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Qui se cache derrière The Vampire’s Wife ?

Avec The Vampire’s Wife – marque romantico-rétro dont Sienna Miller et Keira Knightley, entre autres, sont mordues – Susie Cave, l’épouse de Nick, est passée du statut de muse à celui de créatrice. Aujourd’hui, ses robes ont conquis les tapis rouges.
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"La première fois que j’ai vu Susie, c’était au Victoria and Albert Museum en 1997, elle est arrivée, et toutes les choses qui m’obsédaient depuis des années, des photos de stars de cinéma – Jenny Agutter dans l’eau, Anita Ekberg dans la fontaine, Ali MacGraw dans ses collants noirs, Barbara Eden et Elizabeth Montgomery et Abigail, les compétitions de Miss World, Greta Garbo et Jennifer Jones et les ballerines du Bolchoï et les gymnastes russes, les Naissance de Vénus de Botticelli et Boucher, les jeunes filles à la piscine de Wangaratta allongées sur le béton chaud, toutes les choses entendues, vues, lues et ressenties, Carolyn Jones mourant dans les bras d’Elvis, Jackie O à l’enterrement, la fée Clochette prise au piège dans la porte, les dernières photos de Monroe par Bert Stern, tout le ruissellement incessant de données érotiques, le grand et le petit réunis – sont entrés en collision dans un énorme accident et je suis tombé amoureux d’elle.”

"Mes robes sont faites pour des femmes qui ont une vraie compréhension d'elles-mêmes, unique, puissante. Ce sont simplement les plus belles femmes du monde." Susie Cave

Comment avez-vous choisi le nom de votre marque ?

Susie Cave : Mon mari était en train d’écrire un livre sur la nature vampirique de l’art. Il n’a jamais fini l’ouvrage, mais j’aimais son titre, The Vampire’s Wife. Et puis nous avons pensé que c’était un nom génial pour la marque que j’étais en train de lancer. C’était amusant, un peu dépréciatif, facilement mémori- sable. Depuis, je pense que ce nom est davantage synonyme de vêtements flatteurs, colorés et féminins que de darkness. C’est un antidote à une mode féminine plus “agressive”. Ce sont des collections pour rêver, flotter, léviter, liées à la notion de souvenir, de réminiscence. J’aime les couleurs “bijoux”, vibrantes et optimistes. J’aime la vie. Vraiment. Je regarde autour de moi et tout est si beau ! Je veux que mes robes célèbrent cela.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer vos propres pièces ?

Un jour, j’avais 5 ans, j’étais assise à côté de ma grand-mère pour l’aider à ourler une belle robe à crinoline rose et jaune qu’elle avait conçue pour moi. Quand je l’ai passée, je me souviens de m’être regardée dans le miroir et de m’être sentie différente. Être impliquée dans la fabrication d’une robe qui m’a transformée en tant que personne était extrêmement excitant. Même quand j’étais mannequin, j’étais surtout intéressée par les vêtements. Je pense que ma vie a été une longue danse prépara- toire à la confection. Je me sens enfin vraiment au bon endroit.

Quel est le premier vêtement que vous avez réalisé ?

Mis à part les tenues que j’avais l’habitude de modifier quand j’étais petite fille, la première vraie robe que j’ai créée m’a fait virer de ma classe de couture à la Stratford House School, dans le Kent, à 13 ans. Vers la fin de l’année, on nous encourageait à fabriquer notre propre tenue, ce qui signifiait essentiellement des jupes simples en tweed. Je me suis mise au travail et j’ai élaboré une robe sans manches, blanche et longue, en satin, très ajustée en haut, avec des fentes latérales jusqu’aux cuisses. En dessous, je portais une paire de leggings rose fluo avec des talons aiguilles blancs. La fabrication de la robe m’a pris des semaines. J’avais aimé ça. Je pensais que c’était la plus belle chose que j’avais jamais vue. La prof de couture, cependant, n’était pas de cet avis. J’étais un peu capricieuse à l’école et ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Mes parents ont été convoqués, et j’ai été retirée de l’établissement. La robe n’était pas très éloignée de ce que je fais maintenant, en fait.

 

Quelle est votre définition du style ?

S’habiller au-delà de l’occasion m’impressionne toujours. Voir les gens créer leur propre monde. Parfois, on peut apercevoir une fille qui marche dans la rue, pleine d’audace et de vie, avec une tenue qu’elle a elle-même conçue ou customisée. C’est pour moi la définition du style. Se libérer par l’imagination.

 

D’où vient votre inspiration ?

Mon cœur est dans le passé, vraiment. Je traîne des moments d’histoire dans le présent et j’essaye de les rendre modernes. Je regarde des œuvres d’art, des films anciens, j’écoute des disques, je collectionne de vieilles photographies, je lis des livres d’histoire, je vais dans des musées et je m’assieds et je me remémore des choses. Les gens disent que seul le présent compte, mais ce sont nos souvenirs qui donnent au présent son sens et sa forme.

 

Votre mari est-il une muse pour vous ?

Oui, mon mari est devenu muse, c’est drôle ! Revanche ! J’ai épousé l’homme le plus dynamique du monde. La maison entière est pleine d’idées.

 

Quelles sont les filles qui s’habillent en The Vampire’s Wife ?

Ce sont des filles qui ne sont pas effrayées ou honteuses de leur propre féminité. Mes robes sont faites pour des femmes qui ont une vraie compréhension d’elles-mêmes, unique, puissante. Ce sont simplement les plus belles femmes du monde.

 

Quelle est votre pièce favorite ?

Mes robes sont comme des enfants. Je ne peux pas en favori- ser une par rapport à l’autre !

 

Qu’avez-vous appris de vos années en tant que top-model ?

J’ai appris à reconnaître ce qui va bien à une femme et ce qui ne lui va pas. Et puis j’ai découvert la photographie, et cet art m’influence beaucoup. Mais j’ai trouvé qu’être photogra- phiée était très difficile, à part si tu es dans les mains de maîtres comme Dominique Issermann, Guy Bourdin, Nick Knight ou David Bailey. Alors, être photographiée devient une expérience presque transcendante. Tu te perds complètement dans le pro- cessus. Tu t’oublies.

 

Êtes-vous restée amie avec les tops de l’époque ?

Oui. Kate Moss, par exemple, que j’ai vue entrer dans l’histoire et complètement transformer non seulement le monde de la mode, mais l’idée entière de beauté. Kate (que Susie a prise sous son aile quand elle débutait, ndlr) est toujours une amie très chère.

 

Quel conseil donneriez-vous à une jeune fille qui veut se lancer dans la mode ?

Garder les yeux ouverts, apprendre, ne jamais être cynique. Le monde de la mode est extraordinaire, mais il faut s’accrocher à sa propre essence et à sa vision personnelle de la beauté.

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