Femmes

Que sont-elles devenues ?

Entre changements de vie et nouveaux jobs, nombreux sont les mannequins des années 1990 qui ont quitté l’univers de la mode. Ces huit femmes prouvent que la ré-invention est toujours possible.
Tasha Tilberg, la viticultrice

Sur les conseils de sa sœur aînée, étudiante en école de mode, la jeune Canadienne quitte Toronto pour New York à 14 ans, bien décidée à se faire une place dans le mannequinat. Très vite, avec ses yeux verts transparents et sa silhouette androgyne, Tasha multiplie les séances photo et les apparitions sur les podiums. Après un shooting avec Paolo Roversi, sa cote explose. Au sommet de sa gloire, elle met un terme à sa carrière et achète une ferme au Canada.

Et maintenant ?

Tasha est professeure de yoga et artiste peintre. Elle s’est mariée en 2009 avec sa compagne, Laura Wilson. Mères de jumeaux, elles vivent à la campagne et produisent du vin.

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Tasha Tilburg dans son potager, en juillet dernier
Maggie Rizer, la militante

Maggie sort à peine du lycée quand sa mère envoie des photos d’elle à l’agence Ford. Sa peau pâle et ses yeux bleus attirent l’attention. En 1997, Steven Meisel la photographie : sa carrière est lancée. Elle est de toutes les fashion weeks, parcourt la planète et travaille avec les plus grands fashion editors, tels que Grace Coddington et Joe McKenna. En 2004, elle décide de prendre de la distance avec l’industrie de la mode.

Et maintenant ?

En 2010, Maggie épouse le businessman Alex Mehran, avec qui elle a trois fils et une fille. Le top s’occupe de ses enfants et consacre une grande partie de son temps à des œuvres de charité et à la lutte contre le sida, en souvenir de son père décédé de la maladie lorsqu’elle avait 14 ans.

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Maggie Rizer sur son Instagram, en mai 2016
Sybil Buck, la yogi

Née à Versailles, elle grandit aux États-Unis, en Virginie. Vingt ans plus tard, elle déménage à Paris pour se lancer dans le mannequinat. Avec ses piercings et ses cheveux rouge feu, Sybil détonne. Icône grunge avant l’heure, elle est repérée par Jean Paul Gaultier, Alexander McQueen et John Galliano. Elle quitte pourtant l’industrie de la mode en 1997, au sommet de sa gloire. Elle fait ensuite une apparition dans Le Cinquième Élément (1997) et anime quelques émissions sur MTV.

Et maintenant ?

Sybil est devenue bassiste et chanteuse pour des groupes de rock. Elle vit avec son mari, lui aussi musicien, et sa fille à Topanga Canyon dans les environs de Los Angeles. Elle enseigne aussi le yoga

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Sybil Buck avec sa fille, par Torbjorn Rodland, pour le Jalouse de mai 2017
Esther Cañadas, la discrète

Esther est née à Albacete en Espagne. Sa carrière de mannequin débute dans son pays puis décolle quand elle s’installe à New York. Avec sa plastique de rêve et ses yeux verts translucides, elle devient la muse de la créatrice américaine Donna Karan. À la fin des années 1990, elle se tourne vers le cinéma. On l’aperçoit notamment aux côtés de Pierce Brosnan dans Thomas Crown (1999). En 2006, elle quitte les podiums.

Et maintenant ?

En 2013, elle fait la une des magazines people quand elle annonce ses fiançailles avec le sulfureux milliardaire Vikram Chatwal. Le couple se sépare au bout de trois semaines seulement… En décembre 2014, elle donne naissance à une fille, prénommée Galia. Elle mène une existence discrète au Mexique, loin des radars médiatiques.

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Esther Canadas à Ibiza en juillet 2015
Amber Valletta, l’égérie

Amber est née à Phoenix, en Arizona, et a passé son enfance à Tulsa, dans l’Oklahoma. À 15 ans, elle débute le mannequinat lorsque sa mère l’inscrit dans une agence locale. Visage phare de Jil Sander, elle incarne la marque à la perfection, shootée par Craig McDean ou Peter Lindbergh. Elle défile pour Versace, Chanel, Prada…

Et maintenant ?

Dans les années 2000, elle commence une carrière d’actrice au cinéma puis à la télévision. Elle joue notamment dans la série américaine Revenge. Elle continue sa carrière de mannequin, en défilant notamment en 2017 pour Dries Van Noten et posant pour Mango.

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Amber Valletta pour le défilé Dries Van Noten automne-hiver 2017-18
Erin O’Connor, l’ambassadrice

Le top, issu d’une famille catholique irlandaise, a été découvert lors d’un voyage scolaire au Birmingham Clothes Show par un talent scout. Révélée par Juergen Teller, qui la shoote en couverture d’i-D en 1998, elle a défilé pour John Galliano, Christian Dior, Prada ou Versace. Elle a travaillé avec Patrick Demarchelier, Steven Meisel, Steven Klein, Nick Knight et Mario Testino, entre autres photographes.

Et maintenant ?

En novembre 2017, elle a été élevée au rang de membre de l’ordre de l’Empire britannique, une des plus hautes distinctions de Grande-Bretagne. Honorée pour ses services dans les œuvres de charité, elle s’est rendue à la cérémonie coiffée d’un chapeau signé Philip Treacy, célèbre designer irlandais.

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Erin O'Connor à Londres en novembre dernier
Chandra North, la DJ

Texane, Chandra rêvait d’une carrière de ballerine. Alors qu’elle étudiait à l’université méthodiste du Sud à Dallas, la jeune fille est repérée pendant son spring break. Peu de temps après, elle signe avec une agence de mannequins et débute sa carrière dans la presse locale. Elle s’envole ensuite pour Paris et New York où elle défile pour Marc Jacobs, Anna Sui ou John Galliano. Elle est photographiée par les plus grands, de Mario Sorrenti à Craig McDean en passant par Ellen von Unwerth et Mario Testino.

Et maintenant ?

Chandra a abandonné sa carrière de mannequin et est retournée vivre au Texas pour s’occuper de son fils, aujourd’hui âgé de 17 ans. Elle est DJ à Dallas et garde un pied dans la mode, puisqu’elle travaille en tant que directrice artistique sur des éditos de mode.

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Chandra North sur son Instagram en novembre dernier
Kirsten Owen, la muse

La jeune Canadienne s’installe à Toronto à 12 ans, où elle devient amie avec un groupe de punks qui l’encouragent à contacter l’agence Judy Welch. À 17 ans, elle déménage à Paris où sa carrière débute. Très vite, elle est shootée par Juergen Teller et fait la connaissance de Paolo Roversi. Elle a conquis son statut de top culte en défilant pour des créateurs avant-gardistes tels que Ann Demeulemeester, Rei Kawakubo et Yohji Yamamoto.

Et maintenant ?

Figure emblématique du grunge minimalisme, elle continue d’inspirer les créateurs. En 2017, elle a défilé pour The Row, Dries Van Noten et Helmut Lang, relancé avec l’arrivée de Shayne Oliver à la direction artistique.

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Kirsten Owen pour le défilé Dries Van Noten automne-hiver 2017-18

Retrouvez cet article dans le numéro de L'Officiel de la Mode Février 2018.

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