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Oscars 2018 : le changement, c’est toujours maintenant ?

Forte d’une assemblée de quelque sept mille votants, rajeunis et plus représentatifs d’une vraie diversité – et sans le machiavélisme de Harvey Weinstein, qui a jadis permis à tant de sélectionnés de l’emporter, la cérémonie des Oscars 2018 devrait réserver quelques surprises.
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Le 4 mars, lors de la remise des trophées, on espère que Lady Bird, réalisé par Greta Gerwig (voir p. 142), un des rares films nominés (cinq fois !) réalisé par une femme, et qui évite si bien les pièges formels du cinéma made in Sundance, ne se contentera pas du meilleur scénario. Idem pour l’audacieux quoique chichiteux Dunkerque de Christopher Nolan. Repartira-t-il enfin avec une autre statuette que celle du meilleur mixage pour son ingénieur du son ? On croise les doigts pour Sally Hawkins, qui ne dit pas un mot dans la méta-romance La Forme de l’eau, de Guillermo del Toro, nominée treize fois, et si on vous a déjà tout dit sur Call Me by Your Name de Luca Guadagnino, Get Out de Jordan Peele et Pentagon Papers de Steven Spielberg, répétons quel plaisir ce fut de voir Gary Oldman et sa prothèse faciale incarner Churchill dans Les Heures sombres de Joe Wright, trente ans après que l’acteur eut interprété Sid Vicious, un autre Anglais effronté. Anglais toujours, Daniel Day-Lewis entre dans la compétition pour ce qui sera, d’après lui, son dernier rôle : celui du grand couturier Woodcock dans Phantom Thread de Paul Thomas Anderson, un personnage tout aussi perfectionniste maniaque que l’acteur qui l’interprète… Un autre record à signaler : pas moins de neuf nominés dans la catégorie “meilleur film”, un bon indicateur de l’excellence du cru 2018. Côté ambiance, la cérémonie des Golden Globes avait mis visuellement la gomme avec une assemblée entièrement vêtue de noir à la demande du collectif Time’s Up, pour manifester son soutien aux victimes de harcèlement, et un discours d’Oprah Winfrey à réveiller les morts. On imagine que les mythiques Oscars ne seront pas en reste et trouveront un gimmick de ralliement et des discours post-Trump et post-Weinstein à la hauteur. Reste enfin à espérer que, cette année, personne ne se trompe d’enveloppe.

 

Illustration Frédéric Fleury

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