire pour les agents de mannequin devient un atout majeur. Plutôt que Gigi Hadid, Karl Lagerfeld choisit Molly Bair pour jouer les mariées lors du défilé Chanel haute couture printemps-été 2015. Et c'est encore elle qui clôt le ballet gothique de Marc Jacobs, en février dernier à New York. Très proche de la "hype" américaine, Molly est aussi la muse de Mathew Williams, créateur du label Alyx. 

Issa Lish, la weird
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Qui a déjà croisé Issa Lish n'a pas pu l'oublier. Surtout pas Hedi Slimane, qui en a fait sa muse. Une longueur de jambes bien au-delà de la moyenne, un visage ovniesque, un style de cartomancienne branchée... la Mexicano-Japonaise laisse coi. Révélée sur le catwalk du show Saint Laurent printemps-été 2014, elle colle - comme Lily McMenamy - à l’idéal d’Hedi Slimane : son élégance, racée, est décuplée par une démarche dégingandée et un fort potentiel "caméléon". Gothique orientaliste chez Givenchy, punk kawaii chez Haider Ackermann, victorienne expressionniste chez Giles, Issa Lish s’approprie chaque personnage avec une facilité déconcertante. Dans la vie, elle fait les 400 cents coups avec ses copines du Givenchy Gang, comprenez Binx Walton, Hanne Gaby Odiele et Catherine McNeil. Leur spécialité ? Dessiner des pentacles partout où elles passent, et griffoner des croquis d'inspiration dark. Issa Lish est l'égérie de la campagne printemps-été 2017 d'Alexander Wang, dans laquelle elle côtoie une autre étoile de la génération weird : Stella Lucia. 

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