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Golden Globes 2018 : black power !

by Juliette Michaud
08.01.2018
“Je veux dire à toutes les filles qui nous regardent, qu’un nouveau jour se lève!”

C’est peut-être Three billboards: les panneaux de la vengeance,  fable jubilatoire sur la justice au féminin dans un monde patriarche et raciste, qui a été le grand vainqueur inattendu des Golden Globes cru 2018 - avec quatre trophées dont celui de la meilleure actrice pour Frances McDormand - mais c’est Oprah Winfrey, lauréate du mythique Cecil B. De Mille Award qu’elle recevait pour son incroyable règne dans le show-business, qui a volé la vedette avec un speech enflammé tout droit sorti d’un film de Steven Spielberg sur l’égalité des sexes et des races!

Les femmes derrière le mouvement Time’s Up l’avaient dit, depuis trois semaines le groupe se réunissait chez les unes (Sarah Jessica Parker, Eva Longoria) et les autres (Jessica Chastain, Kerry Washington), designers et stylistes s’arrachaient les cheveux parce qu’il a fallu très vite repenser le concept pour que tout ce noir ne ressemble pas à des funérailles... Ce soir là, elles l’ont fait: boycotter les paillettes colorées en guise de protestation contre le harcèlement sexuel, s’habiller toutes en noir pour signifier le deuil d’une époque, faire de la question habituelle des tapis rouges: “Que portez-vous”, un superbe tremplin politique.

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Depuis la chute d'Harvey Weinstein, de Kevin Spacey et les autres, ça chauffe à Hollywood. Même entre filles! Batailles par tweet interposés avec Rose McGowan qui traite le mouvement Time’ Up “d’hypocrite”, banderoles “Elle savait” placardés sur toutes les affiches de The Post avec Meryl Streep pendant la nuit, les retombées de la sordide affaire Weinstein et le tsunami du hashtag Mee too continuent de mettre un sérieux grain de sable dans la machine de l’usine à rêves, dans un “Fondu au noir” qu’aucun - aucune!! - metteur en scène n’aurait osé imaginer.

"Le noir est le nouveau rose", rit Natalie Portman en traversant la forêt de longues jupes sombres, avant d'envoyer un baiser à Robert Pattinson. "Bob" est en train d'être interviewé au débotté alors que juste derrière lui, Justin Timberlake rappe une chanson qu'il vient de composer à sa femme Jessica Biel, créant un mini attroupement éberlué par ce concert improvisé.

“Les hommes aussi, demandent à réfléchir, à arrêter de fermer les yeux” continue Robert Pattison dans le micro qui lui est tendu. Il porte comme beaucoup son pin’s “Time’s up”. Il m’en faut un, trouvable paraît-il dans les toilettes des dames, l'endroit le plus happening de la soirée. Pincez-vous.

“Ce n’est pas parce qu’elle vient de prouver en direct qu’elle va être le président des Etats-Unis en 2020, qu’elle doit marcher sur ma traîne!” dit Meryl Streep à Oprah dans la file d’attente de plus en plus longue des ladies room. Oprah Winfrey lui saute au cou, encore toute vibrante de sa standing ovation, et les voilà qui papotent comme n’importe quelles copines en remettant du gloss devant les miroirs très “Dame de Shangaï” du Beverly Hilton. Et puis ce sont Gene Davis et Susan Sarandon qui passent en faisant mine de couper la queue - “Gaffe, Thelma et Louise sont de retour!”, crie Meryl Streep - Helen Mirren qui se dirige droit vers la loge du “touch-up” make up alors que Meryl, décidément déchaînée, lui lance: “Tu n’en as pas besoin!”, la silhouette magnifique de Diane Kruger qui traverse les miroirs de ce gynécée de superstars, Elisabeth Moss qui vient poser son Golden Globe de la meilleure actrice pour la série féministe The handmaid’s tale, l’air soudain un peu las alors que les réseaux sociaux ont plébiscité son speech pro-femmes, mais dénoncent son appartenance à la scientologie connue pour avoir étouffé plus d’un scandale sexuel.

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Parce qu’avant tout, les Golden Globes, c’est ça. “La meilleure party de l’année”! Là où vous pouvez faire retoucher vos cernes à côté de celles de Gad Gadot (oui, Superwoman a des cernes!), naviguer d’une table à l’autre un verre de Moet et Chandon à la main pour balbutier un compliment maladroit voir carrément nul à Hugh Grant qui me répond en battant des paupières “Ah oui, alors vous êtes encore pire que moi dans les films”, là où vous pouvez vous retrouver coincée entre la poitrine de Mariah Carrey (qui a volé la chaise de Meryl Streep pendant son break toilettes) et celle de Salma Hayek venue dire à Mariah qu’elle n’est pas à sa place, croiser dans les couloirs Shirley McLaine et Emma Stone bras dessus bras dessous, observer, une autre coupe de Moet et Chandon à la main, comment la fascinante Angelina Jolie va négocier le virage pour retourner à sa table du meilleur film étranger en lice alors qu’il faut passer devant celle de Jennifer Aniston. (Mais c’est In the Fade de Fatih Akin qui rafle la statuette, film co-produit par la belle Melita Toscan du Plantier qui pour l’heure reçoit un long “hug” de son ami Lawrence Fishburne).  En retrait au fond de la salle, arrivé très discrètement sans passer par le tapis rouge, Daniel Day-Lewis, nommé dans la catégorie meilleur acteur pour The Phantom Thread de Paul Thomas Anderson, applaudit avec beaucoup d’élégance la victoire de Gary Oldman en Winston Churchill dans Darkest Hour.  

 

Les Globes: 75 ans d’une célébration crée pendant la seconde guerre mondiale par une poignée d’irréductibles journalistes (parmi lesquels, aujourd’hui, la journaliste qui écrit ces lignes d’une main, coupe pétillante de l’autre, un oeil sur James Franco). La Hollywood Foreign Press Association, toujours capable mine de rien du haut de sa petite centaine (Ok, un peu moins) de membres de la presse étrangère “Le pire cauchemar de Trump”, de frapper très fort (réunir Angelina Jolie et Isabelle Huppert pour remettre le prix de la meilleure actrice dramatique, apparition sur scène de Barbara Streisand pour remettre le trophée du meilleur film, ou encore apparition choc de Kirk Douglas, 100 ans, sa chaise roulante poussée par une Catherine Zeta-Jones à moitié nue ou peu s’en faut!). Et d’être en plein dans l’air du temps, en prenant traditionnellement un comique satirique de la télé américaine comme présentateur, cette année le truculent Seth Meyers qui avec l’aide de Jessica Chastain, Issa Rae et Amy Poehler, a attaqué d’emblée sur le terrain miné Harvey Weinstein, Kevin Spacey, et Donald Trump. “Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère, je le sens, parce que ça fait longtemps qu’un homme blanc ne s’est pas senti aussi nerveux à Hollywood. Pour les nommés mâles de la salle ce soir, ça sera la première fois en trois mois qu’ils ne seront pas terrifiés d’entendre leurs noms lus à haute voix”.

 

 

Une soirée qui a récompensé pour la première fois un acteur afro-américain dans une série dramatique (Sterling K.Brown pour l’excellent This is Us) mais avant tout les femmes (voir palmarès complet)! De Nicole Kidman dans Little Big Lies, à Greta Gerwig et Saoirse Ronan pour Lady Bird, comédie de femmes sous influence qui pourrait bien être le Moonlight au féminin de l’année aux prochains oscars. Une soirée finie tard, alors qu’une dizaine d’after-party ont fait pulser l’hôtel dans la chaleur (c’est L.A.) de la nuit, et que d’autres, comme celle de la toute puissante agence CAA, se dispersaient dans les collines magiques d’une ville et d’une Industrie qui, au départ, étaient s'il vous plaît largement menée par les femmes. Time’s up!

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