Voyage

Iacobella Gaetani, le voyage en héritage

Fondatrice de la marque de sacs Iacobella Naked & Sacred, la globe-trotteuse Iacobella Gaetani nous reçoit dans la maison familiale de Melides, au Portugal, pour parler voyage, philanthropie et création.
Reading time 8 minutes
Photographie : Sergio Corvacho

Votre passion pour le voyage vous a-t-elle été transmise par vos parents ?
Iacobella Gaetani : Voyager a toujours fait partie de ma vie. Quand je me remémore mon enfance, je me souviens de toutes nos maisons où nous avons passé de longs moments. L’aventure a commencé au Canada, où je suis née, mais mes premiers souvenirs me viennent d’Italie, où nous avons vécu quelques années, à Maremme en Toscane. Là où la forêt côtoie le bord de mer. Notre maison était au milieu des bois, à quelques pas de la plage. Ce que j’ai le plus aimé là-bas, c’est la liberté totale avec laquelle nous pouvions nous promener. Chaque jour était une aventure. Mon premier chagrin a été d’apprendre que nous quittions la Toscane. Mais c’est à ce moment-là que ma vie a commencé. Nous avons déménagé dans les Caraïbes pour vivre deux ans sur un voilier. Encore une fois, j’ai expérimenté un nouveau type de liberté : celle de vivre sur une île et de rester en mer plusieurs jours durant. Il n’y a rien que j’aime plus que le silence de la mer et le son de la voile. Nous avons ensuite déménagé à Londres, ce qui a probablement été mon premier grand choc culturel, mais c’est rapidement devenu mon chez-moi et c’est là que j’ai rencontré la plupart de mes amis et fait de nouvelles expériences. Mais étant italienne dans l’âme, j’ai décidé de revenir chez moi, de passer quelques mois à Rome pour trouver un travail,  et ces quelques mois se sont transformés en dix ans! C’est pourquoi j’ai désormais deux maisons, une en Italie, où je me suis posée et où je travaille, et l’autre à Melides au Portugal, où mes enfants sont nés et où nous passons les mois les plus chauds au plus près de la nature et de la plage. C’est juste à côté de Comporta mais c’est beaucoup moins touristique, donc beaucoup plus tranquille.

Vous avez lancé votre marque de sacs en 2017, baptisée Iacobella Naked & Sacred, parlez-nous de cette aventure née sur une plage du Brésil...
Ma mère a vécu au Brésil pendant quinze ans et nous y a emmenés quand nous étions enfants. Nous connaissons surtout Rio de Janeiro et la plage d’Ipanema, remplie d’artisans et de voyageurs. C’est comme cela qu’un jour j’ai fait la connaissance d’un homme appelé Indios, passionné de sur-mesure. Avec lui, j’ai réalisé mon premier sac ainsi que des accessoires en cuir. Mais, en bon voyageur, il était là un jour et il était parti le lendemain, et je ne l’ai jamais retrouvé. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de travailler avec des artisans italiens. En 2017, j’ai trouvé une usine à Florence et nous avons officiellement lancé Iacobella en 2018.

À quoi reconnaît-on un sac Iacobella ?
Il est polyvalent. Son utilisation n’est pas liée à un moment particulier. On peut aussi bien le porter avec une robe du soir qu’avec une tenue de plage. Quand je crée mes sacs, j’aime mélanger les matières, jouer sur les détails et les couleurs, passer du lumineux au sombre. Cela dépend vraiment de ce que je ressens à ce moment-là. Chacun de mes sacs est agrémenté d’un cristal naturel non poli, pour plus de singularité.

Votre père a écrit le livre The Italian Dream, consacré aux meilleurs vins d’Italie. Quel est votre rêve italien à vous?
Son livre est un voyage incroyable en Italie, dans lequel il raconte sa vie à la façon d’un journal qu’il a commencé à 18 ans. Quand il parle de vin, il parle toujours de terroir, et de la façon dont nous sommes tous des enfants du terroir. Moi, je ne me suis jamais vraiment sentie enracinée nulle part. Je me suis toujours sentie chez moi où que je sois. Mais depuis que je vis à Rome, je sens que j’ai beaucoup d’Italie en moi. Ce qui ne m’empêche pas d’imaginer vivre un peu partout. Cependant, mon lien fort avec l’Italie devient de plus en plus profond, en particulier grâce à mon travail et à mes passions. Je suppose que mon rêve italien est de développer une relation profonde avec ce pays, de pouvoir écrire mon histoire à travers mon travail, comme mon père l’a fait avec le vin.

À la demande de Margherita et Angela Missoni, vous avez imaginé une collection capsule pour la marque italienne. Parlez-nous de votre rencontre...
Avec Margherita nous nous connaissons depuis longtemps. Elle me soutient depuis mes débuts, en portant et en offrant à ses proches mes créations. Et c’est ainsi qu’un jour, j’ai reçu un message de sa mère, Angela, sur Instagram, me demandant si je pouvais la rencontrer à Varese avec l’équipe créative de Missoni. Ce fut un immense honneur. Missoni représente ce en quoi je crois : la qualité et la beauté de la marque sont le reflet des valeurs de cette famille.

/

Vous avez été assistante-réalisatrice et actrice auprès de réalisateurs tels que Giovanni Piperno ou Gaia Ceriana Franchetti, avant de vous lancer dans votre marque de sacs. Le cinéma vous attire-t-il encore ?
J’aime le cinéma, la photographie et la musique, et j’essaie de les intégrer au mieux à ma marque à travers nos vidéos et nos campagnes publicitaires.

On dit que vous être une femme mystique et spirituelle, qu’en pensez-vous ?
Je ne sais pas si je me vois comme mystique et spirituelle. Beaucoup de gens prétendent l’être mais ne le sont pas réellement. Moi j’aime les choses naturelles et pures, et j’essaie d’y être fidèle.

Vous êtes engagée dans l’association Mère Teresa, d’Addis Abeba à Calcutta. La philanthropie est-elle une de vos priorités ? 
Ma première expérience dans ce domaine a eu lieu à 17 ans lorsque j’ai commencé à voyager seule. Je voulais faire quelque chose de concret pendant mes voyages. Je suis entrée dans cette association sans vraiment savoir ce que je faisais, mais c’était la première fois que quelque chose m’ouvrait “vraiment” le cœur, et que je pleurais sur quelqu’un d’autre que moi. Cela m’a appris à donner du sens aux choses que nous réalisons.

Ses Adresses : 
- Les restaurants de plage "Ilha do Aroz" et "O dinis" à Carvalhal, pour leurs poissons et fruits de mer ultra-frais.
- Le spa de l'hötel "Sublime Comporta" à Grândola.
-Et cet endroit formidable, toujours à Grândola, appelé "Good Muda", créé par mon ami Miky, il y loue des suites et des cottages et prépare d'excellents petits déjeunes biologiques.

Articles associés

Recommandé pour vous