Horlogerie

Richard Mille : ici naît le futur

by Hervé Gallet
30.06.2017
Derrière ces murs et ces fenêtres à l’apparence sage, sont imaginées, conçues et fabriquées les montres Richard Mille. Des pièces figurant parmi les plus innovantes du monde de l’horlogerie.

Et non ! Malgré leur look “science-fictionnesque”, leur technicité extraterrestre et leur légèreté surnaturelle, les montres Richard Mille ne proviennent pas d’une planète aussi lointaine qu’inconnue. C’est, en effet, dans une petite commune du Jura suisse, Les Breuleux, que se dresse la manufacture. C’est bien là que naissent ces ovnis horlogers que s’arrachent les collectionneurs, accumulant les superlatifs et appar aissant comme un fantasme inaccessible aux communs des mortels. 

Inutile de faire un dessin : les montres Richard Mille tutoient les sommets en termes de performances, de rareté… et de prix. Pourtant, pour effectuer le voyage spatio-temporel menant au cœur de cet univers mystérieux, il suffit de pousser une porte. Celle d’un bâtiment moderne aux formes géométriques toutes simples, relié par une passerelle à une bâtisse plus ancienne portant l’inscription « Montres Valgine ». Ce simple tour d’horizon initial résume presque à lui seul l’esprit maison : le mariage du passé et du futur, mais aussi l’union des talents. 

Le passé, c’est celui d’une saga familiale, l’histoire de l’ami et partenaire de Richard Mille (l’homme, pas la marque), Dominique Guenat, président d’une entreprise horlogère centenaire, Guenat S.A. Montre Valgine. Associés depuis l’aube du troisième millénaire au sein de la société Horométrie, ils ont lancé ensemble la RM 001 en 2001, premier pas d’une incomparable aventure industrielle et d’une réussite économico-médiatique sans équivalent.

Le futur, c’est la vision qu’ont eue les deux hommes dès le lancement de la nouvelle marque et, surtout, l’ambition qui fut la leur, de concevoir des montres différentes. Un concept du « toujours plus ». 

Pour résumer, Richard Mille voulait créer les montres de ses rêves, sans se préoccuper des coûts de production. La méthode du « Quand on veut, on peut »… Nul doute que depuis 2001, bien des ingénieurs et des horlogers ont dû frémir lorsqu’ils ont vu le boss s’approcher d’eux et leur dire : « Je viens d’avoir une idée… » Des « briefs challengeants » (doux euphémisme), comme en 2003, lorsqu’il conçut la RM 008, premier chronographe emblématique de la marque qui impressionna d’emblée par son ambition et son audace, tant esthétiques que technologiques. Ce modèle allait avoir pour héritiers des pièces aussi hors normes que la RM 050 Felipe Massa, capable de résister à l’ouragan d’un Grand Prix de F1, dont le boîtier était fabriqué dans un polymère injecté de nanotubes de carbone ; ou encore la RM 27-03 Tourbillon Rafael Nadal en Carbone TPT® et Quartz TPT®, dont le mouvement résiste à des chocs de 10 000 g. 

Ces montres d’exception avaient certes été réalisées en partie avec des partenaires extérieurs, disposant de connaissances et de capacités spécifiques, mais Richard Mille a toujours voulu travailler « chez lui ». Chez lui, c’est donc aux Breuleux, dans ces deux bâtisses précédemment décrites auxquelles s’est ajouté, en 2013, un troisième site de 3 000 m2, baptisé « ProArt », installé tout à côté. 

 

Suivez le guide

Le premier bâtiment par lequel on accède à la planète Richard Mille réunit l’accueil, les bureaux de Dominique Guenat et de sa direction. à l’étage travaillent une quarantaine d’horlogers en charge de l’assemblage des montres et les jeunes en formation. En traversant la passerelle, le bâtiment historique de la famille Guenat accueille les spécialistes du contrôle et du SAV et le département Recherche & Développement. Un lieu central et vital pour le fonctionnement de l’entreprise.

Quelques hectomètres plus bas dans le village, ProArt ne vit qu’au futur. C’est dans cet espace stratégique de la galaxie Richard Mille (une usine extrême pour des produits extrêmes, dit-on au sein des équipes) que sont fabriquées la plupart des pièces essentielles – boîtiers, lunettes, platines, ponts, sans oublier vis, roues et autres pièces décolletées. Ce que l’on remarque en premier, c’est l’étonnante quantité de machines-outils, parmi lesquelles dominent les appareils CNC multiaxes capables de sculpter des chefs-d’œuvre de dentelle à partir d’un bloc de métal, sans même parler des capacités de fabrication à partir de Carbone et Quartz TPT®.

Seuls quelques milliers de montres sortent chaque année de la manufacture, toutes fabriquées en petites séries, mais la grande variété des modèles impose de disposer de grosses infrastructures et de moyens techniques très importants. Mais, cela suppose aussi des partenariats avec des spécialistes des technologies de pointe, comme ceux de l’université de Manchester, de McLaren Applied Technologies et de la société anglaise North Thin Ply Technology qui ont, par exemple, permis la conception de la RM 50-03 McLaren F1 taillée dans un Carbone TPT® injecté de graphène.

Toutefois, l’extrême modernité de ces équipements, dont certains ne sont pas dévoilés afin de préserver un voile de secret, côtoie de près la tradition horlogère et l’artisanat le plus pur. On trouve en particulier un grand nombre de polisseurs qui, dans une intense concentration, travaillent à la main pour donner aux pièces un rendu esthétique absolument irréprochable. Une exigence que l’on retrouve à chaque étape de fabrication. « Chaque montre Richard Mille subit les contrôles qualité les plus pointus jamais réalisés jusqu’alors dans la profession », estime-t-on au sein de la manufacture. Au-delà d’une observation visuelle stricte de chaque composant qui permet de vérifier leur perfection, un programme informatique a été mis au point pour suivre chaque pièce dans le processus du contrôle qualité. « Nous voulons vérifier que tous les critères fonctionnels et esthétiques sont obtenus et une fois la montre assemblée, toutes les fonctions sont testées avec la plus extrême attention et vérifiées jusqu’à cinquante fois. »

Pour la manufacture, l’objectif est de continuer à créer des montres toujours plus étonnantes et spectaculaires. Toujours plus Richard Mille, pourrait-on dire…

Valgine manufacture (4).jpg
manufacture Valgine
Valgine manufacture (7).jpg
manufacture Valgine
_DSC1858.jpg
manufacture Valgine
_DSC1884.jpg
_DSC1889.jpg
_DSC1945 - copie.jpg
Watchmaker at work 3.jpg
Watchmaker at work 5.jpg
Watchmaker at work 6.jpg
IMDG1502.jpg
IMDG1521_1.jpg
Capture d’écran 2017-06-30 à 16.30.46.png
Dominique Guenat

Partager l’article

Articles associés

Recommandé pour vous