Femmes

Aymeline Valade : "Ma féminité, c’est mon androgynie"

by Raphaël Cioffi
13.07.2017
Le top français retrouve le grand écran dans la superproduction de Luc Besson, Valérian et la Cité des mille planètes. De la Riviera, où elle a grandi, aux confins de la galaxie, plus rien n’arrête son ascension.

Texte par Raphaël Cioffi
Photographie par Daniyel Lowden
Stylisme par Vanessa Bellugeon

Coiffure Mickael Jauneau
Maquillage Jonathan Sanchez
Assistante photo Mia Dabrowski 
Assistante Stylisme Damèse Savidan 

L’histoire voudrait que, pour Aymeline Valade, tout commence quand elle se fait repérer dans le Sud, par hasard. Faux. Tout commence lorsque Aymeline Valade repère le hasard et décide de le laisser guider sa vie. Quand on la rencontre, l’élégance de l’imprévu semble se poser sur ses mots, ses cheveux, ses projets, ses gestes. Cet imprévu qui l’a menée à jouer dans le sublime Saint Laurent de Bertrand Bonello et, aujourd’hui, dans la superproduction de Luc Besson, Valérian et la Cité des mille planètes. Ce même imprévu qui permet à son allure androgyne d’incarner un nouveau genre d’égérie pour Chopard, résolument moderne, ou d’interpréter son propre rôle dans la série Dix pour cent. Artiste passionnée qui préfère les questions aux réponses, Aymeline Valade se sert dans la vie comme dans un buffet, passant de la philosophie aux défilés avec une aisance assumée. Rencontre.

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Chemise en faille de soie, jean en denim de coton, sac à rabat carré “Dioraddict” en toile, Dior. Bague en or rose éthique, collection “Ice Cube Pure”, bague en or blanc serti de diamants, collection “L’Heure du diamant”, Chopard.
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Blouson à manches exagérées en cuir, pull à col rond en maille, T-shirt col rond en coton, minijupe plissée retournée en gabardine et bottes “Niki” en cuir, Saint Laurent par Anthony Vaccarello. Clips d’oreilles en or blanc serti de diamants et collier en platine serti de diamants, collection “Haute Joaillerie”, Chopard.
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Chemise en faille de soie, sac à rabat carré “Dioraddict” en toile, Dior. Boucles d’oreilles en or rose éthique, collection “Ice Cube Pure”, Chopard.
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Manteau-cape en laine, blouse en georgette de soie et pantalon oversize en flanelle, Michael Kors Collection. Clips d’oreilles en or blanc serti de diamants, collection “Haute Joaillerie”, bagues en or rose éthique et en or blanc éthique, collection “Ice Cube Pure”, bague en or blanc serti de diamants, collection “L’Heure du diamant”, Chopard.
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Robe plissée en Lurex, Loewe. Boucles d’oreilles en or blanc éthique, bracelet en or blanc éthique serti de diamants, bague en or rose éthique, collection “Ice Cube Pure”, bague en or blanc serti de diamants, collection “L’Heure du diamant”, Chopard.
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Blouson à manches exagérées en cuir et bottes “Niki” en cuir, Saint Laurent par Anthony Vaccarello. Bagues en or rose éthique, en or rose éthique serti de diamants et en or blanc éthique, collection “Ice Cube Pure”, bague en or blanc serti de diamants, collection “L’Heure du diamant”, Chopard.
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Longue chemise et pantalon en laine mélangée, bottes hautes en cuir nappa stretch, Céline. Boucles d’oreilles, collier et bracelet en or jaune éthique, collection “Ice Cube Pure”, bagues en or rose éthique et en or blanc éthique, collection “Ice Cube Pure”, bague en or blanc serti de diamants, collection “L’Heure du diamant”, Chopard.
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Trench-coat en toile technique, jupe longue en soie stretch, giorgio Armani. Clips d’oreilles en or blanc serti de diamants, collection “Haute Joaillerie”, bagues en or rose éthique et en or blanc éthique, collection “Ice Cube Pure”, bague en or blanc serti de diamants, collection “L’Heure du diamant”, Chopard.
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Veste en cuir taupe avec détails en cuir, micro-veste en tricotine avec empiècements matelassés, pull en laine stretch avec détails en cuir, jupe en velours côtelé avec détails en cuir, Nina Ricci. Boucles d’oreilles et collier en or jaune éthique, collection “Ice Cube Pure”, bagues en or rose éthique serti de diamants et en or blanc éthique, collection “Ice Cube Pure”, bague en or blanc serti de diamants, collection “L’Heure du diamant”, Chopard.
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Robe en mousseline de soie et cuissardes en cuir stretch, Fendi. Boucles d’oreilles en or jaune éthique, collection “Ice Cube Pure”, bagues en or rose éthique et en or blanc éthique, collection “Ice Cube Pure”, bague en or blanc serti de diamants, collection “L’Heure du diamant”, Chopard.

Vous êtes née à Montpellier, vous considérez-vous comme une fille du Sud ?

Aymeline Valade : J’y suis juste née, ensuite nous sommes partis pour Lyon et Paris, puis à la campagne, pour finalement nous installer à Nice quand j’avais 14 ans. Les Niçois me disent que je suis parisienne, et à Paris on me dit que je suis niçoise. En gros, ils ont juste décidé de ne m’accepter nulle part. (Rires.)

 

 

Quand on pense aux femmes du Sud, on pense plutôt à une ultra-féminité, loin de votre allure androgyne. Est-ce en réaction ?

Absolument. J’ai essayé le make-up, les talons, les pantalons moulants…, mais quand je me regardais, j’avais vraiment l’impression d’être travestie. Alors que, habillée en garçon, je me trouve très féminine, plus sexy, je trouve qu’il y a un chien qui se dégage. Et il faut savoir que ma mère était un vrai garçon manqué, ma première image de la femme avait les cheveux courts et une chemise de bûcheron. À chaque fois que je minaudais, elle me reprenait en me disant que ce n’était pas comme ça que j’allais avancer dans la vie.

 

 

C’est drôle, on imagine plutôt les mères dire à leur fille “Sois plus féminine”…

Elle, c’était l’inverse ! Mes parents m’ont vraiment éduquée autour du savoir et de l’esprit. Les seules choses qui comptaient, c’était d’avoir des valeurs, connaître la philosophie, les sciences, avoir une sensibilité pour la poésie… Ils m’ont élevée comme une personne, pas comme un garçon ou une fille. Du coup je ne m’étais jamais vraiment posé la question de ce qu’était la féminité ou la masculinité. Surtout que, à la campagne, quand on a un problème, on s’en fiche que ce soit un homme ou une femme, la première personne qui arrive est celle qui va aider. Il a fallu que j’arrive à Nice à 14 ans pour que je réalise que j’étais une femme.

 

 

Aujourd’hui vous devez encore plus le ressentir dans votre métier…

Justement, j’ai découvert ma féminité dans mon métier. Ma féminité, c’est mon androgynie.

 

 

Les beautés qui font consensus, les actrices considérées comme des sex-symbols vous touchent-elles ?

Ce phénomène ne me parle pas. Quand on est française, et je pense vraiment que c’est culturel, on a une éducation où ce qui doit primer est l’intelligence. Regardez l’incarnation de la beauté française, c’est Charlotte Gainsbourg : elle n’est pas belle, elle est magnifique ! Je pense à Isabelle Huppert aussi. Il y a de nombreuses formes de féminité, des limites dans lesquelles je me reconnais et avec lesquelles j’aime jouer.

 

 

À propos de cinéma, pouvez-vous nous parler de votre rôle dans le nouveau film de Luc Besson ?

J’ai adoré ! Disons que je suis la porte-parole d’une tribu qui est un peu l’alpha et l’oméga de la problématique. Voilà !

 

 

Hum, je n’ai rien compris… Avez-vous vraiment lu le scénario ?

Non ! (Rires.) Je n’ai lu que ma partie, Luc m’a expliqué le reste, j’étais ravie, c’était exactement ce que je voulais faire.

 

 

Vous êtes également égérie pour Chopard. On aurait plutôt tendance à vous imaginer sans bijoux qu’avec…

Au contraire. Quand je suis allé au Festival de Cannes pour Saint Laurent, je portais un smoking avec des bijoux. Ils ont dû voir une autre façon de les porter, plus moderne, en dehors des stéréotypes habituels. Je mets un bijou car, quand on construit un look, on a besoin de respiration et de lumière. Par exemple, retrousser ses manches ou laisser les chevilles nues en smoking, laisser des touches de peau, cela permet de créer des points de respiration. Les bijoux, eux, créent les points de lumières pour illuminer le visage.

 

 

Peu importe la tenue, il y a toujours le même équilibre ?

J’essaie de créer des styles qui me font me sentir bien, qui ne sont ni chargés ni lourds. Cet équilibre, c’est mon approche dans la vie en général. J’aime autant les sciences que la poésie. Et plus on avance dans les sciences, plus on y trouve de la poésie, du divin. Plus on avance dans la poésie, plus on comprend que c’est une science. J’aime quand tout se confond, quand tout ne forme qu’un.

 

 

Qu’y a-t-il du Sud en vous ?

Mon rapport à la nature, mais ça ne vient pas forcément du Sud. J’aime la bonne cuisine fraîche, faire des barbecues, des piqueniques, prendre le temps. Surtout prendre le temps.

 

 

“Valérian et la Cité des mille planètes”, de Luc Besson, sortie le 26 juillet.

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