Femmes

Kaia Gerber doit-elle vraiment tout faire comme sa mère ?

Lors des dernières fashion weeks, on l’attendait telle une star, comme si Kaia Gerber, 16 ans et 2,3 millions de followers sur Instagram, comptait déjà parmi les éminences de la mode. On risque peu en misant gros sur l’héritière de Cindy Crawford.
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Notre histoire commence à New York, le 7 septembre dernier. Jusque-là entraperçue lors de rares sorties médiatiques – quelques couvertures pour des magazines de mode amis de sa mère, Cindy Crawford –, Kaia Gerber explose à la face du monde sur le catwalk du second défilé de Raf Simons pour Calvin Klein, “205W39NYC”. Le web se déchaîne, les tweets se multiplient, la planète Instagram s’enflamme. On n’avait pas vu ça depuis Kendall Jenner. Vingtquatre heures plus tard, la millennial transforme l’essai chez Alexander Wang, puis ses prestations chez Fenty par Rihanna et Coach achèvent d’achever son sacre.

Quand nous la croisons à Milan quelques jours après, dans le lobby d’un palace de la Piazza della Repubblica, en compagnie de sa mère et de son frère, la très adolescente Kaia Gerber n’a donc que quatre défilés à son actif, mais elle est plus bankable que n’importe quel autre mannequin du circuit. Kaia Gerber était en ville et c’est à une autre légende vivante, Karl Lagerfeld, qu’elle offrirait son premier passage en terre milanaise, au défilé Fendi. 

Il y a peu de chance, pourtant, que l’histoire retienne ce détail. Elle préférera sans doute le tableau offert par Donatella Versace, le lendemain : la mère et la fille réunies sur le même podium, en hommage à Gianni Versace, décédé vingt ans plus tôt. L’une ouvre le bal, l’autre le clôt avec Naomi Campbell, Claudia Schiffer, Carla Bruni et Helena Christensen, comme surgies d’un temps où la mode n’avait jamais froid aux yeux.

Le style en héritage

Le couple se dit “oui” en 1998 ; un an plus tard, un premier enfant voit le jour, Presley, qui deviendra mannequin lui aussi. Kaia, la petite dernière, est une millennial pur jus : née au début des années 2000, en plein boom de la génération Y, elle grandit avec tout l’arsenal qui a fait des soeurs Hadid et Jenner les phénomènes que l’on connaît. Ainsi, elle crée son compte Instagram en 2012, à l’âge de 11 ans, et son compte Twitter en 2014. Presley aussi planche très tôt sur le sujet, et alimente ses réseaux sociaux de selfies avec sa soeur ou ses copains Jordan Barrett et Lucky Blue Smith, de photos de ses parents, de la villa familiale à Malibu, de souvenirs de vacances en Afrique, au Pérou ou à Anguilla…

Accroître l'aura

Chacun à sa manière nourrit le mythe de la golden family Gerber embarquant dès qu’elle le peut dans le jet privé paternel pour quelques jours de farniente à Saint-Barth ou à Cabo San Lucas, leur autre repère mexicain. C’est là aussi, en février 2016, que Cindy Crawford fête ses 50 printemps… Luxe, calme et volupté : pas un mot de plus. Le clan Gerber, ses enfants en tête, renvoie à ces 6 millions d’admirateurs réunis le reflet lustré et poli d’une vie de privilégiés, de quoi nourrir les fantasmes, accroître l’aura, sans frôler l’intrusion. Car, en coulisses, Cindy Crawford et sa moitié veillent au grain. Une vie publique avant l’âge de raison ? Oui. Les indiscrétions qui vont avec ? Non. L’ex-supermodel dresse pour chacun de ses deux enfants un véritable plan de carrière : aucun de leurs shootings ou défilés ne se fait hors du giron parental. Ainsi, quand Kaia Gerber pose pour la première fois dans une campagne de pub, en 2012, c’est pour une marque amie de la famille, Versace. Idem pour le récent contrat des deux rejetons Gerber avec l’horloger Omega, dont Cindy Crawford est une figure récurrente depuis 1995.

Chacune de leurs apparitions est teintée du même professionnalisme frôlant l’académisme, comme un écho lointain de ce que leur mère a été – et qu’une décennie de castings dans la rue, de strange & freaky cultures dans le mannequinat ont tenté d’effacer – : une légende trônant sur un piédestal, une vision au pied de la lettre du top “modèle”, si tant est que les modèles soient des dieux vivants de l’Olympe nourris à l’ambroisie… L’avenir nous dira si, la maturité venue, ils choisiront d’écrire leur propre mythe.

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Crédits photo, de haut en bas : Neil Rasmus/BFA/REX/Shutterstock, Ron Galella/WireImage, Victor Virgile/Gamma-Rapho via Getty Images, Marcio Madeira, Pascal Le Segretain/Getty Images/AFP.

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