Femmes

Qui se cache derrière Saks Potts ?

Dans la famille des jeunes créateurs, nous demandons Kevin Germanier, Ryan LO, ShuShu/Tong, Rok Hwang et Saks Potts. Une nouvelle vague de designers qui fait voler en éclats tous les codes de la féminité.
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Partant du postulat que certaines modes sont faites pour durer, les deux complices Cathrine Saks et Barbara Potts, deux Danoises de 25 ans, ont pris, en un éclair, la tête de la jeune garde de leur pays. 

L’histoire commence par des manteaux, longs, bonbons, parfois cintrés à la 1940, parfois tube à la 1960 – parions que si Margot Tenenbaum avait réellement vécu, elle aurait visité le Grand Nord en Saks Potts –, et se poursuit cinq ans plus tard avec des cache-cœurs bleach sur cyclistes, des combinaisons à paillettes et des robes à imprimé rébus. 

Diplômée de l’Université de Copenhague en design de mode et tailoring, Cathrine se charge de la modélisation quand Barbara, avec son grade de la même école en histoire de l’art, peaufine l’ADN : parfois vintage, toujours nerd, à jamais impertinent. 

Ainsi, c’est avec un défilé clin d’œil au pape photographe de l’insolite, Martin Parr, présenté en août 2017 à Copenhague, que Saks Potts emballe le milieu. Baptisée “Tourist”, la collection abuse du second degré sans jamais échouer sur les rives (sempiternelles) du normcore. Et c’est précisément cet attachement au “bizarre”, jamais banal, que les deux jeunes femmes cultivent depuis. 

Oser une soie Années folles en vert olive. Glisser un body logotomisé sous son pardessus trapèze vichy. Déranger les petites habitudes sans porter atteinte au sacro-saint de la mode – des belles coupes et puis s’en vont. Personne n’y rechigne, ni Beyoncé, ni Lady Gaga, ni Rihanna, dont on retiendra le shearling lavande au concert de Big Sean à Tokyo, et encore moins la crème de l’emarketing, Net-à-Porter, Matches Fashion et My-theresa en tête de liste. D’autant que la jeune maison, consacrée Marque de l’année lors des Elle Style Awards 2018, est fraîchement passée à l’heure du quasi no-fur. 

En lieu et place? Des matières cinématiques comme la plume, taillée en doudoune à boudins imprimée ou délavée façon “eau de Javel tout feu tout flamme”. Qu’on portera sur la plage par grand beau temps, évidemment. 

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