Joaillerie

Chaumet quitte la Place Vendôme pour quelques mois

En attendant la fin des travaux de rénovation de l’hôtel Baudard de Saint James, Chaumet va quitter pendant quelques mois la Place Vendôme pour s’installer boulevard Saint Germain.
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Chaumet est le joaillier de la Place Vendôme dont l’histoire interrompue est la plus vénérable, et d’une certaine manière la plus illustre. Si l'on excepte bien sur l'extraordinaire maison Mellerio dont la légende hors norme se confond avec les quatre derniers siècles de l'histoire de France, Chaumet est, à notre connaissance, la seule maison de joaillerie parisienne encore en activité dont la naissance est antérieure à la Révolution Française. Pour situer le niveau de prestige de cette maison, disons simplement que son fondateur, Marie-Etienne Nitot, bénéficiait à la cour de Versailles d'une renommée importante. Seul un autre français a connu un éclat équivalent, dans le domaine de l'horlogerie: il s'agit d'Abraham Breguet. On apprend sans surprise que ces deux sommités travaillaient ensemble .

En somme, il n’est pas excessif de dire que Chaumet est la perle de la Place Vendôme. On pourra répliquer que Boucheron bénéficie de l’antériorité. Là encore, il faut apporter des précisions importantes : car bien avant que Boucheron n’érige en 1893 la première boutique de joaillerie de la place Vendôme, Nitot qui fut le joaillier attitré de Napoléon 1er, y recevait déjà les plus grands personnages de la Cour Impériale. Il les recevait dans son hôtel particulier, l’hôtel de Gramont, situé au numéro 15 de la place. Cette adresse vous dit quelque chose? C’est normal : c’est ici même que 90 ans plus tard, un chef hôtelier suisse installa son établissement. Il n’eut pas à le regretter. Cet établissement, c’était le Ritz.

La maison Chaumet s’élève depuis 1909 au 12 place Vendôme, dans l’hôtel Baudard de Saint James. Un lieu chargé d’histoire : l’hôtel a abrité l’ambassade de Russie dans un autre temps, Fréderic Chopin y a vécu ses dernières heures. Il se murmure que certains soirs, au premier étage, dans les salons, certains invités du joaillier ont eu le privilège d’écouter, jouées sur place au piano, quelques oeuvres du compositeur virtuose. Frissons garantis. C’est ici aussi que Napoléon III a rencontré sa future femme : la future impératrice y louait en effet un appartement avec sa mère la comtesse Manuela de Montijo.

Une adresse éphémère 165, boulevard Saint-Germain

 

A partir du mois de janvier, le joaillier qui appartient depuis 1999 à LVMH, va renoncer à cette adresse historique. Pour quelques temps seulement : que les puristes se rassurent. En effet, la maison, dirigée par Jean-Marc Mansvelt va entreprendre des travaux d’envergure. A priori, le joaillier conservera l’âme du lieu: rappelons que les merveilleux salons historiques du 12 Vendôme représentent l’apogée des arts décoratifs français du XVIII ème siècle. Ces travaux seront essentiellement liés à de la restauration

En attendant la fin des travaux,Chaumet a fait le choix de traverser la Seine pour trouver un endroit qui lui ressemble : c est un hôtel particulier du 165, boulevard Saint-Germain. Pour la Maison, ce quartier légendaire était une évidence : « hier rendez-vous des artistes, aujourd’hui lieu d’expression d’une élégance désinvolte et lettrée». Au sein de cette adresse éphémère, Chaumet partagera sa vaste histoire et mettra en lumière les plus belles pièces de son patrimoine tout en exaltant son attachement aux arts. Les visiteurs pourront bien entendu découvrir les créations contemporaines du joaillier dans un magasin éphémère situé au rez-de-chaussée. Derrière une façade épurée, emblématique de l’architecture du quartier, ce nouveau lieu proposera une série d’expositions ouvertes à tous. Début février, la première explorera les liens que la Maison a tissé au fil des années avec les écrivains.

 

Légende photo: Collection “Joséphine, Joséphine”: Chaumet a présenté en janvier une nouvelle collection de Diadèmes, colliers, boucles d’oreilles, bagues et bracelets aux courbes généreuses qui s’inspirent de la passion de l’impératrice pour la botanique et évoquent la nature luxuriante de la Martinique, sa terre natale.

 

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