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De la nécessité d’avoir une paire de “Formel” J.M. Weston dans son dressing

Par Olivier Saillard, directeur artistique de la noble maison de souliers française.
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Quel est l’ADN, ou pour renouveler la sempiternelle formule, la “substantifique moelle” de la collection “Formel” ?

Olivier Saillard : La collection “Formel” répond à une envie de construire une identité de chaussures dans ce qu’il y a de plus urbain, de plus simple et de plus intemporel. J’aimerais que l’on se projette un petit peu en dehors de la mode. Lorsque j’ai travaillé cette collection, j’avais souvent en tête des images de travailleurs dans les rues du New York des années 30, avec des chaussures noires tellement cirées qu’elles en devenaient comme des patines.

À quels clients J.M. Weston destinez-vous cette collection ?

À tous ceux qui ont envie d’être chaussés confortablement pour marcher et pour rêver. Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles.

Vous venez de signer votre deuxième collection J. M.Weston, avec deux nouveaux modèles, les “Raphaël” et les “Rémi”. Comment l’avez-vous appréhendée ?

Il n’y a pas chez J.M. Weston un principe de collection saisonnière, notre fonctionnement se rapproche davantage de l’industrie horlogère, on fait entrer dans les rayons de nos boutiques les chaussures quand elles sont arrivées à la perfection. Ce qui a présidé au dessin et à l’hypothèse de ces chaussures, c’est l’inspiration que m’apportent les chaussures des années 40, j’aime celles qui donnent l’idée qu’elles durent longtemps. Nous avons dans les archives des publicités des années 30 à 50 vantant les mérites d’une “marque qui dure toujours”. J’aime cette idée de chaussures fabriquées pour durer, avec des formes assises, contrairement aux chaussures italiennes qui sont longues, effilées et un peu maniérées.

Comment les “Formel” trouvent-elles leur place parmi les “Grands Classiques”, les “Ultra Weston”, les “Informels”, les “Emblématiques”... de la marque ?

J’aime que nos modèles aient une certaine forme de maturité, sans trop de détails apparents. Des chaussures que l’on retravaille, mais dont on a l’impression qu’elles ont toujours existé. Quelques discrets signes de savoir-faire, faits main, ont été repris d’anciens modèles, comme les W finement cloutés au talon et brodéssur la tige, pour le modèle “Rémi”, ou encore la couture des bottes de la Garde républicaine sur le modèle “Raphaël”. Dans l’absolu je ne hiérarchise pas esthétiquement toutes ces lignes, et j’ai envie qu’elles soient adoptées par qui le souhaite.

Dans cette nouvelle collection, quel modèle prendriez-vous pour vous?

Le modèle “Raphaël”, coloris noir et version non perforée. Un archétype de chaussures, un peu rond sur le devant, qui a une forme très fin des années 40, milieu des années 50.

 

Ci-dessus, modèle “Rémi” de J. M. Weston : richelieu one-cut, version up-gradée de la mythique “Cycliste”. Existe en version lisse (marron mélèze et noir) ou perforée (marron mélèze et noir). Un W est clouté sur le côté intérieur du talon du pied droit, un autre est brodé à l’avant. 

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