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La star de "La Chronique des Bridgerton" Phoebe Dynevor en une du numéro de L'OFFICIEL

La cover star du numéro digital de L'OFFICIEL de février 2021 a été révélée par le personnage de Daphne Bridgerton dans la série à succès Netflix gravitant autour des thèmes du gossip, du sexe et de la haute société. La prochaine étape pour la jeune actrice Phoebe Dynevor ? Conquérir le monde, bien entendu.
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Photographie par Tom Schirmacher 
Stylisme par Laura Ferrara

À une époque où le besoin d'évasion est palpable et l'accès aux séries et films totalement entrée dans les moeurs, difficile de penser à une série plus populaire que "La Chronique des Bridgerton" diffusée sur Netflix. Arrivée le jour de Noël, la série est le fruit de la productrice exécutive Shonda Rhimes qui, inspirée par les romans à succès de Julia Quinn, a transformé le drame romantique de la période Régence en produit visuel aussi beau qu'addictif. À la fin du mois de janvier de cette année, environ 82 millions de foyers dans le monde avaient regardé la somptueuse production en huit parties saturée de couleurs pastel. La première saison de la série (une deuxième est en cours) est centrée sur un couple très séduisant de jeunes amoureux, Daphne Bridgerton, interprété par Phoebe Dynevor, et le duc de Hastings, interprété par Regé-Jean Page. Les deux acteurs se sont de suite bien entendu, apprenant à se connaître entre les répétitions et les essayages, de plus en plus conscients que leurs noms pourraient résonner à travers le monde. Se plonger ensemble dans une grosse production Netflix ne leur a pas fait peur : "Nous avions une expérience similaire, une histoire de travail similaire. Vraiment, nous étions au même niveau", raconte Phoebe Dynevor à L'OFFICIEL sur Zoom. "Nous savions que cela allait avoir les mêmes répercussions pour nous deux. Et il y avait une pression derrière et nous étions tous les deux nerveux." Alors que Regé-Jean Page avait déjà travaillé avec Shonda Rhimes dans le thriller juridique For the People, la jeune actrice était surtout connue par le public dans la sitcom américaine Younger et des séries télévisées britanniques comme Snatch, The Village et Waterloo Road.

La Chronique des Bridgerton | Bande-annonce officielle VF | Netflix France

Élevée à Manchester par l'actrice Sally Dynevor et le scénariste Tim Dynevor, Phoebe Dynevor était différente de la plupart de ses collègues comédiens adolescents. Bien qu’elle ait commencé à auditionner pour des rôles à 11 ans, elle n’a pas fréquenté une école professionnelle pour jeunes ni même joué pendant la majeure partie du lycée. Bien qu'elle ait décroché un rôle dans la saison 5 sur Waterloo Road à 14 ans, Phoebe Dynevor ne consolidera son amour du métier que trois ans plus tard, lorsque son professeur d'anglais de sixième l'a choisie pour interpréter Antigone dans une pièce. "Je n'étais pas douée pour le théâtre musical, alors j'étais comme la danseuse n°7 de Bugsy Malone à l'école", se souvient-elle. "Mais être sur scène pour un premier rôle qui nécessitait des recherches et véritablement "incarner" un personnage était passionnant."

Pour occuper le rôle de Daphné, le "diamant de la plus belle eau" de la haute société londonienne des années 1813, il fallait travailler en étroite collaboration avec pléthore d'experts en danse, piano, équitation et étiquette. Sans oublier passer plusieurs heures au milieu d'un défilé de robes pâles à taille empire finement ornées, des costumes que Phoebe Dynevor a jugé cruciaux pour entrer dans l'ambiance et le personnage. Son exercice favori ? Puiser dans la psychologie de Daphné. Polie mais vive d'esprit, impeccablement élevée mais parfaitement consciente du moindre faux pas social, Daphné est l'objet d'envie, d'adulation et de spéculations quasi-constantes. "Le défi pour moi était d'entrer et de découvrir le fonctionnement interne de qui elle était et ce qu'elle ressentait", explique Phoebe Dynevor. "C'est beaucoup de pression pour une jeune fille d'être douée dans toutes ces choses, d'impressionner la reine et de trouver un mari. Et si les jeunes femmes de l'époque ne le faisaient pas, elles étaient écartées de la société. C'est fou."

"Je n'ai pas peur de me faire entendre, d'être confrontée à des réticences ou des gens en désaccord avec moi. Ça ne me dérange pas plus que cela."

À l'origine, "La Chronique des Bridgerton" est une délicieuse évasion, le scénariste et créateur de la série Chris Van Dusen et l'auteure Julia Quinn ont voulu façonné un "univers alternatif" fictif pour leurs personnages. Ici, l'origine des personnages n’est pas gommée ni n’est un obstacle à la montée vers le pouvoir, voire l'accès au trône. La reine Charlotte par exemple, jouée par l'actrice afro-britannique Golda Rosheuvel, descend d'une branche africaine de la Maison royale portugaise. Les femmes privilégiées sont toujours sous le contrôle total des hommes, mais au moins à Bridgerton, on entrevoit leur vie sexuelle à travers un regard résolument féminin. Le récit de la série repose sur des fondements modernes, notamment un sens plus robuste de l'action féminine. Néanmoins, le caractère de Phoebe Dynevor reste un produit de son temps et de sa situation. Sous le poids de l'étiquette et de la corseterie, Daphné apparaît comme captivante et empathique sous les yeux du public mondial d'aujourd'hui. Transmettre un sentiment de proximité était primordial : "Je l'ai tout de suite aimé et comprise", se souvient Phoebe Dynevor. "Consciente que des centaines de pays allaient regarder la série, je voulais que chaque femme ait une idée de ce qu'elle vivait." La solution ? Canaliser l’angoisse et l’appréhension qui ont tourmenté les femmes pendant des siècles, qui n'ont fini de porter leurs fruits qu'au cours de la dernière décennie. "J'ai pensé aux femmes représentées dans les médias et à l'influence des réseaux sociaux — la façon dont les jeunes générations grandissent avec beaucoup d'anxiété et de problèmes liés à la santé mentale, pas seulement à cause de la pandémie", explique Dynevor.

L'une des raisons expliquant l'attachement des spectateurs au personnage de Phoebe Dynevor est sans aucun doute lié au charme inné de l'actrice. Repensant à son personnage, Phoebe Dynevor se met soudainement à rire. Elle se souvient de sa sœur cadette, qui l’avait alertée sur le fait que les internautes parlaient de ses "manies de cou". Les observations de fans semblaient la comparer avec des actrices comme Keira Knightley - tout aussi friands de films d'époque. "Je n'avais même pas réalisé que je sollicitais autant mon cou, mais je pense qu'avec le corset — et mon besoin d'exprimer l'anxiété de Daphné —j'y mettais beaucoup de tension", explique Phoebe Dynevor. En fin de compte, elle a voulu montrer la complexité d'un personnage vanté comme la perfection incarnée, pris entre le devoir de tout savoir, et la réalité d'encore ignorer nombre de choses.


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Loin d'être une experte du sexe et des hommes, Daphné doit gérer l'équilibre entre le fait d'être socialement acceptée, tout en apaisant ses changements intérieurs, psychologiques et physiologiques. "Il s'agissait d'afficher deux types d'émotions différents et de ne pas jouer une sorte de princesse Disney — le genre de princesse qui fait semblant que tout va bien, dont la peur et la vulnérabilité sont effacées par une sorte de naïveté en forme d'yeux écarquillés." Bien sûr, avec l'air ingénu de Daphné est arrivée la parodie : des vidéos virales de comédiens comme Chloe Fineman et Kieran Hodgson se sont moqués de l'inexpérience de Daphné, qui devient un point central de la série dans les épisodes suivants. Le sexe occupe une place importante, mais avec moins de temps passé à s'attarder sur les pectoraux et le dos des hommes. Bénéficier d'une "coordinatrice de l'intimité féminine" sur le tournage et filmer ces scènes de manière technique a permis à Phoebe Dynevor de se sentir à l'aise et surtout "protégée", raconte-t-elle. Cela n’a pas toujours été le cas dans le milieu du cinéma.

Faisant référence à une ère pas si lointaine du pré-Me Too, Phoebe Dynevor se souvient avoir filmé des essais à l'âge de 19 ans et se sentir incroyablement exposée et impuissante. "Quand vous êtes une actrice ou un acteur en devenir et que vous voulez travailler, vous devez en quelque sorte faire ce qu'on vous dit — ou alors on ne vous donne pas l'opportunité de travailler, vous voyez ?" Phoebe Dynevor remarque néanmoins un changement positif dans l'industrie depuis ces cinq dernières années, en particulier en ce qui concerne le tournage de scènes de sexe sur des sets autrefois majoritairement fréquentés par des hommes. Cela ne peut pas faire de mal d’avoir, à vos côtés, quelqu'un qui comprend totalement ce que c’est d’être très connu dans le cadre d’un duo télévisé sexy et fictif. Prenez Daisy Edgar-Jones, l'actrice principale de Normal People, qui a rencontré Phoebe Dynevor peu de temps après les débuts de Bridgerton. "Elle savait exactement ce que je traversais : faire partie d'un duo d'acteur et traverser ce genre de succès, le tout en pleine pandémie", se souvient Phoebe Dynevor. D'ailleurs, Phoebe Dynevor ne se fait toujours pas à la célébrité, ou même cotoyer d'autres noms célèbres. Mais à mesure que la communauté de fans et la résonnance de Bridgerton ne font que croître, son casting d'acteurs et actrices sera inévitablement soumis à un examen minutieux. Alors que Phoebe Dynevor est sujette à tous les regards et que le poids d'une certaine superficialité repose sur ses épaules, certains de ses collègues ne sont pas confrontés aux mêmes exigences.

"J'espère que je devrai toujours me battre pour obtenir les choses, le mérite fait partie des règles du jeu. Mais il y a aussi l'espoir qu'un jour, le niveau de difficulté diminuera un peu."

"Même pour des calls sur Zoom, je devais m'habiller et apparaître sous mon meilleur jour", se souvient Phoebe Dynevor lors de la phase des multiples interviews promotionnelles. "Certains de mes collègues masculins portaient ce qu'ils voulaient. Quand vous êtes sous les projecteurs en tant que femme, il y a une pression supplémentaire... C'est comme si c'était la première chose qu'ils regardaient : votre look." Il est presque tentant de faire un parallèle entre Phoebe Dynevor et Daphné, même si l’actrice reconnaît rapidement que les choses se sont grandement améliorées, en particulier sur le plan vestimentaire. La discussion se tourne vers la mode contemporaine, mais pas avant de mentionner l'incroyable silhouette de l'actrice Polly Walker dans la série. Polly Walker, qui a également joué la mère de Phoebe Dynevor dans Prisoners's Wives, a éblouit avec ses looks et sa taille corsetée. Daphné avait les robes les plus "casual", mais elle n'a certainement jamais eu le luxe de se prélasser dans, par exemple, des vêtements de nuit, ce qu'a pu faire Phoebe Dynevor en regardant le défilé Haute Couture Printemps / Été 2021 de Dior depuis son lit. "C'était amusant. Enfin je veux dire, ce n'était tout de même pas la même chose qu'un défilé physique", admet-elle. "Je le regardais littéralement en pyjama depuis mon lit, mais c'était génial."


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Adepte des maisons françaises comme Dior et CHANEL, Phoebe Dynevor ne court cependant pas après les étiquettes et est consciente de la nécessité d’acheter de façon plus durable. "Si je vais acheter quelque chose, j'aime qu'il soit de bonne qualité et que je le puisse porter pendant des années", explique-t-elle. "Je ne suis pas les tendances, je ne veux pas jeter ma garde-robe chaque année." Cela dit, en portant ses tenues préférées plusieurs fois de suite et cédant au "recyclage des looks", Phoebe Dynevor s'est aperçue que cela permettait aux gens de la reconnaître. "Je n'ai jamais pensé que les gens voudraient un jour prendre une photo avec moi", dit-elle. "On m'a interpellée récemment à l'aéroport, je portais exactement le même survêtement et le même foulard que très récemment." 

L'actrice est cependant mieux armée pour gérer sa vie privée et son image sur Instagram, où elle compte 2,2 millions d'abonnés et quelques 200 publications. Là, le public est plus enclin à la voir aux côtés de ses camarades de casting sur les plateaux de tournage et dans la presse. Vous verrez également des photos de femmes inspirantes et puissantes, comme Michelle Obama et Kamala Harris. Les choix peuvent avoir moins à voir avec la politique qu'avec la simple célébration de la force féminine. "Je n'ai pas peur d'exprimer ce que je pense, de recevoir des reproches ou d'être confrontée à des gens qui ne sont pas d'accord avec moi. Cela ne me dérange pas vraiment", explique l'actrice. "Je suis également consciente que je ne suis pas au courant de tout. Mais je sais ce que signifie être une femme. Donc, si je veux partager un article sur Kamala Harris, que je trouve incroyable, alors je le ferai." Pour le moment, son feed Instagram est un mix de contenu personnel et de photos professionnelles. Mais si Phoebe Dynevor peut utiliser sa renommée pour diffuser des messages importants, elle le fera. C'est ce qui s'est passé lorsque Prevent Breast Cancer, une organisation à but non lucratif britannique comptant environ 4 000 abonnés, a demandé à Phoebe Dynevor de partager un article sur l'importance de réaliser un auto-examen. Quand elle l'a fait, cela a eu plus de succès que tout ce que l'organisation avait publié jusqu'ici. "En contribuant à la diffusion d'un tel message, je sais qu'au moins 1 million de femmes vont voir un article sur la vérification de leurs seins. C'est une joie et une chance, en ce sens, de bénéficier d'une telle plateforme." Bien qu'elle reconnaisse le potentiel de ses réseaux sociaux, Phoebe Dynevor ne se sent néanmoins pas obligée d'agir en tant que porte-parole par procuration de n'importe qui.

D'abord et avant tout, nous rappelle-t-elle, elle est une actrice. Bien qu'elle prenne part à davantage de projets qu'auparavant, cela ne signifie pas que les vannes sont grandes ouvertes. Sa récompense, explique-t-elle, vient simplement de la recherche de rôles incroyables. "J'espère que je devrai toujours me battre pour obtenir les choses, le mérite fait partie des règles du jeu. Mais il y a aussi l'espoir qu'un jour, le niveau de difficulté diminuera un peu. En tant qu'acteur, vous vous battez, vous vous battez et vous vous battez et n'arrêtez pas de vous battre. Donc, ce serait bien de ne plus avoir à faire ça à un certain moment." Aujourd'hui, Phoebe Dynevor se voit écrire et réaliser, tout en incarnant des personnages à forte résonnance. "Mon prochain projet est à l'opposé de Daphné à tous les niveaux", révèle-t-elle. Même si elle ne peut pas révéler trop de détails — et jure qu'elle ignore comment se déroulera la prochaine saison de "La Chronique des Bridgerton" — Phoebe Dynevor se sent confiante quant aux possibilités futures. "J'aime le défi. J'adore jouer Daphné, mais j'aimerais vraiment continuer à faire des choses différentes. Je suis enthousiaste quant aux perspectives d'avenir." Il y a de fortes chances que l'on garde un oeil sur elle.

HAIR Kevin Ryan Art + Commerce
MAKEUP 
Romy Soleimani The Wall Group
DIGITAL TECH 
Christian Delfino
PRODUCTION Jenny Friedberg and Zoe Adlersberg
CASTING Lauren Tabach-Bank
PHOTO ASSISTANTS Jon Brown and Alex Kalb
STYLIST ASSISTANT Amer Macarambon

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