Voyages

Madhya Prades : L'Inde intouchée

by Jean-François Guggenheim
12.06.2017
Laisser le bouillonnement "Bombaysque" et rejoindre le centre, vaste et méconnu. Croiser des chameaux, des baobabs, des palais Afghans, des dinosaures de carton-pâte, des pèlerins, des danseuses, un fleuve sacré, des envolées de saris... et puis rester quelques jours dans une demeure de Maharadjah dominant le courant. Presque comme avant.

Photographie par Sohrab Hura (Magnum Photos)

- Deux jours à Bombay ? Y songez-vous ? L’idée me laisse perplexe. Je me rends dans le centre de l’Inde, dans l’État du Madhya Pradesh, cela nécessite-t-il de passer deux jours à Bombay ?
Je garde un souvenir poliment mitigé, mais surtout anxiogène, de trop courtes escales dans de grandes villes indiennes, il y a de cela quelques années. Chennai, l’ancienne Madras, où je m’arrêtai sur le chemin de Pondichéry, ne conservait de son charme d’antan que la nostalgie des mouchoirs d’une tendre grand-maman. Y régnait une intense pollution, une insupportable densité humaine. Et puis Delhi, New Delhi plus exactement, sur la route d’un périple au Darjeeling. Une mégapole dantesque, aimée autant qu’haïe. Le ballet poétique des envolées de saris dans la gare centrale, les moignons suintants, une misère agglutinée aux feux, trop longtemps rouges, une cité congestionnée.
Sous les ailes du Boeing 777 siglé Jet Airways, compagnie d’ici, les centaines de kilomètres carrés de Bombay et ses dizaines de millions de loupiotes défilent à l’infini. Il est minuit. Le pilote annonce une température de 28 C°, température somme toute rassurante au regard des 37 C° prévus au départ de Paris. Et, au sortir de l’avion, c’est une bouffée d’air douce et iodée qui vous souffle au visage, vous remplit le nez. Le taxi se fraie aisément un chemin dans la nuit de la ville qui vit, semble-t-il, sans tenir compte de l’heure tardive. Sur les remblais que borde la mer d’Oman, les joggers courent et les amoureux se pâment d’éternelles et adolescentes promesses, dents étincelantes sous la demi-lune posée dans le ciel tel un bol de lait. Au tout petit matin, le soleil s’est levé plein Est, comme il se doit, ici comme là-bas. Les deux baies vitrées de la suite perchée au quinzième étage de l’hôtel Oberoi versent sur la mer, d’un bleu clair. Une ligne de flottaison, série de corps-morts tel un collier de tomates cerises, se démarque des couleurs de quelques barques de pêcheurs, déjà à l’œuvre.
À l’horizon, tout proche, au-delà de la baie, les gratte-ciel s’alignent dans la ouate, en une BD futuriste qu’aurait créée Enki Bilal. Deux jours à Bombay ! J’y pars à la découverte d’Eros et du Regal, du Rex et du Liberty, derniers cinémas Art déco de la ville, qui s’est réapproprié, il y a une quinzaine d’années de cela, son incroyable patrimoine architectural. Avec près de huit cents bâtiments, Bombay est le second plus important ensemble Art déco au monde après Miami.
 

D’ici à la gare Victoria, il n’y a que deux pas et je me risque à prendre l’un de ces trains de banlieue… Histoire de… J’y suis le seul Européen et, au milieu de la cohue d’un wagon masculin, véritable nid de frelons accrochés à des poignées d’acier, ou cheveux dans le vent sur les marchepieds des portes grandes ouvertes, on remarque l’étranger, le questionne, tente gentiment de lui créer un espace vital, il est là question de pouvoir respirer. Deux jours à Bombay passés tels un battement de cœur : l’extraordinaire laverie à ciel ouvert de Dhobi Ghat, ces mille lavoirs au milieu des gratteciel, des déjeuners farsis de ces Perses autrefois chez eux ici, des pinces de crabe royal pêché dans la baie. Bollywood bien sûr, sublime de kitsch, et la demeure de Gandhi, sa vie, une philosophie…Les quartiers rénovés de ce nouveau Bombay, qui se transforme, s’enrichit. Puis, puis… les nuits de Bombay : lounge bars surplombant la ville, Indiennes à la beauté épurée, mannequins manichéens, dance floors endiablés, petits déjeuners sur la baie. Le charme a opéré. Je reviendrai à Bombay.

Ce matin signe le départ pour le Madhya Pradesh. État le plus vaste du pays et pourtant inconnu des “grands voyageurs” qui, de la fin des années 50 jusqu’aux tardives seventies, sillonnèrent le sous-continent indien. Kipling, pour autant, y puisait l’inspiration de son Livre de la jungle. Union Carbide imprimait son logo dans le désastre industriel de Bhopal. 20 000 personnes devaient y laisser la vie. Khajuraho offrait au travers de ses palais la torride interprétation sculpturale de l’érotisme du Kamasutra. Mumbai-Indore. Le vol ne dure pas deux heures…Totalement indolore !
Au sortir de la ville industrielle, une trentaine de chameaux envahissent l’asphalte, montés par d’improbables cavaliers, familles incluant papis et mamies très vaillants, de petits enfants espiègles autant qu’agiles à mener les bêtes : En avant ! Véritables caravanes qui charrient ustensiles de cuisine et télévision, un fauteuil, un semblant de salon. Ce sont des tribus nomades du Rajasthan voisin, venues chercher l’eau, accompagnant des troupeaux de chèvres par centaines qui ratissent la terre en bord d’autoroute. Puis le chemin devient brinquebalant, les nids de poule fréquents. Devant les cahutes de chaux bleue, les mamans et leurs filles étendent un linge aux couleurs d’arc-en-ciel vives et profondes. Les mômes se bercent dans une balancelle de toile colorée, y tiennent à cinq ou six, ou huit, rigolent et posent devant l’objectif. Les chiens recherchent l’ombre rare, dans la torpeur de la chaleur qui grimpe au fil des heures. Au détour de virages, en bordure de champs explosent la musique et les danses auxquelles se prêtent les anciennes et les enfants, saris au vent. Les percussions vont bon train. Les adolescents, cheveux gominés et Ray-Ban de ciné sur le nez font les kékés, moquent gentiment leurs ainés, veulent un selfie avec l’étranger. On fête l’arrivée d’une nouvelle statue de l’un des trente millions de dieux du panthéon hindouiste qui bientôt va rejoindre le village.

Nous arrivons à Dhâr, ville oubliée entourée de ses trois lacs. J’adore Dhâr, et semble bien être le seul voyageur en ce jour de marché dans l’ancienne capitale devenue une ville que l’on penserait banale. Des étals sur pneus de bicyclettes sont poussés par des hommes, tirés par des bœufs, devant des immeubles de deux à trois étages couleurs Malabar ou fraises Tagada. Une architecture jugée atroce selon les critères esthétiques des grandes cités indiennes, mais qui me fait rigoler, qui n’est pas sans rappeler les affiches des nanars de Bollywood. Des chariots dédiés aux fêtes nuptiales brillent dans le soleil de leur déco ripolinée. Au-dessus, au-delà, sont les remparts d’un fort laissé en désuétude, dernière trace de la dynastie Paramàras, construit au xive siècle par le sultan de Delhi. Plus loin est la somptueuse mosquée de Làt Masjlid, datant de 1405, servant tantôt aux musulmans tantôt aux hindouistes, selon les jours de rituels. On ne s’y mélange pas. On ne plaisante pas avec cela.Au départ de Dhâr, le long de la route qui mène à Mandu, de curieux arbres, déjà rencontrés ailleurs, en un tout autre continent, poussent comme s’ils étaient ici chez eux. De colossaux baobabs côtoyant les tours mogholes apparaissent au milieu des champs de blé, font de l’ombre aux chèvres égarées. L’histoire veut que les sultans locaux firent commerce au xive siècle avec les califes d’Égypte. Tout bon négoce s’accompagnant de cadeaux, rares, ils offrirent des perroquets parlant et reçurent en retour des graines de baobabs que les Égyptiens avaient collectées en-deçà du Sahara. Elles prirent si bien racines ici qu’elles firent de la région leur résidence secondaire, à des milliers de kilomètres de l’Afrique noire, dont elles sont originaires.

Les arbres sacrés mènent au trésor de Mandu. Trésor architectural unique au monde que cette série de palais afghans situés au cœur de l’Inde. L’ancienne capitale d’un État princier est aujourd’hui tel un village. Une étonnante citadelle murée par 75 kilomètres de fortifications. Les palais succèdent aux bassins que côtoient les hammams, des étangs et une mosquée remarquable, quelques arbres millénaires, un harem qui abritait quinze mille concubines. Pour autant, c’est pour une femme unique, danseuse hindoue au nom doux de Rani Rupmati, que le prince afghan Baz Bahadur fit construire Mandu. Un premier palais, puis un second, un troisième, puis tant d’autres. Leur mariage se fit selon les rituels hindouiste et musulman. Mais le Moghol veillait, qui au travers d’Adham Khan décidait d’envahir le petit royaume. Tandis que Baz Bahadur partait quérir de l’aide, il investissait Mandu, restait stupéfait devant la beauté de la princesse qui, plutôt que de se rendre, de s’offrir, mettait fin à ses jours en s’empoisonnant. Il faut lire ou relire Lady of The Lotus, traduction anglaise d’une série de vingt-quatre poèmes perses écrits au xvie siècle et contant l’amour maudit des deux amants de Mandu.
Deux pèlerins sont là, posés sur un banc rouge et blanc, regardent un palais qui se réfléchit en un étang. Ils m’interpellent : d’où suis-je et où me rends-je ? Eux marchent depuis un mois déjà. Ils ont parcouru, aux côtés des dieux, près de deux mille kilomètres. Leurs pas vont les mener vers le plus sacré des fleuves indiens, la Narmada, sur les traces de la déesse du Gange qui, métamorphosée en vache noire, chaque année, allait s’y baigner, se purifier. Ils y seront pour Maha Shivaratri, l’anniversaire de mariage de Shiva, l’un des deux principaux festivals hindous de l’année. Le cheminement reprend. L’Ambassador, mythique voiture indienne, traverse une série de canyons. Le soleil est cruel, ardent. Le supplice n’en n’est qu’à ses prémices. Les températures vont graduellement augmenter au fil de la saison, pouvant atteindre les 50 C°, puis ce sera la mousson, libératrice, du mois de juillet.
Nom de Dieu ! Sorti de nulle part, un dinosaure de sept ou huit mètres de haut apparaît juste là, à trois pas. Coup de chance, il ne croque pas l’auto. Je suis resté de marbre, lui est de métal. Un peu plus loin, deux œufs énormes, jaunes et noirs, accueillent les bureaux fermés d’un Jurassic Park imaginé mais non finalisé. Quelques crocodiles géants et de pierre nous laissent passer, stoïques. Et nous repartons, au-delà des canyons, vers notre but ultime, chez Richard Holkar… Pas tout à fait par hasard. Était-ce il y a dix ans ? Un peu plus ? Un peu moins peut-être ? À l’approche du fleuve sacré, ma mémoire part à vau l’eau. C’était à Paris, lors d’un déjeuner avec Isabelle. Elle m’avait conté cette rencontre inopinée avec un maharadjah dans l’État du Madhya Pradesh quelques mois auparavant. La relation épistolaire qu’ils avaient nouée. Plus prosaïquement l’échange de mails. Elle le rejoignait demain à Londres à l’occasion d’une exposition à laquelle il l’avait conviée. Elle semblait heureuse, légèrement intimidée. Ils venaient dîner quelques mois plus tard à la maison. Il s’appelait Richard. J’ai le souvenir d’une vive intelligence, d’un sens de l’humour évident, d’une classe naturelle et atavique, de chaussettes à rayures épatantes.
- Bonjour. Vous êtes Jean-François ? Je m’appelle Aymée. Bienvenue à Ahilya Fort. Vous connaissez Richard ?
- Nous avons dîné un soir à Paris. Je connais mieux Isabelle.
- Quel dommage. Elle est repartie pas plus tard qu’avant-hier. Maheshwar. Le nom m’avait replongé dans le Mahabharata mis en scène par Peter Brook il y a quelques années de cela, à la Cartoucherie je crois. J’y suis enfin, dans cette petite ville religieusement posée au-dessus du fleuve mystique. Et c’est bien une ancêtre de Richard, la reine Ahilya Bai qui, en 1766, déplaçait la capitale d’Indore vers Maheshwar, y faisait ériger une série de temples à la gloire de Shiva, une forteresse imprenable, remettait la religion hindouiste à l’honneur, face à l’hégémonie des Moghols. En pénétrant dans le fort, j’aperçois une petite foule de passants venus rendre hommage à la reine qui avait su s’entourer autant d’hindous que de musulmans, qui était parvenue, en ces périodes troublées, à créer un climat de prospérité et de paix. Le temps a passé. Les maharadjahs se sont succédé jusqu’à aujourd’hui. Notre hôte Richard Holkar est là, et si les étoffes qu’il porte sont plus adaptées à la chaleur que les vêtements occidentaux dans lesquels je l’avais connu, l’élégance est la même, il n’a pas bougé.
 

“C’est à la fin des années 90 que je me suis décidé à redonner tout son lustre à Ahilya Fort. Avec l’indépendance en 1947, le statut des maharadjahs a changé, leurs fortunes ont été confisquées. Ici, les lieux étaient au bord de la ruine. Petit à petit nous avons tout repris. J’ai décidé d’y créer cet hôtel de quatre chambres au début. Il y en a maintenant 13”, raconte-t-il. La terrasse où nous sommes assis domine le fleuve tranquille, les bâtiments sacrés. La demeure forme un vaste rectangle où se répartissent les suites, les chambres. Toutes sont différentes, agrémentées de matériaux nobles, bois sombre, chaux blanche et tissus chamarrés. Les espaces lumineux donnent sur un jardin, sur la rivière. Aux premières heures l’on s’y perd, se retrouve par hasard auprès d’une vaste piscine que dominent les remparts du fort, dans un potager fantastique face à une large vasque de pierre, où un homme, délicatement, dispose des pétales de rose à même l’eau, en un tableau vivant. À chaque fois, Aymée, “maîtresse de maison” rêvée, vous retrouve, vous remet sur le droit chemin. Esthète, érudit et sans doute poète, Richard Holkar semble avoir l’œil et la main sur tout. Des plantations de fleurs folles jusqu’aux repas sur lesquels, en fin gourmet – lui qui dans une autre vie écrivait un livre sur la gastronomie des maharadjahs – conçoit les mets, veille à leur préparation, goûte, précise et affine les saveurs.

Au coucher du soleil, une barque nous attend, nous transporte au cœur même du fleuve vers le temple de Baneshwar que les Indiens surnomment le centre de l’univers. Est-ce lié au fait que le fleuve délimite l’Inde du Nord de l’Inde du Sud ? Qu’ici sans doute comme nulle part ailleurs dans le sous-continent est un croisement unique des religions ? L’astre solaire ensanglante le ciel et des centaines d’infimes lampes à huile flottent sur le fleuve. Sur une autre barque, des hommes chantent en s’accompagnant de percussions. Le rêve est réel, les dieux semblent présents. Sur les quais que domine la forteresse, une immense foule s’est formée. Des familles entières aux couleurs chamarrées offrent au fleuve des bougies allumées. Les femmes se baignent, se purifient d’un côté. Les hommes aussi, un peu plus loin. Les sâdhus, moines ascètes peinturlurés lancent leurs incantations à l’eau. Débute le festival de Maha Shivaratri qui durera toute la nuit, demain aussi.
 

À Ahilya Fort, la table est dressée sous les frondaisons illuminées de flambeaux. Richard Holkar nous en dit plus, sur son enfance entre le Connecticut et l’Inde, sa double appartenance, ses aventures qui l’ont mené de Paris en Inde en voiture, d’Inde en Indonésie en voilier, sur la pêche à la mouche qui lui fait parcourir le monde. Et pourtant, tout semble inlassablement revenir à Maheshwar, les ateliers de tissage que son aïeule encourageait, qu’il a su recréer (plus de deux mille personnes travaillant à la confection d’extraordinaires saris de coton), l’école créée tout à côté, ce patrimoine architectural, spirituel qu’il se doit de préserver. Puis cette hospitalité au milieu de nulle part, au centre de l’univers, épicurisme sophistiqué, dans une Inde invisitée qui depuis mille ans n’a guère changé.

L’hôtel Oberoi de Bombay

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Le lobby.
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La salle à manger de la suite présidentielle Kohinoor.
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Le restaurant de spécialités Indiennes Ziya.
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Le restaurant italien Vetro.
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La chambre d'une suite executive.

Carnet de route

Y aller

Spécialiste de la destination, Asia, en découvreur insatiable de nouvelles adresses, propose un séjour inédit au Madhya Pradesh. Au départ de Bombay, en route pour Maheshwar dans l’État du Madhya Pradesh, séjour exceptionnel dans un ravissant palais chez Richard Holkar, prince d’Indore et fils du dernier maharadjah. Découverte de la fabuleuse cité fantôme de Mandu, fleuron de l’architecture afghane aux Indes. Visite des derniers ateliers de brocart de Maheshwar et croisière au couchant sur le fleuve sacré de la Narmada. Séjour de 4 jours/3 nuits de Bombay à Bombay, en pension complète avec chauffeur et guide anglophones, à partir de 3 035 €, vols domestiques Bombay/Indore/Bombay compris. Nuits supplémentaires à la demande.

Tél. 01 44 41 50 10. asia.fr

 

 

Vols Jet Airways

Propose un vol quotidien direct Paris-CDG/ Mumbai. Elle dessert 46 destinations en Inde et 6 en Asie du Sud-Est (Bangkok, Singapour, Hong Kong, Dhaka, Katmandou et Colombo). L’hospitalité indienne est une valeur que la compagnie a à cœur d’offrir à ses clients, auxquels elle propose un service premium et une cuisine à bord réputée (menu gastronomique occidental et plats indiens créés par le chef Arun Harnu de la célèbre Bombay Brasserie à Londres). Billet A/R Paris/Indore via Bombay, à partir de 892 € TTC en classe éco et 2 458 € TTC en Première, la classe affaires de Jet Airways.

Réservations au 01 49 52 41 15.
E-mail : paris@jetairways. com. jetairways.com.

 

 

Hôtels À Bombay Oberoi Bombay.

Incroyablement situé face à la mer. Suites aux larges baies vitrées et service exceptionnel. Restauration gastronomique et étoilée, bar glamour au cœur de South Bombay. Incontournable !

oberoihotels.com

 

 

À Maheshwar L'Ahilya Fort.

Unique. La chance rare d’échanger avec Richard Holkar, prince d’Indore, de profiter d’un lieu hors du temps posé sur la rivière sacrée de la Narmada. Une Inde comme il n’en existe plus, un savoir-vivre comme il n’en perdure guère. Exceptionnel !

ahilyafort.com

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