Pop Culture

Fat White Family sort son troisième album "Serfs Up!"

Avec un don inné pour la provoc et les performances à couper le souffle, les Anglais de Fat White Family domptent cette fois le chaos qui les entoure. Après une bonne détox, ils reviennent plus impressionnants que jamais sur leur troisième album Serfs Up!
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On se souvient de leurs premiers pas comme si c’était hier. À l’époque, ce gang dépenaillé vivait dans un squat à Brixton, dans le sud de Londres. Cheveux en pagaille, fripes miteuses, regards inquiétants, sourires édentés : derrière cette allure dégingandée, Fat White Family a révolutionné le rock anglais moderne en y réinjectant une authenticité, une urgence et une perte de contrôle souvent imitées depuis. Une ribambelle de groupes les ont suivi sur cette voie (Shame, Idles, Cabbage, Goat Girl...) sans égaler le niveau de dangerosité sublime qui saute aux yeux pendant leurs concerts.

Menée par deux leaders trash, Lias Saoudi et Saul Adamczewski, cette troupe déglinguée propose depuis son deuxième album un son plus travaillé que le garage-punk de ses débuts. Après quelques querelles internes, des cures de désintoxication et des retrouvailles intenses, ces Anglais viennent de faire leur grand retour fin avril avec Serfs Up! (clin d’œil détourné à un disque des Beach Boys). “Il fallait absolument qu’on écrive de nouveaux morceaux parce que les anciens commençaient à nous ennuyer à mort, à force de les jouer en tournée tous les soirs depuis si longtemps”, nous confie le guitariste et songwriter Saul Adamczewski. Ils installent donc leur nouveau QG dans  unebanlieue industrielle de Sheffield et y bâtissent un studio pour laisser libre cours à leurs envies les plus dingues. Loin de l’énergie abrasive et primaire de Champagne Holocaust (2013), ils continuent à explorer d’autres pistes sur ce nouvel album : krautrock, exotica, glam et même chants grégoriens enrichissent leurs possibilités.

Dans le communiqué de presse officiel qui accompagne Serfs Up!, le groupe est décrit comme “plus sage et plus sophistiqué”. On est curieux de savoir ce qu’ils pensent de ces deux adjectifs – vu de l’extérieur, on se dit qu’ils ont encore de la marge avant de rentrer dans le rang et de ressembler aux artistes prévisibles et monotones dont il se sont toujours moqués. “En prenant de l’âge, il faut bien acquérir une certaine sagesse, explique Saul Adamczewski. Sinon, quelque chose ne tourne pas rond chez toi. On a eu des périodes où on a vraiment frôlé la mort, donc on est certainement plus prudents qu’avant. De là à être sages et sophistiqués, je ne sais pas trop ! Ce serait une étrange définition de la sophistication.” À la fois surpuissants et au bord de l’autodestruction, débraillés mais plus élaborés qu’avant, ces morceaux auront leur place sur le podium de fin d’année.

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