Pop Culture

Les sept familles du cool

by Anne Bouvet et Violaine Schütz
24.05.2017
Elles sont moins connues ou moins évidentes que les Coppola et les Kardashian. Pourtant, si l’on pouvait choisir sa famille, on aurait bien aimé faire partie de la leur. Presque génétique, la coolitude semble s’y transmettre de génération en génération, la branchitude, elle, y serait presque une question d’éducation. Voici leurs histoires.

La famille décomposée :
Les Thurman-Hawke

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Uma Thurman et Ethan Hawke, circa 2000.
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Maya Hawke (campagne All Saints printemps-été 2017).

Ils ne sont plus ensemble, et c’est peut-être ce qu’ils ont réussi de mieux (à part évidemment leur fille Maya, nouvelle petite chérie de la mode et récent visage de Calvin Klein). Uma Thurman et Ethan Hawke se séparent en 2004, six ans après le mariage qui leur aura donné deux enfants, Maya, née en 1998, et Levon, en 2002. Pas avare de confidences, Ethan déclare d’abord regretter s’être marié aussi jeune (27 ans), avant de se raviser et de devenir le chantre de la famille recomposée. Remarié avec Ryan, l’ex-nounou devenue belle-mère des deux enfants, Ethan est inspiré par l’ouvrage de conseils aux beaux-parents consulté par cette dernière. Il se met alors à écrire Rules for a Knight, livre qui ferait office de lettre à ses enfants et aborderait règles de vie et autres sujets importants. “Quand tu n’as tes enfants qu’un week-end sur deux, tu n’as pas beaucoup de temps, il y a toujours le foot ou une fête où les emmener, tu n’as pas l’opportunité d’aborder les vraies choses”, déclarait Ethan qui a désormais quatre enfants (il a eu deux filles avec Ryan) dans le New Yorker en 2015. Les deux ex se côtoient désormais en bonne intelligence (on les a notamment vus skier ensemble lors de l’édition 2014 du festival de Sundance) et s’accordent pour que les règles posées dans les deux foyers soient à peu près les mêmes. Uma en fera peut-être de même avec Arpad Busson, le milliardaire français dont elle est séparée, ayant obtenu, après un violent combat, la garde de Luna, 4 ans, troisième enfant de l’actrice. Pulp friction.

La famille normcore :
Les Qualley

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Paul Qualley et Andie MacDowell, août 1989.
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Margaret et Rainey Qualley, avril 2016.

Ceux qui ont vu danser Margaret Qualley de manière déjantée dans la publicité Kenzo World réalisée par Spike Jonze se sont peut-être demandé d’où venait cette attitude à la fois décomplexée, surréaliste et électrisante ? Beaucoup de choses s’expliquent lorsqu’on sait qu’il s’agit de la fille d’Andie MacDowell, icône normcore assez irrésistible des 90s. On se souvient de son charme inouï dans Quatre mariages et un enterrement, et à 58 ans l’égérie L’Oréal n’a rien perdu de son sex-appeal effortless. Cadeau du destin : les trois enfants qu’elle a eus avec le mannequin Paul Qualley (ils sont aujourd’hui séparés), Margaret, Justin et Rainey, ont hérité de ses bons gènes. Élevés loin des paillettes de Hollywood, en Caroline du Nord, leur carrière est pourtant bien lancée. Margaret, mannequin et actrice, est apparue dans la série The Leftovers et les films Palo Alto de Gia Coppola et The Nice Guys avec Ryan Gosling. Tandis que Rainey, mannequin, actrice (aperçue dans Mad Men) est aussi chanteuse. Et à chaque fois qu’Andie sort avec ses filles, tout en sourires et cheveux longs, telles des sœurs, les palpitants s’emballent. Normcœur.

La famille strange love :
Les Cobain

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Courtney Love, Kurt Cobain et leur fille Frances Bean, septembre 1993.
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Frances Bean Cobain, septembre 2016.

En pyjama parce qu’il avait la flemme de passer son costume, pour lui, et robe vintage ayant appartenu à l’actrice Frances Farmer, pour elle, ce mariage – sur une plage de Hawaï, officié par une femme et shooté avec un petit appareil lo-fi – a scellé l’union la plus cool de tous les temps. Celle de Kurt Cobain et Courtney Love, bien sûr. Frances Bean, leur fille, 25 ans aujourd’hui, voit le jour peu de temps après. Drew Barrymore est sa marraine et plusieurs nannies se succèdent pour aider le couple soupçonné par les services sociaux de ne pas pouvoir remplir son rôle parental. Kurt Cobain se suicide deux ans plus tard, léguant à sa fille son statut de mythe, ainsi qu’une coquette fortune (depuis 2010, elle possède les droits sur l’héritage et l’image de son père). Frances Bean aurait pu se contenter de surfer sur le cool de ses parents, mais elle en a décidé autrement. Artiste, elle prend même un pseudo, Fiddle Tim, à ses débuts. Position plus forte encore, elle déclare ne pas vraiment aimer la musique de Nirvana. Côté mode, mise à part une mythique série pour le Elle US en 2006 et des photos pour Slimane alors qu’elle avait 19 ans, la jeune fille résiste aux sirènes des marques et des créateurs, jusqu’à ce qu’elle devienne égérie Marc Jacobs en 2017. Coïncidence, ce choix concorde avec un apaisement des relations entre la fille et la mère qui ont connus des relations conflictuelles pendant de longues années (Courtney Love a été un temps déchue de ses droits, la jeune fille ayant témoigné contre elle et demandé à habiter chez sa grand-mère paternelle en raison du mode de vie de sa mère, grande consommatrice de Xanax, Adderall, Sonata, Abilify, entre autres). L’an dernier, Courtney postait une photo d’elle et sa fille, commentant : “Je suis bénie d’être la mère de la fille la plus incroyable du monde. Kurt, c’est en souvenir de toi, dude. #family #motherdaughter #francesbeancobain.” La jeune fille postait quant à elle il y a trois mois une image de sa mère avec : “Une vraie icône pour les femmes @courtneylove #mymama #internationalwomensday” Famille dysfonctionnelle, mais in love.

La famille barrée :
Les Ionesco

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Lukas Ionesco et sa mère Eva Ionesco.
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Angèl Metzger, mars 2017.

On ne sait pas vraiment si on voudrait faire partie de cette famille (quelques années de psychanalyse garanties) mais elle est assurément talentueuse et hype. L’actrice Eva Ionesco a transformé un passé compliqué (sa mère, Irina Ionesco, la photographiait nue et elle a passé son adolescence au Palace) en œuvre cathartique comme le montre son film My Little Princess avec Isabelle Huppert. Son fils, Lukas Ionesco, a joué dans le controversé The Smell Of Us de Larry Clark et enchaîne les shootings (pour Pierre et Gilles, notamment) ainsi que les productions avec son groupe prometteur Diaperpin, influencé par le rock alternatif des 90s. Sa petite amie, la charismatique Angèle Metzger, est mannequin. Pour couronner le tout, le nouveau beaupère est l’écrivain Simon Liberati, qui a dédié un livre à la mère, Eva, en plus d’un autre aux filles de la famille de Charles Manson. Lukas jouera bientôt dans le nouveau film de sa mère, une façon de laver son linge sale en famille, et en public.

La famille perchée :
Les Campbell

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Lake Bell et Scott Cambell, février 2013.

À 39 ans, le New-Yorkais Scott Campbell (qui vit aujourd’hui en Californie, comme tous les branchés) est connu pour être l’un des tatoueurs les plus doués du monde (et aussi l’un des plus chers). Ce dernier vient de créer une marque de vapos et de pastilles de luxe au cannabis intitulée Beboe. Surnommée “Hermès de la weed” par le New York Times, Beboe a été inspirée par la famille de Scott, et notamment par Boe, sa grand-mère. Quand il était très jeune, sa mère fut frappée par le cancer et sa grand-mère lui apportait des brownies pour lui remonter le moral. Elle en fabriquait une dizaine pour les enfants et autant pour leur mère, ceux-là conservés sous clef dans un placard. Scott découvrit plus tard que les gâteaux contenaient de la marijuana et qu’ils étaient destinés à soulager la malade et à lui redonner un brin d’appétit. “Je ris à chaque fois que j’imagine cette petite femme de 85 ans traînant autour de chez notre épicier pour essayer de trouver quelqu’un qui pourrait lui fournir un peu de cannabis”, explique-t-il sur le site de la marque, avant d’ajouter qu’il lance ce business en “hommage à tout ce qu’elle a fait pour apporter de la chaleur et de l’amour à la maison”. Dessinateur hors pair, Campbell a tatoué Courtney Love, Heath Ledger, Marc Jacobs, Orlando Bloom et Penelope Cruz, et produit un happening événement l’an dernier à la Milk Gallery de New York. Également peintre et sculpteur, il a élargi la famille et ajouté une corde à son CV cool, puisqu’il a épousé en 2013 l’actrice Lake Bell, vue dans New Girl, How To Make It In America et Sex Friends. A-til utilisé la recette de mamie pour le gâteau de mariage ?

La famille Rock’n’Cool :
Les Tyler

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Steve Tyler et sa fille Liv Tyler, circa 1995.
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Bebe Buell, la mère de Liv Tyler, en 1980.

Avant de faire du cinéma, sa vie ressemblait déjà à un film. L’actrice Liv Tyler, récemment au casting de la série The Leftovers, est née sous une autre identité : Liv Rundgren. Sa mère Bebe Buell, mannequin et groupie flamboyante des années 70 (Jimmy Page, Rod Stewart et Mick Jagger firent un passage dans son lit) prétendit que son petit ami de l’époque, le musicien Todd Rundgren, était le père biologique de Liv. La raison de ce petit arrangement ? Le vrai géniteur, Steven Tyler, leader d’Aerosmith, ne pouvait pas l’élever convenablement en raison de son mode de vie rock’n’roll et de ses addictions. Liv ne découvrit la vérité qu’à l’âge de 9 ans en remarquant que Mia Tyler, l’autre fille de Steven, lui ressemblait étrangement. Sa mère lui confia alors d’où lui venait cette bouche pulpeuse et cette crinière sauvage. Mia Tyler, mannequin “plus size” tatouée et rebelle, est aujourd’hui devenue très proche de sa sœur. Liv considère Todd Rundgren, qui l’a élévée comme un père, tout autant que Steven Tyler. Une famille très moderne…

La famille Tradicool :
Les Obama

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Barack et Michelle Obama, leurs filles Malia (gauche) et Sasha (droite) et leurs chiens Bo et Sunny, avril 2015.

C’est celle qui a redonné à la famille fonctionnelle et classique sa coolitude. Il y a Barack, bien sûr, qui place sa famille avant toute chose, et puis il y a Michelle, tour à tour première dame engagée, icône mode et femme amoureuse. C’est d’ailleurs aussi le lien qui unit les parents qui fait des Obama un modèle, remettant l’importance des valeurs familiales au goût du jour. “Michelle Lavaughn Robinson, fille du Sud. Depuis vingt-cinq ans, tu es non seulement ma femme et la mère de mes enfants, mais tu es aussi ma meilleure amie”, avait déclaré le président lors de son dernier discours, avant de s’adresser à ses filles : “De tout ce que j’ai fait dans ma vie, être votre père est ce qui m’apporte le plus de fierté.” Pendant ce temps-là, Malia gagnait ses lettres de cool (elle a été sacrée “America’s coolest teen” par le New York Times en juin dernier) en fumant des joints au très branché festival Lollapalooza. Elle a également été stagiaire chez Lena Dunham, porte des T-shirts Pro Era (hip hop new-yorkais), a appris à conduire auprès des services secrets et vient de commencer un stage dans la boîte de prod Weinstein (Inglorious Basterds, Le Discours d’un roi, Django Unchained…). Quant à Sasha, sa petite sœur, plus laid back tu meurs, elle décide de skipper le discours d’adieu de son père prétextant un examen scolaire le lendemain matin. Il faut dire que quelques mois auparavant, sur Instagram, le rappeur Drake avait posté une photo de la jeune fille portant une casquette OVO (la marque du rappeur) où il commentait “Style popper”, et l’adoubait dans la cour des cools. À moins que ce ne soit l’inverse ?

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