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Samara Weaving, nouvelle "scream queen" du cinéma d'épouvante ?

Promue nouvelle “scream queen” du cinéma d’épouvante après le succès de “Wedding Nightmare”, Samara Weaving fait preuve d’un formidable instinct de survie, de son Australie natale à Hollywood. Portrait.
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Photographe : Evan Browning - Stylisme : Jennifer Eymère

Sorti à la fin de l’été, un film d’horreur à petit budget a mis tout le monde d’accord : Wedding Nightmare est un plaisir coupable qui doit tout à son actrice principale, Samara Weaving. Elle y joue Grace, la fiancée d’un jeune homme riche, dont la nuit de noces tourne au cauchemar gore dans une immense demeure qu’elle découvre pour la première fois. Toute sa belle-famille, hostile, a l’avantage sur elle, sauf sur un point : elle sous-estime cette jeune roturière qui a grandi en foyer d’accueil, où elle avait l’habitude d’en baver. Dans ce jeu de massacre, Samara se lâche comme jamais, jure comme un camionneur et gravit un à un les échelons vers la délivrance, comme elle les a gravis de l’anonymat aux premiers rôles. Elle confiait récemment à Variety : “Il ne faut pas prendre ce film trop au sérieux, même s’il joue sur un conflit de classes sociales légitime. Il permet surtout de s’amuser des idéaux liés au mariage et de l’absence de morale du 1% de l’élite économique. À la première, tout le monde hurlait de rire ou de terreur aux moments appropriés, grâce à l’association d’acteurs qui cabotinent et d’autres qui restent strictement au premier degré. Moi, j’ai opté pour un jeu très physique. C’est cathartique de hurler pendant toute une journée de tournage. Après, vous vous endormez tout de suite et vous vous réveillez le lendemain fraîche comme un gardon.”

Fille d’un metteur en scène, Samara est surtout la nièce de Hugo Weaving (l’agent Smith dans Matrix), qu’elle découvre ado en drag-queen dans le classique Priscilla, folle du désert. Elle demande alors à sa famille pourquoi l’oncle Hugo est en robe, et on lui répond que c’est parce qu’il est acteur. Une révélation pour cette native d’Adélaïde, ayant grandi à Sidney et désormais installée à Los Angeles. Comme beaucoup d’acteurs australiens, elle a perfectionné l’accent américain en regardant des séries produites aux États-Unis : “Le résultat, combiné aux cours d’art dramatique où l’on travaille plutôt une diction très anglaise et théâtrale, c’est que maintenant mon accent tire vers l’irlandais !”
 

Le petit écran lui a permis de débuter, notamment dans le soap opera local Summer Bay, un incubateur de stars australiennes (Chris Hemsworth et Heath Ledger sont passés par là). Cette bluette ne la prédisposait pas à enchaîner un nombre spectaculaire de rôles de jeunes femmes brutales, notamment dans Bad Girl, à propos de la délinquance juvénile, Mayhem – Légitime Vengeance avec Steven Yeun et la production Netflix The Baby-sitter de McG, où elle campe une nounou sataniste à laquelle on confie un gamin trop curieux : “Je l’ai jouée froidement, comme une vraie perverse narcissique, de celles qui réussissent à devenir votre meilleure amie, pour mieux vous flinguer ensuite.” Pour souffler un peu, elle a hérité d’un troisième rôle plus léger dans l’oscarisé Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance, où elle incarne, non sans malice, la nouvelle petite amie écervelée de l’ex-mari quinquagénaire de la “maman ours” jouée par Frances McDormand. Enfin, Samara a repris le rôle troublant de la lycéenne Irma Leopold, narcissique et rêvant d’un monde parfait, dans la série Pique-nique à Hanging Rock, une nouvelle version du roman australien de Joan Lindsay déjà adapté dans les années 1970, et qui fut une source d’inspiration majeure pour Sofia Coppola au moment de réaliser Virgin Suicides. “En Australie, cette histoire est tellement emblématique de notre culture que beaucoup pensent qu’elle est vraie!” commente Samara, actrice plutôt terrienne, mais toujours embarquée dans des scénarios extrêmes.
 

Les nombreux rapprochements avec sa compatriote Margot Robbie (blonde comme elle, de deux ans seulement son aînée) ne semblent pas trop la gêner. Elle estime plutôt que la culture australienne apprend à avoir de l’humour face à la vie, et de relativiser les problèmes d’ego liés au métier d’acteur. La voilà parée pour Hollywood !

Découvrez l'intégralité de ce portrait dans le numéro de novembre de L'Officiel de la Mode

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