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Les 4 objets fétiches de Nina Yashar

À la tête de la galerie Nilufar, Nina Yashar est une référence internationale en matière de design. Rencontre à Milan dans le foisonnant duplex de cette dénicheuse de talents.
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Antiquaire, curatrice, éditrice, Nina Yashar règne depuis près de quarante ans sur la scène internationale du design. Charismatique et exubérante en apparence, elle est en réalité plus réservée et discrète. Son style vestimentaire tout comme son intérieur révèlent son goût du beau et des associations inédites. Intime et cosy, son appartement, situé dans un quartier résidentiel de Milan, n’a rien d’ostentatoire. Nina Yashar dit avoir choisi ce lieu, à dix minutes du centre et de sa galerie, Nilufar, pour sa terrasse. "J’adore Milan. La ville a une dimension parfaite, ni trop grande ni trop petite. Je ne changerais pour rien au monde. La ville a conservé son aspect authentique et provincial, que j’adore. Il y a encore beaucoup de petits artisans. Et depuis l’Expo universelle de 2015, elle a retrouvé sa splendeur des années 1960.”

Éclectique et anti-conformiste, Nina a conçu l’appartement avec un créateur de bijoux, Giancarlo Montebello. “J’ai souhaité un intérieur familier, sans style particulier.” Au niveau inférieur se trouve une enfilade de pièces à vivre: entrée, chambre d’invités, salon, salle à manger, cuisine et terrasse. Cette dernière est abritée par une pergola verdoyante et meublée d’une table et de bancs en pierre rose, rapportés d’un voyage au Vietnam. On pourrait presque penser que Nina, acheteuse compulsive, exerce son métier pour assouvir sa quête de trouvailles. Au niveau supérieur se trouvent la chambre, la salle de bains et le surprenant dressing, tapissé d’un tissu imprimé Prada que Nina, amie de Miuccia Prada, a réussi à dégotter pour habiller ses murs.

Le design en héritage

Chargé et ordonné à la fois, le lieu abrite nombre d’œuvres d’art, d’objets, de lampes et de bibelots. Chaque recoin est habité. Les éléments semblent s’être accumulés au l du temps dans une harmonie joyeuse. Des tapis délimitent les espaces. Les murs et les plafonds sont ornés de fresques allant du bleu nuit au bleu gris. Des gravures précieuses aux motifs typiquement persans rendent hommage aux origines de la propriétaire. Simple, fonctionnel et ra né, l’appartement mêle éléments modernes et classiques, occidentaux et orientaux. Pièce maîtresse, la salle à manger met en scène une table ovale de Bruno Mathsson sur laquelle reposent deux statuettes chinoises du XVIIe siècle (premier achat porte-bonheur de Nina lorsqu’elle a emménagé) ainsi que des chaises vintage en cuir rouge de Carlo Mollino. Parmi les œuvres les plus incongrues gurent les sculptures en résine de l’artiste et vidéaste Nathalie Djurberg. Plus conventionnel, le vase en céramique des années 1950 du sculpteur italien Fausto Melotti est accompagné d’une autre céramique signée Gio Ponti. “Cette paire est inséparable car les deux objets dialoguent entre eux”, explique Nina. Autre pièce qui lui est chère, le cache-pot en formica de Martino Gamper, un designer contemporain obsédé par les angles, qu’elle a repéré il y a plusieurs années. “Je l’ai reçu de l’artiste lui-même pour mon anniversaire. Il est très pratique.”

Vivant dans l’appartement depuis vingt-six ans, Nina concède en changer l’accrochage et les meubles tous les dix-huit mois. Née à Téhéran en 1957, Nina Yashar s’installe à Milan à 6 ans. Son père, marchand de tapis orientaux reconnu, a quitté l’Iran pour offrir un cadre de vie européen à ses deux lles, Nina et Nilu – qui parlent d’ailleurs un français parfait, acquis lors de séjours en pension en Suisse. Complices et liées bien que très différentes, les deux sœurs se disent complémentaires. Si elle n’a pas un rôle défini au sein de la galerie, Nilu est un soutien indéfectible du travail de Nina. “Elle m’accompagne dans mes déplacements professionnels et sur les foires de par le monde.” Le nom de la galerie fait d’ailleurs référence à Nilu. Nilufar veut également dire “lotus” en farsi, un symbole porte-bonheur, signe de prospérité dans cette culture. Perfectionniste, pressée et directe, Nina est décrite par sa sœur comme un “génie volcanique créatif et intuitif qui a toujours une longueur d’avance”.

At Home With Nina Yashar, Founder of the Nilufar Gallery in Milan - L'OFFICIEL

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