PHILANTHROPIE

Pour lutter contre la destruction de la biodiversité, Audemars Piguet replante des arbres

Encourager l’éducation des enfants, sauvegarder la biodiversité et les écosystèmes, maîtriser l’eau, protéger le patrimoine culturel, préserver les ressources naturelles, miser sur les productions durables et soutenir les plus défavorisés... la liste des actions menées pour défendre la planète et ses habitants est sans fin. À côté des associations et des ONG, le luxe s’engage et prouve qu’il a un rôle à jouer.
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L’arme magique de la Fondation Audemars Piguet pour lutter contre la destruction de la biodiversité ? Ce sont les arbres, et d’autres variétés traditionnelles, qu’elle replante, mobilisant, ici et là, les populations rurales. À Ranobe, au sud-est de Madagascar, elle a financé le programme de l’ONG suisse ProAct Network sur dix sites prioritaires. Sur les terres réhabilitées, de nouvelles récoltes ont fleuri, améliorant les revenus des habitants. Au Brésil, avec l’Entraide protestante suisse, elle a fait pousser sur les terres de Cerrado, ravagées par l’activité minière, les brûlis et la monoculture, des pépinières familiales, formant les jeunes agriculteurs et sortant les familles de la spirale de la pauvreté. La formation des communautés locales, c’est l’un des volets du Projet Salvador, mis au point par l’ONG One Drop du fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, que la fondation soutient, qui a sensibilisé 500 jeunes lors d’ateliers pédagogiques. De la plantation de 12 000 arbres pour freiner l’érosion à l’alimentation des familles en produits frais via la construction de 200 fours de cuisson, économes en bois de chauffage, c’est toute la chaîne qui est visée. En Inde, on commence dès le plus jeune âge : aidés par l’ONG Humana People to People, 10 000 enfants ont mis les mains dans la terre, replantant des arbres dans les pépinières de dix villes de l’Haryana et du Madhya Pradesh. A.L
 

... Tout a commencé en Suisse pour un certain horloger

Lorsque, au début des années 1990, Audemars Piguet, l’horloger du Brassus, en Suisse, s’attelle aux modalités de célébration des 20 ans de son modèle phare, la “Royal Oak”, sa réflexion le guide vers le terroir d’où sont issus ses précieux garde-temps: la vallée de Joux et les régions alentour. Durant des générations, les habitants des lieux – des fermiers qui, en (longue) période hivernale, s’adonnaient à une activité de mécanique de précision, l’horlogerie –, les exploitèrent, abattant massivement les arbres avant de prendre conscience de leur geste et de tenter d’y remédier en appliquant un plan minutieux de reboisement.

Les forêts de la vallée, ressuscitées par les initiatives des “anciens”, incarneront alors le fer de lance du combat mené par Audemars Piguet. “Mon père, Jacques-Louis Audemars, a souhaité réaliser un projet durable et non une simple action de communication”, indique Jasmine Audemars, présidente du conseil d’administration. “Ce paysage nous inspire et nourrit notre esprit d’entreprise, nous avons donc souhaité participer au maintien dans le monde de tels environnements naturels”, poursuit elle. Inaugurée en 1992 à l’initiative de Jacques-Louis Audemars – arrière-petit-fils du cocréateur de la maison d’horlogerie de luxe –, la Fondation Audemars Piguet mène depuis de solides projets en faveur de la conservation des forêts dans le monde. À ce jour, 121 projets ont été menés dans 49 pays (20 sont actuellement en cours dans 14 pays), à l’exception de l’Australie, du fait de l’absence de réalisations pertinentes. Sur quels critères ces projets sont-ils sélectionnés? “Nous retenons en général des projets qui disposent de peu de visibilité, et pour lesquels notre implication fait la différence”, précise Olivier Audemars, vice-président de la Maison. L’action porte ainsi sur la biodiversité, mais s’adresse également aux populations locales, avec le souci de maintenir des savoir faire et de sensibiliser des enfants à l’environnement. “Nous désirons permettre aux habitants de conserver leurs terres ancestrales menacées, en communiquant les savoirs nécessaires à la culture écologique”, souligne Jasmine Audemars.

Au-delà de l’action de pure sauvegarde, l’intervention de la Fondation à la source des dysfonctionnements via l’autonomisation des populations concernées veut anticiper sur la transmission du patrimoine naturel aux futures générations. Car il peut également s’agir de financer les actions juridiques idoines afin de permettre à des populations de lutter contre des gouvernements favorisant la déforestation. Ainsi, en s’appuyant sur la collaboration scientifique de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), organisme rassemblant un millier de membres gouvernementaux et non-gouvernementaux chargés des questions de conservation, la Fondation Audemars Piguet s’est forgé une image dont la rigueur et la qualité inspirent d’autres entreprises à envisager une nouvelle approche de la question écologique. Y.B
 

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