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Le bijou peut-il être tabou ?

Le bijou ne serait-il que parure décorative ? C’est la passionnante question que pose l’exposition “Medusa”. Un titre apte à communiquer le trouble qu’inspire la figure mythologique, entre attraction et répulsion. Quelque 400 bijoux réalisés par des artistes, designers, bijoutiers... offrent vaste matière à réflexion.

Placée sous le commissariat d’Anne Dressen, “Medusa” déploie quatre thèmes  : l’identité, la valeur, le corps, et le rite. Optant pour la déconstruction des partis pris, chacune d’elles explore les a-priori pour révéler, in fine, la densité subversive des pièces. Issus d’un répertoire familier ou méconnus, les bijoux ainsi présentés activent la mémoire. Nombre d’entre eux réalisés par des artistes (Anni Albers, Man Ray, Meret Oppenheim, Alexander Calder, Salvador Dali, Louise Bourgeois, Lucio Fontana, Niki de Saint Phalle, Thomas Hirschhorn…) offrent un contrepoint aux pièces de joailliers (Cartier, Van Cleef & Arpels, Buccellati...) et aux pièces anonymes (Préhistoire, Moyen-Age, bijoux amérindiens, punk, rap…). Traversée d’installations d’artistes contemporains (Mike Kelley, Leonor Antunes, Jean-Marie Appriou, Lucy McKenzie...) “Medusa” se découvre à la manière d’un passionant récit.

 

 

“Medusa, Bijoux et tabous”, du 19 mai au 5 novembre, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 11, Avenue du Président Wilson, Paris 16, T. 01 53 67 40 00.

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Faux ongles en palladium et diamants, brevet déposé par Mellerio en 1953.
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Anni Albers et Alexander Reed, Reconstitution de Drain Strainer Piece, 1988, grille d’évier, trombones et chaînette.

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