PHILANTHROPIE

Culture, patrimoines naturels et archéologiques : les marques qui s'engagent

Encourager l’éducation des enfants, sauvegarder la biodiversité et les écosystèmes, maîtriser l’eau, protéger le patrimoine culturel, préserver les ressources naturelles, miser sur les productions durables et soutenir les plus défavorisés... la liste des actions menées pour défendre la planète et ses habitants est sans fin. À côté des associations et des ONG, le luxe s’engage et prouve qu’il a un rôle à jouer.
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Une réserve naturelle dans le Piémont

S’il est de bon ton de s’émerveiller de la nature et de ne pas y laisser ses déchets, il serait plus pertinent de lui offrir une durée de vie supérieure à la nôtre. La Fondation Zegna, créée en2000 par la troisième génération de la famille ayant imaginé une des maisons de création les plus durables du paysage italien, a été conçue à cette intention, appuyée par le Fonds italien pour l’environnement : s’inscrire dans un territoire et inscrire ce territoire dans la durée. À Trivero, dans les Alpes italiennes, au sein de la filature Ermenegildo Zegna, la Fondation Zegna multiplie les initiatives : All’Alperto, mettant l’art au cœur de la nature, la supervision de l’Oasi Zegna, une réserve naturelle de 100 km2 dans le Piémont, et Baby Forest, émouvant projet qui consiste à planter un arbre dès qu’un employé devient parent, permettent dans le même mouvement de lutter contre l’instabilité hydrogéologique et d’installer une démarche éthique pour l’avenir. Aux côtés de l’ONG Cesvi, elle lui permet d’intervenir en Émilie-Romagne, dévastée par les tremblements de terre en 2012 et dans le centre de l’Italie en 2016, pour que ses habitants reconstruisent leur futur. B.P.

Accompagner la création contemporaine

Établie en 1993 par madame et monsieur Prada, la Fondation PradaMilanoArte, installée dans un bâtiment industriel à Milan, témoignait de leur intérêt croissant pour l’art contemporain – et tout particulièrement quand il présentait au public matière à réflexion et à sortir des sentiers (re)battus. En 1995, rebaptisée Fondazione Prada, son exigence ne faiblit pas, en déplaçant son centre d’intérêt vers des exercices pluridisciplinaires – photographie, cinéma, design et architecture. Ainsi, cette saison, du réalisateur Pedro Almodovar à la plasticienne Goshka Macuga, c’est bien, comme depuis plus de vingt ans, le plus excitant de la création contemporaine qui est accompagné. B.P.

Notre-Dame forever

Cause à elle seule, la cathédrale enflammée ne pouvait, moins peut-être par sa charge spirituelle que par sa puissance symbolique, romantique, romanesque, qu’appeler à la compassion universelle. Le monde du luxe, avec une sincérité qui ne désarma pourtant pas les cyniques, démontra, en quelques heures, son souci pour ce monument unique portant une certaine idée du génie humain. LVMH, avec 200 millions d’euros de dons, proposait aussi de “mettre à la disposition de l’État et des instances concernées toutes ses équipes, créatives, architecturales, financières, pour aider au long travail de reconstruction d’une part, et de collecte de fonds d'autre part, qui s’annonce”. La famille Pinault, par la voix de François- Henri Pinault, avec 100 millions investis via la holding Artemis, soulignait la nécessité de “redonner vie au plus vite à ce joyau de notre patrimoine”. Cinq jours après l’incendie, les cendres encore chaudes, on apprenait que près d’un milliard de dons devaient contribuer à la nouvelle vie de Notre-Dame. De Philippe Starck à Mathieu Lehanneur au cabinet NAB en passant par sir Norman Forster ou Rudy Ricciotti, les plus architectes de l’époque, rivalisent de propositions – dont on espère qu’elles seront à la hauteur de l’empreinte que la cathédrale a laissé au plus profond de notre imaginaire. B.P.

Rendre leur majesté aux mosaïques

D’une nature assez belliqueuse, Caracalla (qui a régné environ six ans, au iiie siècle) ne détestait pas le réconfort langoureux des bains publics. Ceux qu’il inaugura à Rome vers 216, après dix ans de travaux, se posaient là : répartis sur onze hectares, avec des aires dédiées à la gymnastique et aux massages, des bassins de natation, des espaces publics et privés proposant aux citoyens de quoi se ressourcer... Peut- être même y-avait-il un bar à jus, mais sur ce point les preuves manquent. Le tout supporta assez bien le passage des années, et s’impose comme un passage obligé des escapades romaines. Découvertes seulement en 1824, les mosaïques sont célèbres pour leurs représentations d’athlètes. Grâce à l’impulsion donnée par Jean-Christophe Babin, CEO de Bvlgari, Francesco Prosperetti, en charge du patrimoine archéologique de Rome, a pu dévoiler en 2016 la restauration des mosaïques ornant les sols des thermes dans leur aile ouest – la maison de joaillerie et d’horlogerie s’engageant à accompagner les restaurations à venir des mosaïques. En harmonie absolue avec son propre imaginaire – tant la collection “Divas’ Dream” y puisait son inspiration –, Bvlgari rend à nouveau visible ce qui ne l’était plus, nous apprenant à respecter la beauté d’hier pour demain. B.P.

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