Femmes

Quand Maria Grazia Chiuri commente nos archives...

by Marguerite Baux
03.07.2017
Pour le soixante-dixième anniversaire de la maison fondée par Christian Dior, la nouvelle directrice artistique, Maria Grazia Chiuri, commente huit silhouettes iconiques issues des archives de L’Officiel.
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Dans "L'Officiel" N. 341-342 de septembre 1950.

Dix ans de travail, soixante ans de postérité : face à l’empire Dior, on oublie souvent qu’il repose sur une brève période de création intense, entre la première collection de 1947 et la mort du couturier, en 1957. À l’occasion du soixante-dixième anniversaire de sa fondation, la maison Dior s’offre au musée des Arts décoratifs une vaste rétrospective présentant quatre-cents de ses plus belles robes, ses sources d’inspiration et ses héritiers. La féminité comme un rêve, dans une mise en scène de Nathalie Crinière. Plus qu’un hommage : une cérémonie sacrée.




Exposition “Christian Dior, couturier du rêve”, du 5 juillet au 7 janvier au musée des Arts décoratifs à Paris. www.lesartsdecoratifs.fr

Octobre 2003

La période John Galliano fut marquée par la théâtralité et le spectaculaire : cette image m’évoque l’historicisme et la mondanité, mais dans une dimension tout à fait différente et décalée. Un choc extraordinaire des imaginaires.” Maria Grazia Chiuri

Septembre 1958

La silhouette nette de cette tenue signée Yves Saint Laurent est, à mes yeux, comparable à une sculpture de Marino Marini. Le tissu se plie aux désirs de celui qui a construit et tracé une forme absolue. La femme Dior est une rencontre entre la ligne et la matière.

Mars 1980

Le power suit version Dior : un classique des années quatre-vingt qui ne renie pas la féminité mais la redéfinit pour doter d’un uniforme les femmes sorties victorieuses des combats féministes. Un mélange de lignes simples et nettes, dans lesquelles réside la perfection du modèle.

Mars 1947

Selon moi, la grâce et l’harmonie sont les éléments clés de cet ensemble, qui présente, par essence, toutes les caractéristiques de la silhouette ‘Corolle’ iconique : une exaltation du corps féminin que Monsieur Dior comparait à une fleur. Il s’agit sans conteste d’une ligne qui a marqué son époque et qui est entrée dans l’histoire de la mode.

Avril 1967

Un manteau psychédélique, presque impertinent par sa couleur et sa coupe, typique des années soixante – mais avec une ceinture qui apporte de la vie : cette tenue illustre la capacité de la maison à se renouveler, à travers ses différents directeurs artistiques, dans ce cas Marc Bohan, tout en respectant son époque et sans renier ses codes.

Octobre 1972

Les années soixante-dix sont celles de l’émancipation de la femme : quelle meilleure façon de crier au monde qui l’on est que de s’afficher en total red ? Une couleur qu’affectionnait Dior, mais aussi celle de la passion, de l’engagement, de la fierté. Une couleur qui symbolise l’audace de revendiquer sa liberté face aux stéréotypes imposés.”

La puissance narrative de cette création, évocatrice de contrées lointaines et de l’allure glamour caractéristique de la maison, témoigne de la vision globale de Dior.

Avril 2017

Cette tenue (issue de la première collection prêt-àporter de Maria Grazia Chiuri pour Dior, ndlr) résulte d’un parcours créatif marqué par la soustraction, la sublimation, la synthèse. Elle réunit les codes Dior et les ramène à leur degré zéro, à leur essence originelle : c’est l’interprétation moderne de l’icône.

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