Voyages

Et Riva... créa la mer

by Philippe Combres
26.07.2017
Quelles autres embarcations incarnent à ce point les plaisirs qu’offrent les rivages de la Côte d’Azur ? Plus que des yachts élégants et rapides, ces bateaux au pont en acajou symbolisent un style de vie. Rencontre avec l’héritière d’une marque légendaire.

L’Aquarama, le bateau créé par le génial ingénieur disparu en avril 2017 Carlo Riva, symbolise à lui tout seul la dolce vita et le glamour du Saint-Trop’ des sixties. Il est devenu l’icône de l’élégance de la French Riviera en séduisant Brigitte Bardot pour ses baignades privées au large de sa Madrague, mais aussi tout ce que l’on comptait comme égéries les plus chic du cinéma et du show-biz des années 1960, et les reines, princesses et sultans, suivis par toute la jet-set internationale. Lors de la soixante-dixième édition du Festival de Cannes, nous avons rencontré Lia Riva, l’héritière de la plus célèbre enseigne du luxe motonautique.

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Brigitte Bardot à Saint-Tropez en 1962.
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Lia Riva sur son Aquariva, lors du dernier Festival de Cannes.
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Le play-boy Gunter Sachs sur son Riva Ariston, à SaintTropez.
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Carlo et Lia Riva. Anita Ekberg sur un Riva Tritone n° 142, en 1960.

Vous étiez à Cannes pendant le Festival, le cinéma est-il toujours aussi important pour Riva ?

Lia Riva : C’est majeur pour nous d’être au Festival de Cannes, de perpétuer la tradition et de prolonger l’amour entre le cinéma et Riva depuis les années 1960. Parmi toutes les stars de cinéma qui ont adopté nos bateaux, lorsque je suis ici, à Cannes, sur le ponton du Majestic, je pense à Anita Ekberg, la protagoniste de La Dolce Vita, sur les sièges zébrés de son Tritone. Nous sommes d’ailleurs en cours de montage d’un film avec tous les extraits où notre bateau apparaît au cinéma, de James Bond à Georges Clooney.

 

 

Les Riva classiques en bois ne sont désormais plus fabriqués. Comment gérez-vous cet héritage laissé par votre père, qui vient de nous quitter à l’âge de 95 ans ?

Bien que Riva soit passée sous pavillon chinois, je continue à faire restaurer avec amour la flotte de prestigieux propriétaires et je dirige Monaco Boat Service, créée à Monaco en 1959. Mon père avait eu l’idée révolutionnaire de creuser un tunnel dans la roche, sous le palais Grimaldi, qui pouvait abriter une centaine de bateaux. Nous avons des bureaux à Monaco, Saint-Tropez et Cannes. L’Aquariva que nous proposons aujourd’hui est l’héritier direct de l’Aquarama, il est en fibre de verre bien sûr, équipé de la technologie d’avant-garde, mais nous avons conservé le pont en acajou, pour son côté vintage et reconnaissable entre tous. Un peu comme dans les maisons de couture, lorsque les modèles évoluent tout en respectant les fondamentaux de la marque.

 

 

Pensez-vous justement à des collaborations avec des marques de mode ?

Oui et non (rires), car la mode change beaucoup, même s’il y a de prestigieuses maisons de luxe qui ont su garder leur âme. Nous préférons nous concentrer sur nos savoirfaire et réaliser, par exemple, une ligne de mobilier et des lampes inspirées du monde Riva. Nous avons maintenant nos lunettes de soleil monogrammées, produites en édition limité avec le lunetier italien Avrone. Nous avons aussi créé une ligne de bijoux avec Vhernier, évoquant la couleur Aquamarine Blue des banquettes et du volant de l’Aquarama – couleur choisie par mes parents alors qu’ils se promenaient sur les Champs-Élysées : ma mère était tombée en admiration en voyant ce turquoise sur une robe. Nous nous sommes aussi associés à l’icône “terrestre” de la dolce vita et avons lancé la Fiat 500 Riva. Notre équipe de designers a conçu l’intérieur, avec un tableau de bord en acajou et des lignes turquoise supposées montrer la ligne d’eau du plus petit yacht au monde.

 

 

Vous vous intéressez beaucoup à l’art, notamment contemporain ; êtes-vous aussi collectionneuse ?

J’aime à découvrir de nouveaux artistes, je vais à Art Basel tous les ans. J’ai organisé de nombreuses expositions mettant en scène l’univers du nautisme à Venise, à l’Arsenal et au musée d’Histoire navale, c’était magnifique d’assister au dialogue d’œuvres récentes avec des bateaux de plus de trois cents ans. Je soutiens aussi Artmonte-carlo, une jeune foire qui monte. Nous avons aussi réalisé un Riva en édition limitée en collaboration avec le designer Marc Newson et le galeriste Larry Gagosian. La marraine était la princesse Caroline, qui préside le Nouveau Musée national de Monaco. En hommage à mon père, je vais d’ailleurs créer le prix CarloRiva et c’est l’artiste Mimmo Paladino qui en réalisera le premier trophée.

 

 

Comment voyez-vous l’avenir du marché du nautisme actuel ?

J’apprécie particulièrement le monde de l’art et du design, avec lequel je partage la même passion et le même plaisir pour l’art du nautisme, à mille lieues de certains qui utilisent désormais le bateau comme un statut “symbole” et non comme un style de vie. Riva, c’est le mythe d’un plaisir qui perdure, comme le dernier samedi de juillet, avec le Riva Runabout de SaintTropez, une manifestation qui réunit des dizaines de bateaux sur la plage des Jumeaux en l’honneur d’un bateau qui représente l’identité du village.

 

 

www.riva-mbs.com

Vidéo par Marc Beyney-Sonier

RIVA par son héritière Lia RIVA

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