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Lilliya Scarlett Reid : "Mes peintures ne sont pas vraiment faciles pour les yeux"

Mannequin, peintre et actrice, elle crève l’écran dans la nouvelle série horrifique de Netflix : “Chambers”. Face à Uma Thurman, l’Américaine de 18 ans impose un visage mélancolique et mystérieux qui devrait hypnotiser bien d’autres réalisateurs...
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Si l’on regarde les peintures postées sur le compte instagram de Lilliya Scarlett Reid, on aura du mal à imaginer que derrière ces faciès torturés proches d’un Francis Bacon ou d’un Egon Schiele se cache une jeune et jolie fille de 18 ans. C’est que Lilliya a plusieurs visages. Celui de mannequin d’abord, qui a posé notamment pour Versus Versace. Celui d’actrice aussi dont le charisme explose dans la nouvelle série de Netflix, Chambers, aux côtés d’Uma Thurman. Elle partage d’ailleurs avec l’héroïne de Pulp Fiction et Kill Bill une aura étrange et fascinante de blonde aux yeux tristes, plus intello que bimbo ; dans Chambers, son rôle est celui d’un fantôme proche d’une Laura Palmer : décédée mais terriblement vivante dans sa manière de hanter l’écran. Enfin, Lilliya est une artiste, comme l’était son grand-père, le peintre John Egner. “Je viens d’une famille d’artistes, nous raconte-t-elle. Ma sœur aînée, Alaska, est une songwriteuse et une musicienne incroyablement talentueuse. Mes parents sont écrivains. J’ai l’impression qu’ils m’ont aidée à cultiver un intérêt pour l’art, la musique et le cinéma.” Mais difficile de savoir pour autant d’où lui vient cet attrait pour les visages déformés et autres parties du corps terrifiantes aux couleurs sanguinolentes qu’elle représente sur ses tableaux. “C’est tout ce que je peux peindre pour le moment, explique la jeune fille. Je ne peux pas dire pourquoi mais ce sont les gens que j’ai dans ma tête. Parfois, je regarde des images chirurgicales, ou d’autopsies, pour m’inspirer. Je suis consciente que mes peintures ne sont pas vraiment ’faciles pour les yeux’, et elles sont probablement l’antithèse de ce que l’on pourrait souhaiter accrocher dans sa chambre. Mais hélas, c’est tout ce que je peux faire. J’espère quand même que les gens peuvent trouver de la beauté en elles. Je suis très obsédée par les couleurs du corps humain. Sang frais, sang séché, chair et meurtrissures, mais aussi par les couleurs plus vives qui ne sont pas du tout organiques.”

La cuisine des couleurs

Pourtant, adolescente, l’Américaine, qui a grandi dans le Montana avant de déménager à Los Angeles, avait des rêves beaucoup moins cauchemardesques : elle voulait devenir chef. “La nourriture et les livres de cuisine me passionnent depuis toujours. Je pensais vraiment que je pourrais faire carrière dans le monde culinaire. J’ai même travaillé dans deux très bons restaurants à Los Angeles. Aujourd’hui, je ne cuisine plus professionnellement, mais cela reste un grand plaisir. J’aime faire à manger pour ma famille et mes amis. Qui sait... j’ouvrirai peut-être un restaurant quand je serai plus vieille.” Y a-t-il un lien entre la cuisine et la peinture ? “Dans les deux cas, vous mélangez des ingrédients et devez acquérir un sens de l’équilibre. Pour moi, ce sont deux choses instinctives. Je ne comprends pas les gens qui disent ne pas savoir cuisiner, mais bon, moi, je ne pige rien aux mathématiques !” Ah !, enfin un domaine où la jeune prodige n’excelle pas.

 

Ses peintres fétiches : Philip Guston, Egon Schiele, Henri de Toulouse-Lautrec, Henry Darger et Lucian Freud.
Ses films préférés : Le Silence des agneaux de Jonathan Demme et Border d’Ali Abbasi.
Sa musique : de la country ! Merle Haggard, Tanya Tucker, Loretta Lynn, John Prine. Mais aussi Captain Beefheart,
Charles Mingus, The Pixies. Elle aime également le métal.
Son livre de chevet : Le Chant du bourreau de Norman Mailer. Elle aime aussi les ouvrages de James Ellroy, Vicki Hendricks et Harry Crews.

Lilliya Scarlett Reid on painting, drawing and sculpting - JALOUSE

Video directed by : @jamesonpepper

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