Pop Culture

Pourquoi tout le monde parle de Virgil Abloh ?

Cet Américain de 37 ans n’a pas seulement créé Off-White, marque de prêt-à-porter que gangstas et puristes s’arrachent. Aussi, et surtout, il cristallise à lui seul les mutations d’un genre, la mode. 

Londres, 4 décembre 2017 : les pavés de Chiltern Street n’ont jamais vu ça. Plusieurs centaines de personnes – Naomi Campbell en tête – bravent le froid pour s’offrir la signature du sacro-saint polymathe Virgil Abloh, shooté par Juergen Teller en couverture de System Magazine. En guise de titre ? “What is Virgil Abloh”, vaste question que tout un chacun se pose depuis que le label Pyrex Vision (devenu Off-White quelques années plus tard) a vu le jour en 2012, et avec lui une nouvelle façon de voir et de penser la mode. Non, cet Américain né de parents ghanéens, diplômé d’architecture et de génie civil, n’est pas du genre cartésien, à rejeter tout ce qui a été fait avant lui pour repartir du bon pied. Oui, il fait dans le syncrétisme, et c’est là son coup de génie. Dévoilée à Paris, en septembre dernier, sa collection printemps-été 2018 pour Off-White ne se borne pas à mélanger les références – un peu de streetwear poliment reversé sur des robes haute couture –, elle les confronte, les digère et les assimile.

Il y a du Lady Di autant que du Beyoncé sur les épaules de Kaia Gerber, avant-dernier mannequin à fouler la scène de la Salle Wagram, le tout en veste de tailleur, mom jean et bottines doudounes réalisées en collaboration avec Jimmy Choo. Car, fait capital, le “bras droi” de Kanye West aime entourer autant qu’être entouré, s’inviter chez Ikea pour dessiner une collection de meubles ou être invité par Nike à revisiter ses dix sneakers iconiques… Ne cherchez plus le directeur artistique 3.0, vous l’avez trouvé.  

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