Le défilé Chanel Métiers d'Art à Hamburg
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Découvrez le défilé Chanel Métiers d'Art à Hamburg

À Hambourg, Karl Lagerfeld se replonge dans ses racines et livre devant plus de mille invités, une collection des métiers d’art sublime et contemporaine. Nous y étions.
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Saint Nicolas, veille de Noël, Hambourg est en fête. Sur les docks les marins chantent dans les bars, ça sent le pain d’épices et le vin chaud, toute une ambiance. Décidément Chanel sait toujours nous surprendre pour trouver des décors et nous raconter des histoires. Après le faste du Ritz de l’année passée, c’est dans la toute nouvelle Elbphilharmonie de Hambourg que Chanel nous invitait à découvrir sa collection des métiers d’art. Hambourg, ville natale de Karl Lagerfeld, dans laquelle le couturier résida jusqu’à ses 17 ans. Un défilé présenté une fois par an en dehors de tout calendrier de la mode, ce qui lui donne une place bien à part et qui convoque tous les artisans de l’écurie Chanel. Un pas de côté qui souligne une fois de plus l’originalité et la spécificité des créations de la prestigieuse maison. Mais pas de nostalgie, ce mot ne fait pas partie du vocabulaire du couturier il ne cesse de le redire, plutôt des idées nouvelles fortes d’inspiration ancrées dans le passé, le présent et le futur. Cette fois, les lignes et les matériaux  constitutifs du grand port de la Baltique sont mis à contribution, les briques des immeubles qui cernent les docks inspirent les motifs des tissages, ses tonalités, les équipages de la marine marchande et les énormes containers sur lesquels ils bravent la mer, que l’on retrouvent déclinés en petits sacs. Tout compte jusqu’au célèbre sautoir, grand classique de la maison, qui cette fois se porte comme une corde en métal. On est éblouis par la modernité que Chanel parvient à donner à des pièces du vestiaire marin : cabans, pantalons à ponts, marinières et casquettes sont chahutés. Un chic fou et un désir absolu. On est troublés par les mailles unisexes marines profonds qui ouvrent le shows portées tour à tour par des femmes et des hommes (beaucoup de passage au masculin mais pas de lancement de ligne prévue). Un passage blanc, version capitaine dandy restera accroché à notre esprit toute la soirée. L’élégance du flou du pantalon extra large, le col haut de la chemise, la tonalité blanc cassé de la veste en tweed. La jupe droite devient "jupe de marin" comme la nomme Karl, le masculin/féminin plane sur cette collection. Enfin se glissent des silhouettes très soir pour une nuit à la Philharmonie d’Elbe. La marinière décontractée chère a Gabrielle Chanel se transforme en mini robe bustier entièrement brodée de plumes peintres, les mains sont, elles, voilées dans de longues mitaines brodées. Apparaissent d’impeccable smoking en crêpe noir. "Le masculin est plus féminin que jamais" peut-on lire dans le texte qui accompagne la collection. Le tout porté par les notes d’une musique choisie et orchestrée par Olivier Coates. Le show débute avec un des morceaux favoris de Karl, "La Paloma" du Basque Sebastián Iradier. Fascinés encore par les formes de ce nouvel édifice imaginé par le duo d’architecte suisse Herzog & de Meuron que le couturier n’hésite pas à qualifier de "génies". Comme dans un conte de Noël, la magie se poursuit au Fischauktionshalle, un marché au poisson, toujours en activité. On peut même se faire tatouer des chimères Chanel chics et éphémères dans un atelier plus vrai que nature. Autour de barils, de sacs de sables et autres dortoirs, on trinque à la bière, autour de longues tables de bois, on se réchauffe d’une soupe de betterave et d’un risotto épicé. Des matelots de circonstances reprennent en choeur des airs traditionnels, rien ne manque au décor. Comme une envie de s’embarquer .       

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