Art

Le street art est-il un délit comme un autre ?

by Italy
15.03.2017
Entre légalité et illégalité, suppression et conservation, gratuité et commercialisation, l’art de rue revêt de plus en plus de formes, agrémentant toujours plus de villes chaque jour et combatant constamment contre le simple statut d’iconographie, mais pour celui de moyen d’expression iconoclaste.

En Novembre 2016, Joe Carre, fils de Vivienne Westwood et de Malcolm McLaren (manager des Sex Pistols) a convié le tout-Londres à un spectacle emblématique: l'incendie de sa collection de souvenirs de punk estimé à environ 6 millions de livres. Pendant que le feu dévorait les bandes d’enregistrements des Sex Pistols, les vêtements ayant appartenu à Johnny Rotten et la célèbre poupée avec la croix gammée Syd Vicious, quelques nostalgiques versaient une larme.Quelques mois avant cela, l’un des street-artists les plus célèbres dans le monde, Blue Marches, a procédé à la destruction de toutes ses peintures murales dans la ville de Bologne, en réponse à la mise en scène de l'exposition «Street Art. Banksy & Co. ».  L’exposition présentait environ 250 œuvres d'écrivains du monde entier et des pans de murs graffés par les plus grands noms du street art. Le rouleau à la main, l’artiste a littéralement effacé sa patte artistique de Bologne, qui était alors considéré comme la plus grande exposition en plein air de ses œuvres. Une colère contre la considération du street art comme des pièces de musées, marchandables. 

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L'affichage du musée d'art de la rue est un sujet complexe et un débat à chaud , même pour les experts. Au-delà du geste provocateur de Blue, il y a en fait toute une communauté artistique qui s’interroge et est divisée sur les implications économiques, sociales et éthiques de leur art. Chaque mouvement artistique a eu, à ses prémices, un passage semblable, avec ses formes de défaillance, et parfois d’illégalité. Après la phase de rébellion, il entre dans les moeurs, puis s’institutionnalise: il a été ainsi pour les Impressionnistes.

Cette discussion autour du street-art aujourd’hui est le coeur du sujet d’un cycle de cinq jours au Pac, le Pavillon d’Art Contemporain à Milan, qui essaye de faire un point sur l'art de la rue à travers des réunions, des conférences et des ateliers dédiés. Parallèlement, dix ans après sa première exposition, le musée dévoile  "Street Art Sweet Art. », qui retrace la street-culture du hip - hop à la pop up génération.

 

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