Be Well

Un esprit sain dans un corps sain, est-ce vraiment possible ?

Qu’il s’agisse de massage, boxe, fitness ou yoga, quatre experts renommés, gourous dans leur domaine, confirment le célèbre adage “mens sana in corpore sano”. Ils nous livrent leur philosophie.
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Martine de Richeville

“Aider les femmes à restaurer leur image en créant une spirale vertueuse, un déclic positif.”

Les success stories tiennent parfois à peu de chose : celle de Martine de Richeville s’est jouée sur un lumbago. Forte d’une formation en psychologie et médecine chinoise, elle installe ses locaux il y a seize ans dans un club de sport parisien, sans savoir ce qu’elle y fera, si ce n’est que cela touchera au bienêtre. Un 31 décembre, elle est appelée à la rescousse par une amie immobilisée par un mal de dos. Une fois passée sous ses mains magiques, cette dernière dansera toute la nuit, comme le raconte cette blonde hitchcockienne au sourire apaisant. Sa carrière est lancée, et le nom de Martine de Richeville commence alors à circuler chez les Parisiennes de la mode et des arts, toutes fans de son remodelage signature : un protocole manuel exclusif qui agit sur la masse graisseuse via une gestuelle ciblée, décolle la cellulite et réoxygène les tissus tout en les tonifiant.
Loin de s’en tenir à nos bourrelets rebelles, sa méthode devenue marque déposée met également l’accent sur le mental. “Je pars du principe qu’on ne stocke pas les graisses par hasard. Cela se fait en fonction des particularités de chacune, car le corps des femmes est beaucoup plus impacté par l’aspect émotionnel que celui des hommes. Par exemple, les culottes de cheval importantes sont bien souvent des parechocs psychologiques, on les retrouve fréquemment sur les femmes qui se protègent beaucoup. Les bouées autour des hanches reliées aux méridiens de la vessie symbolisent quant à elles les peurs archaïques, et sont souvent liées à la relation avec la mère. Cela nous renvoie à nos insécurités profondes et enfouies, sous l’effet du massage on redevient ce jeune enfant qui a peur de se lancer dans le grain bain”, explique-t-elle.
Grâce à sa gestuelle experte qu’elle enseigne désormais dans une école dédiée, Martine de Richeville agit certes sur nos capitons rebelles, mais également sur notre équilibre spirituel : “J’agis sur le lâcher-prise et j’aide les femmes à restaurer leur image en créant une spirale vertueuse, un déclic positif. À l’issue des séances, beaucoup de femmes modifient leur nutrition, ou émettent l’envie d’amorcer une thérapie.” Disons le tout net, ses massages qui agissent simultanément sur la circulation sanguine, lymphatique et énergétique ne sont pas toujours une partie de plaisir. Puissants et profonds, ils peuvent être douloureux, mais l’efficacité est au rendez-vous et, surtout, leurs effets sont pérennes.

 

 

13, bd Malesherbes, Paris 8 e. www.martinedericheville.com

“Être sur un ring comme on est dans la vie.”

Il aurait pu se contenter d’un palmarès hors du commun, mais c’eût été mal le connaître : loin de se cantonner aux trophées sportifs, Jean-Yves Davison a toujours placé la pédagogie au cœur de son parcours. Dès 12 ans, il commence la boxe puis alterne kick-boxing, boxes anglaise et thaïe et multiplie les succès au gré des années. Champion de France de boxe thaïlandaise, vice-champion du monde de kick-boxing, il s’entraîne plus de 4 heures par jour et s’impose une discipline de fer. “J’avais pourtant la sensation de tourner en rond, de répéter sans cesse la même routine. Je ressentais un besoin fort de partager mes connaissances”, déclare-t-il. À 22 ans, il se lance dans une carrière de médiateur, avec la boxe pour clé de voûte.
C’est durant ces années d’enseignement qu’il affine ce qui deviendra le concept du Noble Art Club, nouvelle référence parisienne de l’apprentissage de la boxe : des clubs nouvelle génération où une équipe d’experts triés sur le volet encadre et motive les sportifs confirmés comme les débutants. “Beaucoup de clients viennent me voir et arrivent en colère sans en avoir conscience. On met alors des exercices en place pour leur faire prendre du recul, travailler leur ressenti tout en s’exerçant.”
Si la boxe souffre encore d’une réputation sulfureuse, Jean-Yves Davison dément les idées reçues en insistant sur les notions de bienveillance et de respect, deux éléments intrinsèquement liés à cette discipline souvent perçue à tort comme violente : “Pendant des années, la boxe était un sport de banlieue, les gens n’y voyaient que les cocards, les nez cassés. Des gens comme moi ont sorti la boxe des quartiers, et donnent à voir l’envers du décor : le combat n’est pas l’essentiel, ce qui importe c’est tout ce qu’il y a autour, que j’appelle le ‘squelette’ : l capacité à préparer son corps et son mental, connaître ses limites pour mieux maîtriser le stress et l’anxiété, et comprendre qu’on est sur un ring comme on est dans la vie : on y voit nos peurs, nos faiblesses.”
Particulièrement férue de boxe thaïlandaise et de kick-boxing, disciplines complètes qui stimulent jambes et fessiers, la gent féminine trouve dans ce sport un nouvel exutoire, à mille lieues des soporifiques workouts en salles. “Les femmes recherchent un muscle long, harmonieux, dessiné et longiligne, que l’on ne peut obtenir qu’avec le poids du corps”, poursuit Jean-Yves Davison. “Qui plus est, le mental et le corps sont indissociables, cela demande beaucoup de réflexion et d’intelligence, à l’inverse des machines où on se contente d’exécuter sans analyser.”

 

 

www.nobleartclub.fr

Lucile Woodward

“Se calquer sur la nourriture des enfants.”

Nouvelle prêtresse des filles normales qui ne se reconnaissent plus dans les coachs de stars, Lucile Woodward a attrapé dès l’adolescence le virus du fitness. Pour rassurer ses parents sceptiques quant aux débouchés professionnels d’une telle filière, elle choisit la sécurité en passant un deug de Biologie, puis opte pour une carrière de journaliste scientifique. À 24 ans, l’appel du sport est plus fort : Lucile passe son diplôme de coach sportif et crée un mix unique à partir de son background : elle enseigne le fitness, mais poursuit sa mission pédagogique de vulgarisation scientifique autour de la forme et de la santé via son blog. “Avec l’arrivée de mes deux enfants, je me suis confrontée aux problématiques des gens normaux. Ceux qui n’ont pas forcément le temps de se consacrer à leur silhouette ou au contenu de leur assiette”, explique-t-elle. “Depuis cinq ans environ, on assiste à une vraie prise de conscience : la performance n’est plus l’unique priorité, et la discipline sportive s’accompagne d’une amélioration globale de notre qualité de vie.” Jamais avare de conseils, son nouveau guide Objectif rentrée (disponible sur le site) spécialement conçu pour les working girls survoltées propose un programme de huit semaines d’entraînements express et de recettes de cuisine faciles. “Je conseille de se calquer sur la nourriture des enfants : privilégier le fait maison en évitant les aliments industriels, mettre l’accent sur les fruits et légumes et essayer au maximum d’élaborer des menus végétariens, surtout le soir. Cela permet une meilleure digestion, une amélioration de la récupération et du niveau d’énergie, et le sommeil devient plus réparateur.”
Mais surtout, Lucile Woodward voudrait qu’on en finisse avec la culpabilisation : “On se met bien souvent des barrières mentales, mais couper une tomate, y ajouter du basilic frais, du maïs et du riz cuisiné la veille avec une pointe de vinaigre de Xérès, c’est délicieux et beaucoup moins long que de réchauffer une pizza toute prête au four. La clé, c’est de se fixer des objectifs réalistes au quotidien, du pas à pas, à la façon d’une échelle dont on gravit les marches.”
À l’heure du body shaming, les groupes de discussion où ses adeptes échangent et se motivent mutuellement sont des bouffées d’air frais. Les femmes de tout âge y partagent leurs expériences, et échangent leurs points de vue, comme sur les forums d’antan.
“J’ai vécu les années 1990, ou il fallait être maigre comme Kate Moss. Désormais on s’éloigne de ça, et il y a de vrais progrès, notamment à travers le mouvement du body activism. Cela dit, on continue de subir des injonctions à la réussite, et on essaye de faire de nous des guerrières ! Il faut être musclée mais avoir des formes comme Rihanna, avoir de beaux seins, mener une carrière de business woman tout en restant sexy… Il reste du chemin à parcourir.”

 

 

www.lucilewoodward.com

Élodie Garamond

“Faire le plein de l’instant présent.”

Le yoga est entré dans la vie d’Élodie Garamond bien avant de devenir son cœur de métier : il y a plus de quinze ans, alors qu’elle vit en Australie et souffre d’insomnies chroniques, sa colocataire de l’époque l’y initie. La jeune femme débute par le vinyasa, puis étudie le iyengar pour assimiler les fondamentaux de l’alignement du corps. Mais le coup de foudre ultime viendra avec le yoga ashtanga, auquel elle confesse être devenue véritablement accro au fur et à mesure des années.
Revenue en France, cadre supérieure dans un grand groupe de communication, elle ressent une sensation d’étouffement alors qu’elle enchaîne une énième réunion dans une pièce sombre. Elle imagine alors le Tigre, un lieu multifacettes qui réunirait tous ses centres d’intérêt : du yoga certes, mais aussi des livres et des produits de beauté bio, et des massages ciblés. “J’aimais l’idée d’un club pensé comme une maison, qui réunirait de nombreuses pratiques psycho corporelles dédiées à tous”, explique-t-elle.
Quelques années plus tard, le Tigre s’impose comme le hot spot incontournable du yoga parisien, et compte trois adresses dans la capitale. L’ADN du lieu, c’est sa fondatrice qui en parle le mieux : “Un cadre harmonieux et confortable avec un esprit partagé de bienveillance et de non-jugement, et des cours dispensés par d’excellents profs, j’ose dire les meilleurs car je les adore tous.”
Passionnée par toutes les facettes du bien-être, Élodie Garamond prône les multiples vertus des médecines alternatives. Elle s’intéresse à tout le spectre du mode de vie healthy contemporain, des huiles essentielles aux plantes en passant par la sophrologie et l’acupuncture, tout en continuant son étude du yoga, discipline aussi impactante pour le corps que pour l’esprit. “La pratique du yoga passe par l’exercice du souffle, le pranayama. Mieux respirer, c’est mieux oxygéner son corps et son cerveau, pour des pensées plus claires, un mental plus stable, ce qui crée plus de calme intérieur et une écoute de soi plus subtile.” Une harmonie globale qui passe par des détails du quotidien : face aux excès de nos modes de vie urbains et ultraconnectés, Élodie Garamond conseille de renouer avec les fondamentaux : respirer, marcher en pleine nature, se connecter aux arbres et savoir se poser dans le silence intérieur quelques minutes par jour, à chaque fois que le besoin s’en fait ressentir.

 

 

www.tigre-yoga.com

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