Pop Culture

Le Levi's 501 est-il toujours aussi culte ?

by Hervé Dewintre
15.12.2016
Il y a 140 ans naissait le tout premier modèle du jean qui deviendra référence absolue. Retour sur une histoire myhtique.  

Au milieu des années 80, une génération d’adolescents à laquelle on martelait que le modèle dominant serait désormais le golden boy cynique et friqué découvrait, éberluée et ravie, ce jean singulier, rude et doux à la fois, qui convenait à tous les sexes, toutes les morphologies. Il était, il faut bien l’avouer, puissamment sexy avec son solide tissu de coton, d’une épaisseur particulière, son entrejambe lascive, le tout élégamment renforcé par des rivets de cuivre et des surpiqures oranges. On sentait confusément que c’était à l’origine un vêtement de travail, avec sa cinquième poche (initialement conçu pour les montres à gousset), un pantalon pour les durs à cuire. Wikipédia n’existait pas, alors peu d’entre eux savaient qu’il était né, quasiment tel quel, d’une association entre un vendeur de toiles, Monsieur Levi Strauss, et un tailleur du Nevada, et qu’il était originellement vendus aux Forty-Niners, robustes aventuriers débarqués en Californie durant la deuxième moitié du XIXème siècle, souvent après un long et pénible voyage, pour vivre la ruée vers l’or.

Ces adolescents ne le savaient pas mais ils le sentaient : c’est la force des produits authentiques de pouvoir transporter avec eux, au fil des générations, une histoire véritable contenue dans le cœur de ses fibres, sans même se sentir tenus d’expliciter cette histoire par des mots. Seule une publicité télé donnait un indice : on y voyait une sorte de motard tendrement arrogant qui débarquait dans un open-space fourmillant et qui emportait dans son sourire en demi-teinte l’adhésion des filles et des garçons. Comme You tube n’existait pas, il fallut beaucoup de recherche pour découvrir que la chanson qui accompagnait ce clip, chanson aux sonorités bizarres (elle était acoustique : une aberration au cœur des eighties) se nommait The Space Cowboy, qu’elle était interprétée par Steve Miller Band et surtout qu’elle parlait d’une époque où le Levi’s 501 (on disait simplement le 501) existait déjà bien depuis bien longtemps. Et ils découvrirent alors que Marylin Monroe, Marlon Brando et James Dean - des personnalités charismatiques, borderlines et fragiles - avaient eux aussi succombé à la solidité et à l’allure de ce totem indigo avant qu’il ne soit adopté à son tour par les hippies qui le customisèrent à grand coup de coquillages et d’empiècements peace and love. Bref, ce n’était pas juste une histoire de cowboys américains (de toute façon, Kevin Costner s’était déjà débrouillé pour écorcher le mythe), non, c’était plutôt une histoire de protection, d’allure et de respect : car je vous le jure, personne ne jetait son 501 : il était recyclé jusqu’à en faire un bermuda, puis un short, ou alors il était gardé précieusement, même déchiqueté jusqu’à l’os, dans l’espoir secret d’être enseveli avec son propriétaire ou d’être transmis à une nouvelle génération, le jour celle-ci découvrirait à son tour le Grand Frisson.

www.levis.com

Partager l’article

Tags

Articles associés

Recommandé pour vous