Pop Culture

6 start-ups allemandes à la conquête du monde

by Edson Pannier
01.06.2017
Le « modèle germanique » ne se limite pas aux seuls exploits de la Mannschaft ou au lustre d’une carrosserie griffée. Dans la course aux nouveaux business, l’Allemagne a là aussi un tour d’avance. Explications.

Pendant que l’on s’échauffait vaguement lors des présidentielles sur la question d’un « revenu universel d’existence », une start-up le mettait déjà en pratique outre-Rhin. Grâce à un système de financement par- ticipatif, « Mein Grundeinkommen » (Mon revenu de base, en VF) distribue aléatoirement une rente de 1 000 euros par mois à des citoyens tirés au sort sur le net façon « roue de la fortune ». Une initiative que d’aucuns qualifieront d’osée dans un pays où le travail est d’or... et qui soulève de nombreuses ques- tions en pleine campagne législative. Mais après tout, s’il est un domaine dans lequel nos voisins excellent, c’est bien d’être là où ne les attend pas. En matière d’innovation, l’Allemagne ne se refuse rien et, là encore, on loue jusqu’à l’excès les vertus du sacro- saint « modèle allemand » qui applaudit les preneurs de risques. Parmi ceux-là, l’usine à créer des start-up Rocket Internet figure en tête de peloton. L’entreprise, valorisée à 3 milliards d’euros, détient des participa- tions dans Zalando, Foodora, eDarling et la nouvelle génération des start-up à succès. Elle revendique, toutes sociétés confondues, quelque 36 000 employés répartis dans 110 pays à travers six continents. Une réussite qui sonne comme une douce mélodie aux oreilles des investisseurs.

 

 

Connecting people

En 2015, les start-up allemandes ont bénéficié de plus de 3 milliards d’euros d’investissements, dont plus de la moitié octroyés à des entreprises berlinoises. La ville, qui dispute constamment à Londres et Paris le titre de capitale européenne des start-up, voit éclore une nou- velle société toutes les vingt minutes. « Le pays a une longue tradition entrepreneuriale qui remonte à la première révolution industrielle. C’est cette tradition qui a fait de l’Allemagne la troisième économie mon- diale », rappelle fièrement Lukas Kampfmann, cofon- dateur de Factory Berlin. Son campus de 16 000 m2, inauguré par Google en 2014 à l’emplacement du mur de Berlin, a l’ambition assumée de connecter les jeunes pousses de la new tech et les géants du web. « Notre rôle, c’est de faire en sorte que les bonnes personnes se rencontrent : des entrepreneurs à la recherche d’investisseurs, des freelances en mal de job, des grosses boîtes à l’affût d’idées neuves et de marchés novateurs. » Parmi les résidents les plus célèbres de la Factory, on peut citer SoundCloud ou encore 6Wunderkinder, le logiciel racheté en 2015 par Microsoft, mais aussi les antennes locales de Twitter, Uber ou Pinterest, excusez du peu. Et cela ne semble pas près de s’arrêter : « Aujourd’hui, nous avons un fantastique écosystème pour démarrer de nouvelles entreprises digitales, estime Kampfmann. Le coût de la vie, notamment à Berlin, est tout à fait raisonnable, nous avons à la fois les fonds de capital-risque clas- sique et de l’investissement corporate, nous sommes au cœur d’un marché très attractif : l’Union euro- péenne et nous attirons de plus en plus de talents de renommée mondiale venus des États-Unis et du Royaume-Uni depuis l’élection de Trump et le réfé- rendum du Brexit. » Ne dit-on pas que le malheur des uns fait le bonheur des autres ? 

 

 

 

SOUNDCLOUD 

Année de création : 2007.

Fondateurs : Eric Wahlforss et Alexander Ljung.

Le concept : plate-forme de distribution de musique sur internet.

Utilisateurs : 47 000 000 inscrits, 175 000 000 auditeurs uniques par mois.

650 M€ en valorisation boursière.

Effectifs : 300 employés.

Catalogue : 125 000 000 titres.

 

 

 

ZALANDO 

Année de création : 2008.

Fondateurs : Rubin Ritter, David Schneider et Robert Gentz.

Le concept : entreprise de e-commerce spécialisée dans la vente de vêtements et d’accessoires.

Utilisateurs : 20 000 000 clients, 131 000 000 visites par mois.

3,6 Mds € de chiffre d’affaires en 2016.

Effectifs : 9 500 employés.

Catalogue : 1 500 marques, 150 000 articles.

FOODORA 

Année de création : 2014.

Fondateurs : Konstantin Mehl, Manuel Thurner, Stefan Rothlehner, Sergei Krauze, Emmanuel Pallua, Eduardo Goes, Rodrigo Sampaio
et Julian Dames.

.Le concept : société de livraison de repas à domicile.

Temps moyen de livraison : 30 minutes.

150 M € de volume de transactions réalisées en 2016.

Effectif : 450 employés.

Catalogue : 6 500 restaurants.

 

 

 

EDARLING

 

Année de création : 2008.

Fondateurs : David Khalil, Lukas Brosseder et Christian Vollmann.

.Le concept : site de rencontre par affinités.

Utilisateurs : 13 millions en février 2017.

Tarif : dès 24,90 € par mois pour 1 an d'engagement. 

Effectif : 320 employés de 40 nationalités différentes.

Méthode : 280 questions posées aux inscrits.

 

 

DELIVERY HERO 

Année de création : 2011.

Fondateur : Niklas Östberg.

.Le concept : site de restauration en ligne spécialisé dans la livraison de repas.

300 M € de chiffre d’affaires en 2015.

2,8 Mds € de valorisation boursière.

Effectif : 5000 employés.

Catalogue : 300 000 restaurants.

 

 

 

GLOBAL FASHION GROUP 

Année de création : 2011.

Fondateur : Romain Voog.

.Le concept : site de vente de vêtements
et accessoires en ligne. 

930 M € de chiffre d’affaires en 2015.

Effectif : 9 000 employés.

Catalogue : 3000 marques.

Utilisateurs : 10 000 000 de clients par an.

 

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