Art

Alexis Tricoire investit Beaugrenelle Paris

by Yamina Benaï
12.04.2018
A quelques encablures de la Tour Eiffel, Beaugrenelle abrite une centaine de marques et développe, depuis son ouverture, un intérêt spécifique pour la création artistique. On peut ainsi y découvrir un Grand Mobile de Xavier Veilhan, des salles de cinéma conçues par Ora-ïto et le restaurant Eclectic imaginé par Tom Dixon. Mais le lieu accueille également des expositions. Ainsi, après la performance de Julio Le Parc dans le cadre de la Nuit Blanche (2012), l’exposition partenaire de la Fiac “Think Big” (2015), les œuvres éphémères de Felice Varini en 2017, les visiteurs peuvent découvrir (jusqu’au 29 avril) les métamorphoses réalisées par le designer végétal Alexis Tricoire. Rencontre.

L’OFFICIEL : Quel a été votre fil conducteur dans la mise en espace au sein du Centre Beaugrenelle de votre installation végétale ?

ALEXIS TRICOIRE : Mon propos a été de restituer une vision écologique de la nature, à travers une transcription dans un matériau de construction : le métal. J’ai souhaité relater mes différentes expériences issues de voyages en Amazonie, lors desquels j’ai pu observer cette plante qui pousse en s’enroulant autour des troncs d’arbres. Ainsi l’exposition donne à voir des colonnes entièrement investies par ces plantes grimpantes qui, en milieux naturels très sombres des forêts denses, révèlent des propriétés extraordinaires d’attraction de la lumière. Il y a une volonté de transmettre une idée de la botanique sauvage, une expression de la forêt. Partager avec le public parisien ce côté splendide et extraordinaire de la nature sauvage de la forêt d’Amazonie a constitué l’élan qui m’a incité à développer ce projet autour de monstera dubia. Dotée d’une grande puissance, cette plante utilise le tronc de l’arbre comme rampe d’accès vers le ciel où elle se déploie ensuite en bouquet à larges ramures lorsqu’elle parvient à la lumière, au-dessus de la canopée.

CMI-5752.jpg

Comment, dans un cadre urbain et commercial, avez-vous restitué ces différentes notions ?

L’espace abritant en son centre une œuvre de Xavier Veilhan, il m’a semblé intéressant de créer un dialogue entre les deux pièces. D‘une part une œuvre totémique, que je perçois plutôt comme “masculine”, composée en teinte bleu nuit sombre, et autour, mon idée d’inscrire du féminin via Monstera Dubia, qui englobe en souplesse et légèreté, et en prisme clair. La puissance du végétal investit ainsi la surface, comme si l’atrium était en immersion.

CMI-9503.jpg

Comment avez-vous réfléchi la présence du public, par définition atypique, puisque hors cadre classique d’exposition ?

Mon souhait est de sensibiliser les visiteurs à la nature, dans son sens global. C’est l’un des leitmotivs de mon travail que de chercher à renouveler le regard porté sur la nature, à proposer une approche nouvelle. En l’occurrence, c’est ici une vision dans la puissance, dans l’élan, dans une forme de mouvement vers la lumière. On ne peut ignorer les problématiques de déforestation, de “besoin” du végétal en ville, de plus en plus largement exprimé. Les forêts sauvages, bien que très éloignées de nos lieux de vie occidentaux, font partie de notre “jardin” commun, dont il nous faut prendre soin. Mon approche consiste donc à tenter de faire réfléchir en apportant du rêve... Une sorte de voyage immobile qui permet, au fur et à mesure de la montée dans les étages de Beaugrenelle, de bénéficier de différents points de vue.

 

 

Monstera Dubia”, installation éphémère d’Alexis Tricoire 
jusqu’au 29 avril, Beaugrenelle Paris 
12, rue Linois, 75015 Paris 
https://www.beaugrenelle-paris.com/

 

CMI-5647.jpg
CMI-5696.jpg
CMI-5700.jpg
CMI-5739.jpg
CMI-5752.jpg
CMI-9503.jpg
CMI-9539.jpg
CMI-9562.jpg

Partager l’article

Articles associés

Recommandé pour vous