Beauté

All about flowers

by Aurélia Hermange-Hodin
24.05.2017
Stars bienfaisantes et incontestées des événements culturels, de l’édition, de la décoration, elles ont également réinvesti la mode et les cosmétiques.

La fascination pour les fleurs ne date pas d’hier. Les sociétés primitives utilisaient déjà leurs propriétés curatives et leurs innombrables parfums, qui sont à l’origine de médecines naturelles comme la phyto­thérapie et l’aromathérapie. Ces disciplines, longtemps mises de côté au profit de la médecine traditionnelle, reviennent aujourd’hui en force tandis que s’affirme un besoin croissant de se rapprocher de la nature. “La moitié de la population de la planète vit actuellement en ville, constate Pascale Brousse, fondatrice de l’agence prospective Trend Sourcing, et on atteindra les 70 % d’ici à 2030 ! La numérisation galopante entraîne la nécessité de se reconnecter à la terre sous peine de perdre ses repères.” Pas étonnant que certaines entreprises fassent appel à des naturopathes le temps de micro-séminaires où l’on conseille, par exemple, aux salariés sur-­connectés de se passer les mains sous l’eau quelques secondes après un travail de longue durée devant un ordinateur, afin d’éliminer les mauvaises énergies et de rétablir un lien avec la biosphère… Sans parler du boom du jardinage, prescrit sans modération pour prévenir le burn-out, car s’absorber dans le travail végétal s’apparente à une forme de méditation où le flow, cet état mental atteint lorsque l’on est complètement plongé dans une activité, fait des merveilles contre l’anxiété. Pas étonnant non plus que l’on redécouvre dans le même temps les propriétés infinies des fleurs, qui réenchantent un monde plongé dans l’angoisse et la violence.

À la fois rares et accessibles, elles font du bien à l’œil, à l’esprit et au corps : “Elles sont présentes dans toutes les pharmacopées ancestrales et détiennent des qualités médicinales avérées, approuve Anne Vastel, directrice et cofondatrice de l’école d’herboristerie québécoise Flora Medicina. On peut les acheter séchées dans les boutiques spécialisées et les utiliser en bain de vapeur pour celles qui font de l’huile, comme la camomille, la lavande ou l’achillée mille­feuille. Leurs propriétés bénéfiques vont des soins de la peau aux problèmes liés au système digestif ou nerveux, et chaque région du globe a ses fleurs privilégiées.” Rose anglaise, immortelle corse, camélia japonais, pivoine chinoise, les traditions de chaque culture s’attachent en effet à des fleurs différentes mais toutes sont liées à une certaine idée du bonheur et du bien-être, et véhiculent un cocktail de poésie, de fraîcheur et d’optimisme. Une aubaine pour les laboratoires cosmétiques, toujours à l’affût de nouveaux actifs, de préférence aussi efficaces que glamour…“Avec les fleurs, on est pile dans l’air du temps, s’enthousiasme Marie-Line Serrier-Deglaire, directrice marketing de la marque Sanoflore, il y a une volonté de renouer avec la simplicité et d’avoir une lecture directe du produit, de consommer moins mais mieux et de pouvoir tracer les ingrédients.” La marque du groupe L’Oréal, présente sur le créneau depuis plus de trente ans, ne cesse d’ailleurs de redonner leurs lettres de noblesse à des actifs floraux disséqués minutieusement et dont on découvre de multiples bienfaits. “Notre bleuet Centaurea bio du ­Vercors, star de la gamme Regard Hypnotica, a d’abord été choisi pour ses propriétés apaisantes connues de longue date. Mais les outils d’analyse actuels ont aussi démontré qu’il protège des radicaux libres et renforce les cils !” Les fleurs ne nous ont donc pas livré tous leurs secrets.

Chez Chanel, on s’intéresse depuis longtemps aux propriétés du camélia, emblème de la marque dès les années 1910 et utilisé depuis la nuit des temps par les Japonaises pour son action anti-inflammatoire et anti-âge. En freinant la dégradation du collagène et en réduisant les pertes en eau de l’épiderme, son huile préserve et nourrit idéalement la peau. Des propriétés si exceptionnelles que la maison a choisi de construire son emblématique gamme Hydra Beauty autour du camélia. Même démarche chez Guerlain, qui vient de fêter les dix ans de sa gamme Orchidée Impériale. Cultivées et étudiées dans la propre serre du parfumeur à Genève et dans une réserve naturelle à Tianzi en Chine, les deux variétés d’orchidées utilisées dans le soin agissent sur les mécanismes qui provoquent l’inactivité des cellules. En sauve­gardant leur écosystème, elles accroissent l’espérance de vie cellulaire de la peau.

Quant à la rose apaisante, calmante et anti-âge, elle fleurit de toutes parts dans les soins du printemps : chez Lancôme bien sûr, dont elle reste l’actif phare, mais aussi chez Nuxe, Fresh, REN, Melvita ou la très pointue marque bio MŪN. Reste à savoir comment trouver “sa” fleur. “Nous sommes d’abord attirées par un parfum, mais surtout, plus inconsciemment, par ce dont notre corps et notre esprit ont besoin, explique Valérie Demars, aroma-­ parfumeuse. Énervées et stressées, nous nous dirigerons spontanément vers la lavande. Tristes ou de mauvaise humeur, vers un extrait de néroli. Déprimées ou fatiguées, nous choisirons l’ylang-ylang.” De quoi donner, plus que jamais, l’envie de cultiver son jardin… et de se promener dans les allées de l’exposition “Jardins” au Grand Palais.

Exposition “Jardins” jusqu’au 24 juillet au Grand Palais à Paris.
www.grandpalais.fr

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Robert Mapplethorpe, Poppy (1988), dye-transfer
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Robert Mapplethorpe, African Daisy (1982), dye transfer.
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Robert Mapplethorpe, Bird of Paradise (1981), tirage gélatino-argentique.

Les fleurs de Mapplethorpe  

Les fleurs ont occupé une place importante dans l’art de Robert Mapplethorpe (1946-1989), de 1973 à sa disparition. Sa connaissance approfondie de l’histoire de ce motif en peinture et ses compositions savantes lui ont fait renouveler l’esthétique et la perception de ce sujet classique et familier, devenu sous son regard beau, décadent, sombre et érotique. Le beau livre Flora : les fleurs de ­Mapplethorpe montre, en 275 photographies, la diversité de ses natures mortes et les différents formats utilisés par l’artiste.

Flora : les fleurs de ­Mapplethorpe
(éd. Phaidon, 2016, 175 €).

Shopping-List Fleurie

Baume Hydra Beauty Flash, ­
Chanel,
55 €.

 

Crème Orchidée Impériale,
Guerlain, 405 €.

 

Soin réparateur Absolue Precious Cells,
Lancôme, 187 €.

 

Lotion visage Hydratation Intense à la rose,
Fresh, 45 €.

 

Sérum Harmonie Divine,
L’Occitane, 181 €

 

Aqua Hypnotica,
Sanoflore, 16 €.

 

Tonique The Jasmine ­Garden,
May Lindstrom, 78 € sur www.bazar-bio.fr

 

Baume de nuit jeunesse Aromessence Magnolia,
Decléor, 48 €.

 

Crème huile Nectar aux 8 fleurs,
Darphin, 79,80 €.

 

Crème de nuit aux Élixirs ­Floraux du Bush Australien,
Love System, 37,80 €.

 

Tonique The Jasmine ­Garden,
May Lindstrom, 78 € sur www.bazar-bio.fr

 

Crème aux fleurs,
Léonor Greyl, 23 €.

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