Voyages

Le W Barcelone se refait une beauté

by Eugénie Adda
05.09.2017
Voilà comment on fait du resort dans les années 2010 : le W Barcelona, hôtel multi-concepts du groupe Starwood, logé dans l’un des plus ambitieux projets architecturaux de la décennie, maintient le cap depuis sept ans. Et signe, cette année, une rénovation d’envergure.

Ricardo Bofill est un utopiste. L’un des seuls dont le bureau fondé dans le dernier sursaut d’émulation intellectuelle des années 1960 ose encore réunir urbanistes et philosophes. Et si Instagram adule le futurisme antique des Espaces d’Abraxas, cité postmoderne de Noisy-le-Grand et décor du tournage de Hunger Games, si les appartements de la Muralla Roja sont l’événement d’Airbnb en Espagne, c’est que cette utopie, qu’il décrivait comme un échec lors d’un entretien au Monde en 2014, n’a jamais été si nécessaire à nos existences ultraterrestres. Envolons-nous au-dessus de l’impersonnelle Barceloneta pour la première utopie hôtelière de Bofill, une voile rutilante de 99 mètres qui semble celle d’un navire immense entrant dans le nouvel espace maritime. C’est là que se trouve le W Barcelona, devenu en seulement sept ans l’un des monuments de la capitale espagnole de l’architecture.

La voile rutilante de verre et d'acier signée Ricardo Bofill de l'hôtel W Barcelona.

Perdre l’équilibre

Dressée face à la Méditerranée, l’intimidante structure de métal et de verre se confond, selon l’heure, avec le ciel ou la mer. Réfléchissant la ville entière sous la lumière zénithale de midi, fantomatique entre chien et loup, terrible par mauvais temps, la voile d’argent prouve que l’obsession de Bofill pour le reflet ne l’a jamais lâché. Dans l’hôtel aussi, c’est avec les éléments que l’on vit. Les 473 chambres regardent toutes vers le large et semblent s’y confondre, surtout depuis leur impressionnante rénovation achevée au printemps dernier. Orchestré par le jeune studio londonien Bowler James Brindley, le re-design défini comme “un environnement aquatique et urbain” joue sur un colorama sixties où l’azur est partout. Au sol, une hypnotique moquette rappelle la mer agitée, quand le blanc pur des murs et des plafonds capte les rayons pour irradier toute la pièce.

La piscine du Sun Deck débordant sur la mer.

Manger, boire, manger encore

Jamais à court de concept, les équipes du W ont doté l’adresse barcelonaise de six restaurants et bars. Au centre de l’attention, le Bravo24 par Carles Abellán, chef superstar local. Il signe ici un menu consensuel et saisonnier, où les nostalgiques des années Erasmus retrouveront patatas bravas et croquetas, mais aussi des viandes grillées, des pêches du jour et des spécialités catalanes à dévorer sur la grande terrasse végétalisée. Au programme également, un bar pour la nuit en rooftop, un lounge aux airs d’aquarium pour la caution mixologie ou encore le Salt, nouveau spot à burgers, mignon club de plage pour prendre l’apéro les pieds dans le sable.
Coup de cœur absolu : l’option Extreme Wow Cabana, meilleure initiative pour se prendre pour un milliardaire le temps d’une soirée. L’hôtel propose de privatiser la terrasse Cabana de la suite Extreme Wow pour organiser cocktails bien sapés, anniversaires et autres enterrements de vie de jeune fille, le tout en profitant de l’impressionnante vue sur la baie. C’est ici que le gotha mode barcelonais organise ses plus beaux dîners.

La terrasse d'un bungalow privé.

Atmosphère navette spatiale

En plus de sa plage privée, l’hôtel a mis les bouchées doubles dans ses bassins chlorés. Au rez-de-chaussée, une grande piscine à l’ambiance Miami Beach un rien 90s, (très) entourée de transats et canapés pour nous permettre de traîner toute la journée avant de se lever pour danser sur de l’électro à la tombée de la nuit. Mais surtout, semblant déborder sur la mer, le Sun Deck, second bassin moins encombré, idéal pour organiser ses événements privés.
Plus confidentielle encore, la mini-piscine du spa, bel espace de 700 m2 répartis sur deux étages. Atmosphère navette spatiale ultra-clean, huit cabines de soins, obligatoire combo sauna-hammamjacuzzi, joli salon mani-pedi et surtout les produits de la marque américaine Bliss. À la carte, des soins high-tech dont les noms sentent bon les années 2000. Bel effort, aussi, du côté des activités sportives, puisque club de sport Fuel propose boxe, bootcamps, Pilates et sup yoga, pour faire le chien tête en bas sur son paddle. On est bien en 2017.

W Barcelona, Plaça Rosa Dels Vents, I.
WWW.W-Barcelona.cat

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