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Une nuit au Palace

Pour le défilé printemps-été 2019, Alessandro Michele chez Gucci a jeté son dévolu sur l’iconique club parisien. Retour sur un show pas comme les autres.
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La collection

Cet été, Alessandro Michele pour Gucci convoque l’esprit d’une jeunesse perdue lookée de costumes cintrés vert Haribo, de chemises à jabot, de vestes frangées Elvis, de pantalons taille haute en python, de robes ultravolantées jaune fluo, d’effets de manches plissées façon Issey Miyake, de pantalons frangés et perlés adoptés avec un col roulé, le tout accessoirisé de lunettes de soleil blanches oversize, de sacs Mickey, de diadèmes et de turbans, de sac fraises et de gants à logo.

Les inspirations 

Après le transhumanisme, les eighties, la Renaissance, l’Empire romain, les jardins à la française et l’aristocratie excentrique anglaise, Alessandro Michele s’est inspiré de Leo de Berardinis et Perla Peragallo, les deux protagonistes les plus transgressifs et passionnés du théâtre expérimental italien. Leur “théâtre de la contradiction” fut un lieu de dissidence permanente dans lequel on proposait des alternatives radicales à la société, où leur regard anarchiste et libertaire a remis en question l’immobilisme établi, le conformisme et le pouvoir. Le show s’est ouvert par un film tourné en 1970 par Leo et Perla, A Charlie Parker. Il était presque impossible de déterminer l’époque du film, d’hier ou d’aujourd’hui, à la façon de la mode Gucci où la question perdure, avec un mélange d’inspirations vintage et de stylisme ultra-moderne.

Le casting 

Pour la maison Gucci, le casting a toute son importance. Avec 84 looks, ce sont donc 84 personnalités qui ne portent pas seulement des vêtements mais qui incarnent, plus qu’une marque, un lifestyle. Certaines sont connues, d’autres sont toutes nouvelles. Tête rasée, blond décoloré, coupe au bol geek…, on pourrait croire à la distribution du prochain film de Wes Anderson. La notion de défilé étant appréhendée dans son ensemble par son directeur artistique, le show est autant sur la scène que dans la salle, avec comme invités Hari Nef, Jared Leto, Petra Collins ou Soko.

Le lieu 

Le temps d’un défilé délirant, le Palace a donc retrouvé ses habits de lumière, bercé par la douce voix de Jane Birkin chantant Baby Alone in Babylone. Une façon de célébrer la décadence de la faune hédoniste qui se précipitait chaque nuit à cette même adresse pour se perdre, dans tous les sens du terme.

Le magazine 

Le Palace fut donc une boîte de nuit, comme tout le monde le sait, mais aussi un magazine, qui a sorti 13 numéros entre 1980 et 1982. Grâce à la maison Gucci, Le Palace magazine a vu son quatorzième numéro paraître trente-six ans plus tard. Imaginé par la maison d’édition Assouline et Olivier Zahm (fondateur de Purple) au côté d’Alessandro Michele, il contient des images de la préparation du show, de la présentation de la collection selon Martin Parr, une interview de la réalisatrice Eva Ionesco (icône du Palace) au sujet de son prochain film, Une jeunesse dorée, qu’elle a tourné ici, et plein d’autres choses encore. Tellement collector !

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