Beauté

Ombré Leather, le nouveau parfum de Tom Ford

Avec son dernier parfum, Ombré Leather, le nouveau Tom Ford évoque les paysages du Sud‑Ouest américain avec une fragrance qui réchauffe l’ambiance.
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Les déserts si évocateurs du Sud-Ouest américain n’ont pas de secret pour Tom Ford. La mémoire de ce natif d’Austin, au Texas, est habitée par les effluves des buissons de sauge, des mesas terreuses et des rochers chauffés par le soleil. “Pour moi, les années 1970 à Santa Fe représentent une période véritablement mythique. En un sens, c’est resté un idéal.” Il y a déménagé à l’âge de 11 ans, et la ville de son adolescence demeure dans ses souvenirs le parangon d’une bohème florissante. “L’écho des années 1920, époque où D.H. Lawrence et d’autres intellectuels avaient fui l’Est pour venir s’y installer, était encore très présent.” Il est vrai que Santa Fe a longtemps occupé une place à part, à la dimension quasi spirituelle, dans l’histoire culturelle américaine, telle une sorte de “colonie spontanée” accueillant les artistes et écrivains venus chercher inspiration et réconfort dans ses paysages immenses et accidentés.

Ce lien fort avec le Sud-Ouest a accompagné Ford tout au long de sa carrière de designer et de cinéaste. Il suffit de jeter un œil à son film Nocturnal Animals, dont l’action se déroule dans l’atmosphère menaçante de l’ouest du Texas, ou de se repasser ses campagnes de mode, où les paysages désertiques sont omniprésents. Et, de fait, Ford a conservé jusqu’à très récemment une maison aux abords de Santa Fe, au NouveauMexique – une résidence hyper-minimaliste dessinée par Tadao Ando sur le Cerro Pelon Ranch.

Pour Ford – dont la ligne de parfum a été lancée en 2006 avec Black Orchid, et comprend maintenant plus de 80 variétés –, le sens de l’odorat est celui qui lui évoque le plus son enfance, et joue un rôle central dans les réinterprétations qu’il en a faites par la suite. “Certains de mes souvenirs d’enfance préférés sont des souvenirs d’odeurs, explique-t-il. Je parle souvent de Santa Fe dans les années 1970 – le patchouli y était omniprésent, et toujours mêlé à une sourde odeur naturelle de terre.”

“Il y a du cuir noir dans Ombré Leather, précise le designer. Cela me rappelle mon ranch à Santa Fe – un mélange entêtant de terre, de sueur et de cheval.”

Désormais, avec sa nouvelle senteur, Ombré Leather, ce paysage du Sud-Ouest qui inspire tant Ford s’incarne en une eau de parfum unisexe aromatique, terreuse et résolument sexy. “Il y a du cuir noir dans Ombré Leather, précise le designer. Cela me rappelle mon ranch à Santa Fe – un mélange entêtant de terre, de sueur et de cheval.” Pour compléter ces notes masculines, la chaleur de l’ambre vient donner au parfum un côté ardent, souligné par la présence de la mousse blanche en note de fond. “L’ambre est l’un de mes ingrédients favoris au monde, insiste Ford. Ses textures arrondies et ses couleurs ocre m’évoquent un tableau du désert de Santa Fe par Georgia O’Keeffe.”

Lorsqu’on l’invite à imaginer la personnalité qui sera attirée par ce parfum, Ford souligne que, comme pour toute bonne fragrance, “chaque personne qui le porte s’y reliera à sa façon”. Mais quand on lui demande quel est le rapport qu’il entretient pour sa part avec sa création, il est moins ambigu : “C’est un parfum avec lequel je me sens chez moi.” Effectivement, si T.E. Lawrence, alias Lawrence d’Arabie, avait le sentiment que “la foi du désert paraît inexprimable en mots et même, il faut l’avouer, en pensées”, Ford est bien parvenu à la piéger dans un flacon. 

Traduction Héloïse Esquié

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