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Tajan, nouvelle tête chercheuse

Mise en lumière de talents émergents ou de mouvements artistiques méconnus, voire oubliés, Tajan Artstudio a, depuis plusieurs années, accompli un travail comparable à celui d’une galerie, via une démarche orchestrée par Rodica Seward. C’est ce que démontre de nouveau l’exposition consacrée à l’avant-garde hongroise, à travers les œuvres de quatre artistes, à découvrir à l’Espace Tajan jusqu’au 21 octobre.
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On se souvient du rôle essentiel tenu par Rodica Seward, présidente de la maison de ventes Tajan, dans la mise en lumière des artistes de l’école de Cluj, dont certains figurent aujourd’hui parmi les plus recherchés du marché. Dans cette logique d’immersion sur les scènes artistiques d’Europe de l’Est, Tajan met l’accent sur quatre grands artistes hongrois présentés pour la première fois ensemble à Paris : Imre Bak (né en 1939), György Jovánovics (né en 1939), Ilona Keserü (née en 1933) et István Nádler (né en 1938). La mise en perspective des œuvres de chacun d’eux en un accrochage dense mais tout en fluidité laisse apparaître le legs du modernisme hongrois d’avant-guerre. Plus largement connu, pour ce qui concerne la première moitié du XXe siècle, ces esthétiques incarnées par Moholy-Nagy (1895-1946, devenu citoyen américain) mais également la diaspora née en Hongrie et tôt établie dans d’autres pays d’Europe (tels Victor Vasarely, Simon Hantaï, Judit Reigl) ont bénéficié des influences artistiques en vigueur dans le monde libre post-Seconde Guerre mondiale. “Pour moi, d’origine roumaine, ce fut une surprise d’observer les divergences entre les artistes hongrois actifs dans les années 1960-80 derrière le rideau de fer et leurs voisins roumains créant courageusement sous le régime de Ceausescu, tels Ion Grigorescu et Geta Bratescu”, indique Rodica Seward. Ce que laissent apparaître les œuvres de Bak, Jovánovics, Keserü et Nádler est l’influence directe ou plus diffuse de l’histoire géométrique constructiviste des modernistes d’avant-guerre, mais également une dimension d’innovation, flirtant parfois sur les rives du pop art, alors même que ces artistes n’avaient pas connaissance de la prégnance de ce courant à la même époque aux Etats-Unis. “J’ai été frappée et émerveillée par les artistes hongrois d’après-guerre lorsque j’ai découvert pour la première fois István Nádler dont le travail, très novateur dans les années 1960, continue de nous surprendre, notamment avec la série Seven Last Words”, souligne Rodica Seward. Du postulat initial purement géométrique, les artistes choisis par Tajan Artstudio intègrent des éléments figuratifs (Bak), un parti-pris monochromatique et minimaliste (Jovánovics), une densité organique et sexuelle (Keserü), ou encore l’évolution d’une abstraction lyrique vers une esthétique minimaliste (Nádler). Quatre voix à découvrir dans toute leur singularité.

 

“The Hungarian avant-garde, third generation”, Espace Tajan, 37, rue des Mathurins 75008 Paris, T. +33 1 53 30 30 30.
Du 15 au 21 octobre, entrée libre, du lundi au vendredi, de 10h à 18h ; samedi et dimanche, de 11h à 18h, www.tajan.com/​​

 

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