Hommes

Félix Moati : « Le style, c'est l'effacement »

Héros de Gaspard va au mariage, comédie atypique et gorgée d'érotisme, Félix Moati joue pour L'Officiel Hommes la carte de la franchise. Avec humour et sens du bon mot.
Reading time 3 minutes

Qu'est-ce qu'être un homme en 2018 ?

Je pense que c'est justement le fait de ne plus se soucier de cette question.

L'homme qui a le plus influencé dans votre carrière ?

Michel Leclerc, avec qui j'avais fait Télé-gaucho. Ensuite, des figures plus lointaines que je n'ai jamais rencontrées comme l'écrivain Philip Roth. Ou encore tous les personnages de Scorsese, des personnages de fiction, qui m'apprennent à vivre un peu plus.

Votre définition du style ?

Cette phrase de Byron à un homme qui le flattait : « Si vous l'avez remarquée, c'est que je ne le suis pas assez. » Le style, c'est l'effacement.

Ce qui vous plaît dans l'époque actuelle ?

Beaucoup de choses. Il faut « étonner les catastrophes ». Il y a des faiseurs de chagrins partout qui sont en train de raconter que nous sommes dans le décln et que le monde va péricliter. Précisément, pour cela, il faut recréer du lien. Cette impulsion, voilà ce qui meplaît dans cette époque.

Les scènes de nu ?

Dans Gaspard va au mariage, il fallait y aller parce que c'était justifié car c'est un film sur les corps, sur la sensualité, la confusion des désirs. Si on ne le fait pas et on passe à côté du propos. Mais, d'un point de vue plus personnel, être nu à l'écran me met plutôt mal à l'aise.

Vendez-nous Gaspard va au mariage !

C'est un film plein de fausses pistes : une comédie romantique, une histoire de famille, un conte pour enfants, le film fantastique, des dialogues parfois bergmanien, parfois rohmériens... Ce qui m'a plu, c'est que c'est l'histoire d'une famille, avec une architecture bien précise, qui se délite progressivement. Au final, chacun va à la rencontre de sa propre réconciliation, de son propre « mariage ». Le décalage des tons est aussi formidable: le film part de quelque chose de très réel,de très concret, une famille qui travaille dans un zoo pour glisser vers le merveilleux.

Scorsese, Bergman, Rohmer... Vous êtes un acteur sous influences ?

Clairement. Je suis un homme sous influences. Scorsese, il m'apprend à vivre au quotidien. Voilà ce que je demande aux cinéastes que j'aime : qu'ils me donnent des clés de compréhension pour rentrer dans l'épaisseur du réel. Il y a comme ça Melville, Allen, Coppola, Truffaut... mes fondamentaux.

Votre plus grande ambition ?

De ne rien céder sur mon désir. C'est notre devoir à tous.

Vous travaillez beaucoup : bosseur ou chanceux ?

Un peu des deux. De toute façon, dans ce métier, c'est comme dans la vie en général, mieux vaut avoir de la chance que du talent.

Gaspard va au mariage; d'Antony Cordier avec Félix Moati, Laetitia Dosch, Christa Théret...

Articles associés

Recommandé pour vous