Qui veut dormir dans la maison d'un monarque ?
Place du Trocadero, mais sans la Tour Eiffel comme décor (grêle oblige), la musique, une création du français Sebastian, envoie le premier look, qui donne le ton de toute la collection. Il s’agit une veste en tartan rouge à double boutonnage, portée sur une blouse lavallière du même imprimé et des leggings en vinyle noir moulants. Même sans les boucles d'oreilles maxi, la large ceinture et les talons pointus, on ne s'y trompe pas : les années 80 marchent bien sur le podium. L'une après l'autre, les mannequins s'élancent sur le podium, chacune au milieu d'un projecteur, comme dans le générique d'un film de James Bond.
Le leitmotiv de la collection ? Sans aucun doute le vinyle, présent dans presque tous les looks et, plus inoubliable encore, sous forme de cuissardes, qui se perdaient dans des jupes-crayons ou des robes. Les vestes colorées à double boutonnage et à larges épaules, en tartan de laine classique, en velours ou même en cuir, dominent également la collection. Mais bien sûr, Vaccarello étant Vaccarello, la collection ne serait pas complète sans quelques moments ultra-sexy (au cas où la débauche de vinyle laisserait quelqu'un sur son appétit), assurés par des blouses transparentes, des soutiens-gorge en vinyle et des bustiers en dentelle, pour n'en citer que quelques-uns.
Le brassage de deux décennies est ainsi achevé et Saint Laurent réussit à faire voyager dans les années 2020 certains des grands succès de son passé. La seule chose qui manque notablement au podium cette saison, ce sont les hommes, que l'on voit normalement porter la collection de la maison.
Au final du défilé, les mannequins marchent de spot en spot, parcourant la passerelle une dernière fois avant que le créateur ne sorte. Vaccarello marche d'un pas vif jusqu'au milieu de la piste et se retourne rapidement pour remercier la foule qui, une fois de plus, a été enchantée par ses créations.
Comment l’univers de la beauté s’est-il révélé à vous ?
Anastasia Soare : J’ai grandi en Roumanie, où j’ai étudié dans une école d’art. L’un de mes professeurs m’a familiarisée avec le nombre d’or de Léonard de Vinci, et j’ai pris conscience du caractère décisif des sourcils dans l’équilibre facial. Je me suis alors orientée vers la beauté.
Quel a été votre parcours professionnel ?
En 1989, j’ai débarqué à Los Angeles. J’ai commencé à travailler comme esthéticienne – ne parlant pas anglais, c’était le seul emploi possible. J’étais frappée par le fait que personne ne prenait soin de ses sourcils. Je me disais : “Mince, on est à Hollywood avec des célébrités à chaque coin de rue, que se passe-t-il ?” J’ai donc commencé à élaborer une méthode d’embellissement du regard, basée sur la structure osseuse et la forme naturelle des sourcils. Pour accompagner le succès grandissant, j’ai ouvert mon salon en 1997 et j’ai élaboré une ligne de make-up.
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