Femmes

Mathilde Warnier : "Pour rien au monde je ne voudrais changer d’époque"

by Mathilde Berthier
25.04.2017
Après des débuts fracassants sur petit écran, elle s’affirme comme l’un des jeunes espoirs du cinéma français. Et continue de briller sur papier glacé. Entretien avec un clown triste

Photographie par Jules Faure

Comment résumeriez-vous votre enfance ? 

Je suis née à deux. Ma sœur Clémence et moi avons ouvert les yeux le 2 octobre 1991. Nous avons grandi entourées de nos trois grandes sœurs, adolescentes fantasques, de notre père un peu taciturne et de notre mère déjà malade. La maladie de ma mère – la sclérose en plaques – l’a emportée, elle et mon enfance, l’été de mes 13 ans. Malgré les larmes et l’inquiétude, je ne retiens de tout ça que les rires de mes sœurs, la curiosité que m’a transmise mon père, les yeux rieurs de ma mère et l’odeur des glaïeuls dans l’entrée de notre première maison, à Calais. 

Petite fille, qu’est-ce que vous vouliez “faire plus tard” ? 

J’étais passionnée par les livres d’art et les romans qui traînaient chez moi. L’étrangeté des siècles passés me fascinait. Je voulais intégrer ce monde des raconteurs d’histoires, des faiseurs d’images. 

Après Caprice et Éternité, quels sont vos projets dans le cinéma ?

Les Garçons sauvages, de Bertrand Mandico, devrait sortir cette année. Je dois aussi tourner dans le prochain film de Christine Lipinska, Le Grand Voyage, et dans Curiosa, de Lou Jeunet. J’attends aussi des nouvelles pour des projets en Angleterre.

Avez-vous des références en matière de septième art ? 

Avant de voir Pierrot le fou et À bout de souffle, je n’avais jamais saisi la grandeur du cinéma. Je ne savais pas qu’on pouvait raconter des histoires comme ça. Aujourd’hui, je découvre le cinéma asiatique et ça me passionne. J’ai adoré The Taste of Tea de Katsuhito Ishii, Dreams d’Akira Kurosawa, les films de Hirokazu Koreeda, de Hitoshi Matsumoto… 

Êtes-vous sensible à la mode ? 

J’aime la mode, la photographie, ce que raconte le vêtement. Et contribuer à créer une image avec un photographe. 

La vie à Paris, cela vous plaît ?

Adolescente, je vivais à Dreux. Paris, c’était loin et proche à la fois. C’était mon rêve de liberté, vivre à Paris. Aujourd’hui que j’y habite, libre, heureuse et amoureuse, je rêve parfois d’un ailleurs, mais Paris restera toujours, je le pense pour l’instant, mon port d’attache.

Si vous pouviez voyager dans le temps, quelle époque choisiriez-vous ? 

Pour rien au monde je ne voudrais changer d’époque. Parce que j’assume notre petite période creuse bien pourrie. Il est de notre devoir de l’enrichir et de la transcender pour vivre en harmonie. 

Quelle est votre philosophie de vie ?

Je repense souvent à l’incipit des Confessions de Rousseau, le côté mégalo en moins (elle cite de tête) : “Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi…” Mon grand-père aurait pu résumer cela ainsi : “Bien faire et laisser dire”.

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